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MUSIQUE MILLET - 2018-19 / Crêpe Cosmique (2019)
Par MARCO STIVELL le 16 Mai 2022          Consultée 256 fois

Crêpe Cosmique, le CD 2019 de MUSIQUE MILLET, une histoire de filles. C'est bien simple : il faut attendre la moitié du deuxième disque pour entendre un chanteur, en particulier la reprise du magistral "Shine on You Crazy Diamond" de PINK FLOYD. Rare percée masculine au micro donc, avec aussi le délirant final Bronzés made in Normandie des concerts, ce qui reste peu, un véritable record.

Toutefois, on comprend combien maestro Vincent Lonjon a dû être heureux de reprendre "Shine on You Crazy Diamond" au bout d'une quinzaine d'années avec un son adéquat, en plus des musiciens à la hauteur ! Ne seraient un ou deux détails tels des sons de claviers moins organiques qu'à l'époque, la transition entre chant et solo de sax final, cette version n'aurait aucun mal à se hisser au niveau de l'originale, pour quelqu'un comme votre serviteur qui n'en a jamais été grand fan, malgré l'admiration. Gilmour était monstrueux, mais Julien Jouan au chant et guitare se défend à merveille, l'intro est toujours aussi noire et inquiétante que majestueuse. La progression est fluide, dignement respectée jusqu'au tremplin pour les envolées de Coline Busquet aux saxophones baryton et alto.

Ce brin de musicienne dont on avait déjà pu apprécier les multiples talents l'année précédente ne fait que confirmer ceux-ci, en tenant les divers soli de sax de façon prodigieuse, sur la reprise du standard très smooth "My Funny Valentine" (excellente du début à la fin), le "All I Could Do" d'Etta JAMES, ainsi que, pour revenir au courant progressif, l'enlevé "Dixie", single méconnu d'HARMONIUM et très chouette moment de fraîcheur folk-jazz. Bien sûr, auprès de miss Coline Busquet, il y a d'excellents batteurs (Léo Elluard – autre héros de l'an dernier, remarquable parfois aux guitares d'un autre côté -, Nelson Florence et Clément Lerouvillois), mais dans cet ensemble déjà très féminin, il est admirable de constater que sur la plupart des morceaux - sans aucun de sa composition cette fois, hélas -, son nom revient à la basse, la plupart du temps. Elle seconde même Vincent Lonjon aux synthés sur "One for the Vine" de GENESIS ; vraiment, quel talent !

Elle est pour beaucoup dans la réussite de ces "Careless Whisper" et "Teenage Fantasy" (Jorja SMITH) tout comme Mae-Jade Durogène, chanteuse qui sert une crème soul du plus bel effet, beaucoup de maturité pour un si jeune âge. "Creep" (RADIOHEAD) voit largement la version 'gala' du POSTMODERN JUKEBOX dépassée par celle de MILLET, avec la mêlée de saxophones et Louise Lucas, remarquable chanteuse qui, contrairement à l'américaine Haley REINHART, n'a nul besoin de forcer pour être admirée. La même se distingue d'ailleurs sur la superbe reprise du groupe de metal progressif LEPROUS, "Acquired Taste", titre mélancolique qui permet aux guitares de s'illustrer un peu face à un ailleurs très axé basse-batterie-claviers. Le metal-prog, cette année, sonne plutôt ballade avec encore l'aérien "Anna Lee" de DREAM THEATER, au solo fort réussi.

La barre est placée haut avec "At Last", autre tour de force d'Etta JAMES, tout en sensualité rendue par Mae-Jade Durogène, puis "Cry Me a River", autre standard américain et, mieux encore, l'époustouflant "Kozmic Blues" de Janis JOPLIN (dont on se rappelle là aussi une belle version antérieure en 2006 avec la chanteuse Julina Quemar). Musicalement une perle, et là aussi, j'ai bien du mal à regretter la voix originelle, flinguée à la clope et à la liqueur Southern Comfort, quand j'entends celle de la jeune Louise Seguin, aussi douce que meneuse idéale, trop rare par ailleurs sur ce double-album ! Le final prolongé est un équilibre parfait entre chanteuse et instrumentistes.

Si le premier disque en studio souffre un peu dans sa perfection d'une ou deux retombées en simple piano-voix, le deuxième en live rehausse la balance avec un BARBARA et un traditionnel mexicain ("La Llorona"), tous deux fantastiques. Avec la chorale, les morceaux rock de QUEEN et METALLICA se voient éclipsés par la réussite des "Tibie Paiom" et "Mille Regrets" (Josquin DESPRES) que l'on est toujours content de retrouver, sans parler du SCHUBERT ("Dona Nobis Pacem", extrait de la Messe en Mi bémol) et des traditionnelles "Nuits de Moscou", aux délicieuses intonations lyriques d'Olivia Juge.

En dehors des très frais "You Are the Sunshine", "Dancing in the Streets" et "What a Wonderful World", le bijou live de cette année s'avère être l'hommage à Elvis par "Can't Help Falling in Love". Ce crescendo, ce long début a-cappella (très rare pour MILLET) d'une Eva Renard enchanteresse, quelle beauté ! Et dieu sait combien c'est difficile surtout lorsqu'on a 16 à 18 ans maxi, face à un public et sans l'habitude. Et ce qui est toujours fou, c'est de penser qu'il s'agit de disques de lycéens avec leur professeur. Tant pis si certains se moquent, ne comprennent pas que MUSIQUE MILLET est 100 fois mieux et vivant qu'une bonne frange de productions actuelles réputées 'sérieuses'.

Terminons par le meilleur. En termes de sélection et de qualité, comme si cela ne suffisait pas, il y a ces vingt
minutes de bonheur absolu appelées "The Snow Goose" (de l'album éponyme en 1975) et empruntées au groupe prog anglais CAMEL, pour faire dignement suite aux extraits de leur autre album Mirage (1974) en 2018.

Une tentative avait déjà été faite pendant les concerts de 2012, avec la même première partie "The Great Marsh/Rhayader/Rhayader Goes to Town" et le même final sur "Rhayader Alone", mais "Fritha", "Sanctuary" et le morceau "The Snow Goose" ont été remplacés ici par "Migration", un très bon choix car les vocalises jazz sont gérées à merveille par Héloïse Jarrossay. Est-il utile de préciser que le reste, l'ensemble instrumental, est à l'avenant ?

Pied intégral donc, de l'intro "The Great Marsh" toujours étrange mais adoucie à la façon cherbourgeoise, de la flûte de Marie Starecki sur "Rhayader" au piano Fender Rhodes de "Rhayader Alone" et au solo de guitare 'pure' de Leo Elluard, en passant par la basse voluptueuse de Coline Busquet, et bien sûr la récréation rock tonitruante de "Rhayader Goes to Town", synthé en avant et batterie parfaitement ajustée.

Finir sur GENESIS devient un parti-pris autant qu'une habitude, mais comment faire autrement, surtout quand il s'agit du deuxième morceau du meilleur album du meilleur groupe de tous les temps ? "One for the Vine", dix minutes très ambiancées de Wind & Wuthering, promenade dans une Angleterre pluvieuse, venteuse, bucolique et fantastique : un choix exceptionnel, au milieu de tous ceux déjà réalisés par MILLET pour GENESIS. Et les musiciens qui se plaisant cette fois à intervertir : Clément Lerouvillois à la basse, Coline Busquel (décidément !) au clavier pour seconder mastro Lonjon, et au chant, mademoiselle Héloïse Jarossay, comme pour CAMEL.

L'intro est plus grave, en réalité pour mieux coller à la tessiture de la chanteuse, plus aiguë que celle de Phil Collins. Les nappes en avant pendant les couplets slow, la très jolie rupture en envolée avec voix et synthé sifflant, le charme féérique du passage le plus doux, le piano Rhodes sur la courte berceuse instrumentale, le départ funk si casse-gueule, moment crucial de la chanson, tout est finement restitué. Moins magique qu'à l'origine peut-être, mais foi de fan, cela vaut une large reconnaissance, pour ne pas dire gratitude. Comme souvent, avec MILLET.

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1. Teenage Fantasy
2. Dixie
3. Acquired Taste
4. Kozmic Blues
5. Careless Whisper
6. Anna Lee
7. Creep
8. Warrior
9. At Last
10. Out Here On My Own
11. Writings On The Wall
12. All I Could Do
13. One For The Vine
14. The Snow Goose

1. Dis, Quand Reviendras-tu ?
2. La Llorona
3. My Funny Valentine
4. Cry Me A River
5. Nombreux
6. Le Plus Fort
7. Shine On You Crazy Diamond
8. What A Wonderful World
9. Tibie Paiom
10. Mille Regrets
11. Dona Nobis
12. Podmoskovnyie Vetchera
13. Nothing Else Matters
14. We Are The Champions
15. I Can't Help Falling For Love
16. You Are The Sunshine
17. Dancing In The Streets
18. L'aventurier/dragosta Din Tei



             



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