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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Style : Van Der Graaf Generator, Henry Cow, Sleepytime Gorilla Museum
- Membre : Robert Fripp , Andy Summers & Robert Fripp, Theo Travis & Robert Fripp , Bad Company, Porcupine Tree, Swans, Ministry, Uk, Giles, Giles And Fripp, Talking Heads, Camel, Yes, Uriah Heep, Emerson, Lake & Palmer, Alan Simon , Asia, Frank Zappa

KING CRIMSON - Lizard (1970)
Par ONCLE VIANDE le 18 Octobre 2006          Consultée 12137 fois

1970 restera l’année noire pour King Crimson. Cette période trouble, souvent ignorée, quand elle n’est pas tout simplement méprisée, accouchera pourtant, une fois n’est pas coutume, d’un disque exceptionnel.
La première mouture crimsonnienne s’est désagrégée à la manière d’un petit LU dans un verre de lait. Cette décomposition lente retardera le groupe dans son évolution et nourrira les pires incertitudes. Après le superbe « Groon », première composition de Fripp sortie en février, et l’album « In the wake of Poseidon » en avril, le terrain se dégage enfin avec le départ de Michael Giles. Ne reste plus alors que le couple Fripp / Sinfield, mariage de raison certes, mais où chacun aura son champ d’activité : Fripp pour la musique et Sinfield pour les textes.
Les nouveaux arrivants déjà présents sur « Poseidon » sont reconduits : Gordon Haskell, chanteur ayant une patate chaude dans la bouche, Mel Collins, indécis notoire, puis Keith Tippet, pianiste virtuose qui proposera les services de son orchestre classico-jazz, Centipede. Fripp complète la formation avec le batteur Andy McCullogh, un obsédé des roulés.
Cette formule de King Crimson sera la moins connue de toute l’histoire du roi cramoisi (il n’existe qu’une seule photo du groupe à ma connaissance), ainsi que la plus éphémère.

Robert Fripp envisage désormais son rôle davantage comme compositeur que comme musicien. Il confiera la direction orchestrale à Keith Tippet et orientera le Crimson’ 70 vers le jazz et le classique. Il se montrera très discret en tant que guitariste, pour ne pas dire absent, et sa dextérité servira essentiellement la guitare acoustique.
La musique du groupe n’a jamais été aussi éloignée du canon « métal » pour lequel il est réputé aujourd’hui. Ici, tout n’est que nappes de cuivres, volutes flûtées et rivières de piano.
Lizard est aussi un album à la gloire du mellotron, ce clavier hybride qui contribua grandement à l’image du groupe dans ses jeunes années.
Luxuriance, raffinement sonore, arrangements d’orfèvres, recours aux formes classiques (« Bolero »)… tout concourt à rendre ce disque précieux, voire rococo.
Lizard dévoile également les qualités d’écriture de Robert Fripp, et l’on peut regretter que le guitariste n’ait pas davantage exploité ce talent par la suite, que ce soit avec King Crimson ou en solo. La transition « Prince Rupert » / « Bolero » est un modèle de perfection (le relais cor / hautbois), l’incursion du free jazz dans le boléro se montre hautement audacieuse, quant à la pièce Lizard elle-même, elle témoigne d’une réelle maîtrise de la forme et met en évidence les maladresses d'« Atom Heart mother », sorti deux mois plus tôt et aux prétentions similaires.
Lizard pèche peut-être, à l’image de sa pochette ésotérique, par une surcharge de formes et de couleurs, mais il rappelle avec force que King Crimson, avant de devenir un groupe de glace et d’acier, explora les ressources acoustiques de la musique et les alchimies qui en découlent.

Les séances studio seront si tendues que les évènements tourneront court. L’album sera enregistré en octobre mais le groupe ne survivra pas à la sortie du disque. En novembre, King Crimson est de nouveau un duo. Retour à la case départ.

Lizard reste l’album controversé par excellence et suscite généralement les avis les plus passionnés. Nul ne peut néanmoins nier qu’il s’agit là d’un disque haut en couleur et puissamment inventif. On adore ou on déteste. Inutile de préciser que j’appartiens à la première catégorie.

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   (3 chroniques)



- Robert Fripp (guitare, mellotron, claviers électriques)
- Mel Collins (flûte, saxophones)
- Gordon Haskell (basse, chant)
- Andy Mcculloch (batterie)
- Pete Sinfield (textes, images)
- Avec :
- Robin Miller (hautbois, cor anglais)
- Mark Charig (cornet)
- Nick Evans (trombone)
- Keith Tippet (piano, piano électrique)
- Jon Anderson (chant sur “prince rupert”)


1. Cirkus (including 'entry Of The Chameleons')
2. Indoor Games
3. Happy Family
4. Lady Of The Dancing Water
5. Lizard :
- a)prince Rupert Awakes
- b)bolero : 'the Peacock’s Tale'
- c)the Battle Of Glass Tears
- I)dawn Song
- Ii)last Skirmish
- Iii)prince Rupert’s Lament
- d)big Top



             



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