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- Style + Membre : Ministry

SKINNY PUPPY - Mind : The Perpetual Intercourse (1986)
Par CORNELIUS le 9 Mai 2022          Consultée 198 fois

C’est ici en l’an de grâce 1986, année ukraino-nucléaire par excellence, que SKINNY PUPPY prend forme définitive. Non pas que Bites fût un album mineur (loin de là), mais il manquait à la fois de force dans la durée et du réel mordant que l’on est en droit d’attendre fébrilement d’un groupe de chiens, fussent-ils des chiots squelettiques. Et bien sûr, il lui manquait l’apport décisif de D.R.GOETTEL.

Dès les premières secondes de la mélancolique et enragée "One Time One Place", on sent que le voyage sera à la fois tortueux et magnifique. Les vocaux tantôt grognards, tantôt hurlants telle une meute de loups, la puissante rythmique, les synthés envoûtants, les guitares saturées à mort mais distillées avec parcimonie – l’univers des Canadiens s’est comme approfondi et amplifié depuis leur début encore récent.
"God’s Gift (Maggot)" demeure clairement le plus intense et caverneux moment de l’aventure. Ce genre de titre vous hante longtemps, au moins autant que le presque dadaïste "Stairs And Flowers" avec sa rugosité electro-gothique, ses sifflements de serpents analogiques et son déluge de samples issus d’un vieux classique, "The Cabinet of Dr.Fritz". Un autre titre qui fait la part belle aux collages sonores les plus audacieux est l’entêtant "Burn With Water", quasiment un hommage à cette incarnation du cinéma d’horreur qu’est L’Exorciste tant la profusion de samples provenant de cet intelligent brûlot y est conséquente, à commencer par le chant du Muezzin qui, comme tout bon cinéphile devrait le savoir, ouvre le film.

Le hit, parce que hit il y a, est bien sûr "Dig It" qui semble jaillir des tréfonds d’une catacombe romaine. Cette rythmique taillée dans la roche, soutenue par une tranchante guitare et sublimée par la nappe de synthé la plus parfaitement irradiante de toute l’histoire de l’EBM – aucun doute possible, nous sommes bel et bien ici en présence du premier classique d’un style dont l’influence se fera sentir bien au-delà des frontières (frontières assez floues par ailleurs) de la musique industrielle comme avec ENIGMA, THE PRODIGY ou encore DEPECHE MODE.
Personnellement, le premier titre du groupe entendu par mes oreilles propres qui s’en sont difficilement remises depuis. Il faut dire qu’au début de l’an 1996, alors que NIN et MINISTRY m’occupaient grandement, je soupçonnais encore assez mal toute l’étendue de la scène indus, surtout prise dans son sens le plus large.

Le final, c'est-à-dire l’édition augmentée pour c.d, contient de belles perles, à commencer par "Chainsaw" qui constitue le condensé du SKINNY PUPPY le plus représentatif et admirable avec son climat sombrement forestier soutenu par un beat puissant et une basse étrangement funky, presque liquide par moment. Indescriptible mélancolie d’un improbable sous-bois, quelque part entre Fontainebleau et Vancouver.

Le reste n’est pas en reste avec des tubes qui sont en vérité des versions remusclées de titres figurant à l’origine sur le prochain album, à savoir le tragique "Addiction" qui nous est livré ici dans une version beaucoup plus sèche, presque glaciale, avec un Nivek OGRE particulièrement guttural dans les couplets, et surtout le cruel "Deep Down Trauma Hounds" qui, sous la pulsation d’un beat imparable, nous offre un beau et bien quadrillé dialogue de samples tirés d’un épisode de Perry Mason et d’un autre de Bugs Bunny ; exemple hautement caractéristique de cet échange décalé entre échantillons de célèbres séries américaines :
« You can look at a thing like that as evidence of instability and possible suicide »
« Never send a monster to do the work of an Evil Scientist »

Ce disque d’une beauté crépusculaire tout à fait certaine ne fait encore que parcourir l’antre de folie dans lequel le trio s’engouffrera très prochainement pour y séjourner jusqu’à l’implosion finale.

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   CORNELIUS

 
  N/A



- Nivek Ogre (chant, synthés)
- Cevin Key (percussions, synthés, guitares)
- Wilhelm Schroeder (chant)
- Dwayne Rudolf Goettel (synthés, guitares, gadjets)


1. One Time One Place
2. God's Gift (maggot)
3. Three Blind Mice
4. Love
5. Stairs And Flowers
6. Antagonism
7. 200 Years
8. Dig It
9. Burn With Water
10. Chainsaw
11. Addiction
12. Stairs And Flowers (dub)
13. Deep Down Trauma Hounds



             



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