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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Style : King Crimson, Magma, Henry Cow
- Membre : Peter Hammill , The Tangent , Peter Hammill Et Gary Lucas

VAN DER GRAAF GENERATOR - The Aerosol Grey Machine (1969)
Par ONCLE VIANDE le 4 Mars 2007          Consultée 5342 fois

L’Angleterre est un pays formidable. Elle parvient à fournir au rock une quantité invraisemblable de groupes d’excellence depuis quarante ans. Le secret du bastion insulaire est pourtant simple ; une culture pop profondément ancrée dans la chair (une seconde religion après le football), un nombre anormalement élevé de groupes au kilomètre carré et surtout, une matrice universelle aux allures de scarabée.
Le « progressif », spécificité originellement britannique, marquera de ses hauts, et surtout de ses bas, l’histoire du rock anglais. Combien de groupes progressifs peuvent prétendre être à la fois artistiquement irréprochables et musicalement pertinents sur la durée ? Avec quarante ans de recul, se livrer à un petit tour d’horizon ressemble à un jeu de quilles : Soft Machine a tourné court, Yes et Genesis ont travaillé pour les radios, King Crimson a perdu de sa superbe et Pink Floyd est rassis depuis un siècle. Van der Graaf n’a jamais déçu, et personne, pas même ceux qui rejettent sa musique, ne pourront remettre en question sa cohérence et son intégrité.

En ce spécimen inclassable, le progressif a trouvé son enfant maudit. Marginal au sens étymologique du terme (« en marge de »), VdGG est le groupe dont on est fier, celui qui se mérite et dont les travaux n’ont de cesse de révéler leur profondeur au fil des années, là où d’autres productions finissent par se craqueler par trop de désuétude ou de superficialité.
Cette exigence contribue encore aujourd’hui à son aura, même si c’est la noirceur de son propos qui demeure sa principale caractéristique ; au sortir du rêve hippie, peu de groupes se seront aventurés dans les recoins les plus obscurs de l’âme humaine, et VdGG est un peu une ligne d’ombre dans le paysage ensoleillé du progressif.
Impossible de parler du groupe sans évoquer Peter Hammill. Auteur, compositeur et chanteur, il sera indéniablement l’âme et le cerveau du gang. Leader tout désigné certes, mais résumer le générateur à sa seule personne relève de l’erreur. VdGG est un collectif peu conventionnel : un son baroque et pesant, aux lourdes inerties, qui prendra le temps de mûrir à l’écart des modes et des techniques, comme pour mieux s’ancrer dans sa propre tradition.

Ce premier essai manque cruellement de maîtrise, mais se singularise déjà par une image sonore et des choix esthétiques à contre courant. Alors que l’époque est aux guitar-héros, VdGG fait l’économie de l’instrument sacré. Les ambiances champêtres et acoustiques très en vogue laissent place à une masse sombre, un son cathédrale, aquatique et obscur. Le chant de Hammill, dont Robert Fripp dira qu’"il a fait pour la voix ce que Hendrix a fait pour la guitare", rompra d’avec l’usage traditionnel au profit de déclamations possédées.
Le disque porte la trace d’un split survenu durant l’enregistrement : une première face dominée par ce qu’on pourrait appeler des chansons, et une seconde occupée par des titres plus longs, encore imprégnés du hippisme ("Aquarian") et du psychédélisme (l’influence évidente d’« interstellar overdrive » sur « Octopus »).
S’il ne possède pas la vision d’ « In the court of the Crimson King » (sorti quatre mois plus tard), et encore moins son efficacité, « The aerosol grey machine » est déjà habité par la volonté d’aller vers cette « autre chose » qu’on appellera plus tard « progressif » : pas de structures standards, mélodies tortueuses, accords inattendus et textes hallucinés. Au-delà de la maladresse de l’entreprise transparaît déjà une cohérence, une « entièreté » évidente.
En toute objectivité, « Aerosol » est un album correct. La sévérité que j’applique à la note trouve sa justification en deux points. Au regard des grands disques qui sortirent en abondance cette année là, il reste une parution tout à fait anecdotique. Puis, au regard de ce que le groupe accomplira ensuite, il fait figure, sinon de faux départ, en tout cas de disque de réglage. Le générateur ne démarre donc pas sa carrière avec les mêmes réacteurs qu’un Zeppelin, mais son fuselage est profilé pour la longueur, la durée et la profondeur. Rien ne sert de courir…

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   (3 chroniques)



- Hugh Banton (piano, orgue, voix)
- Keith Ellis (basse, voix)
- Guy Evans (batterie, percussions)
- Peter Hammill (chant, guitare acoustique)
- Jeff (flûte)


1. Afterwards
2. Orthentian St. (part 1 & 2)
3. Running Back
4. Into A Game
5. Aerosol Grey Machine
6. Black Smoke Yen
7. Aquarian
8. Necromancer
9. Octopus
10. People You Were Going To (bonus)
11. Firebrand (bonus)



             



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