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SKINNY PUPPY - Vivisectvi (1988)
Par CORNELIUS le 30 Mars 2021          Consultée 243 fois

A tous ceux qui se sentent devenir des rats de laboratoire bien malgré eux, aux angoissés du masque à gaz et aux amoureux de l’indus qui ne fait pas dans la dentelle : ce disque est pour vous, si vous ne le possédez pas déjà.

En cet an de grâce 1988, la réputation de SKINNY PUPPY n’est plus à faire. Tout le petit monde extrêmement bigarré de l’indus connaît les d’ors et déjà classiques "Dig It", "Assimilate" ou "Smothered Hope". Les concerts du groupe sont des performances où la scène, transformée en crypte, devient sanguinolent théâtre sur lequel Nivek OGRE y déploie un sens du tragique tout à fait personnel. Enfin, depuis 1986, Dwayne R.GOETTEL fait partie de l’aventure. Considéré à juste titre comme le Alan Wilder de SKINNY PUPPY, ce blondin squelettique s’est comme fondu dans le groupe pour mieux y injecter son propre grain de folie. Il en résulte encore plus de samples de films d’horreur, encore plus de surréalistes cassures, toujours plus de profondes circonvolutions…C'est-à-dire encore plus de ce que cEvin KEY et Nivek OGRE avaient déjà mis en place dés l’origine, dans une chambre d’étudiant, 1982, Vancouver, Canada.

Ce qui frappe sur ce VIVIsectVI (à prononcer vivi secte six) encore plus que sur les deux précédents, c’est sa densité sonore, quasi phénoménale. On arrive ici aux frontières avec la noise, mais tout en restant dans l’indus bien dansant, voire étrangement funky. "Dogshit" ouvre le bal de l’horreur. Grosse electro traînante et sale sur laquelle Nivek OGRE aboie comme un possédé. Le ton est donné. "Vx Gas Attack" est une bombe dark ebm entrecoupée d’un discours radiophonique qui nous renvoie aux atrocités de la guerre Iran/Irak et dont le caractère à la fois menaçant et prémonitoire fait froid dans le dos : "We will not remain idle forever (…) we have the technology to produce chemical weapons(…) there are limits to our patience".

Avec "Harsh Stone White", on retourne à une ambiance plus gothique et intime. Le refrain surtout, où le mot "even" se confond si bien avec "evil", nous plonge dans un sanctuaire d’émotions crépusculaires.
Le morceau suivant, "Human Disease", monte considérablement le curseur de la haine, avec sa rythmique implacable et dont chaque coup fait gicler sur les murs son lot d’hémoglobine. Un hommage au génial Evil Dead 2 que "Who’s Laughing Now ?" (la fameuse question que Bruce Campbell pose à sa main avant de la tronçonner). Tous les samples de ce titre caverneux à souhait proviennent d’ailleurs du film de Sam Raimi. "Testure" est incontestablement le tube potentiel de cette cauchemardesque galette. On peut légitimement parler ici d’un tout harmonieux mais qui reste heureusement entaché par des guitares saturées et les aboiements de Nivek OGRE.

Arrive "State Aid" : la centrale vient d’exploser, les éléments radioactifs se répandent partout, contaminent tout. Un déluge de hurlements et de blast nous envoie directement à "Hospital Waste", sorte de synth-pop dégueulasse et maladivement mélodique. "Stella’s Home", hommage à Polanski cette fois ci, est un court-métrage musical ; un film d’horreur en musique (on dit dark ambient en bon anglais) et qui se termine brillamment par le sample le mieux placé de l’histoire de l’indus : "It’s okay, he saw it on television !" (Jack Nicholson dans Shining). S’ensuivent quatre morceaux (les B-sides des single" Testure" et "Censor" (anciennement "Dogshit") ainsi qu’un inédit ) plus instrumentaux mais non moins contagieux. "Yes he ran" et son groove sous terrain ; "Punk in Park Zoo’s" qui atteint le plus naturellement du monde une espèce de sommet entre la noise et l’electro ; "The Second Opinion", dark ebm parfaitement hypnotique et relevée par le sample "The machine has got to be destroyed !" (issu du film From Beyond). Le voyage finit dans un bain de boue hallucinogène avec l’hyper saturé et néanmoins très efficace "Funguss" – il finit bien, donc.

"Une putain de boucherie !" m’avait dit un pote du lycée en me rendant, d’un air moitié amusé, moitié dégoûté, le disque… la chose. Il avait bien raison, à un détail près : cette putain de boucherie là a une âme… et en plus, on peut danser dessus !

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   CORNELIUS

 
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- Cevin Key (synthés, guitares, percussions)
- Nivek Ogre (chant)
- Dwayne Rudolph Goettel (synthés, samples)


1. Dogshit
2. Vx Gas Attack
3. Harsh Stone White
4. Human Disease (s.k.u.m.m.)
5. Who's Laughing Now
6. Testure
7. State Aid
8. Hospital Waste
9. Fritter (stella's Home)
10. Yes He Ran
11. Punk In Park Zoo's
12. The Second Opinion
13. Funguss



             



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