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AIR - Talkie Walkie (2004)
Par SASKATCHEWAN le 3 Janvier 2008          Consultée 3477 fois

Que faire quand on a la méga-hype ? Oui, la méga-hype qui tâche, qui fait mal, qui humilie. Celle qui vous fait faire la couverture des Inrock’, celle qui vous fait passer au Grand Journal, celle qui déclenche des polémiques sur vos régulières incitations à la débauche et à la consommation de stupéfiants, celle qui enfin, et c’est bien là le pire, ruine toute tentative d’innovation présente et à venir, tant l’étiquette qu’on vous a fixé sur le front est tenace. D’où j’en conclus que l’agrafeuse est le plus grand ennemi du génie innovant. Quel rapport avec la pâte à crêpes me direz-vous, goguenard ? Et bien tout simplement que pour son quatrième album studio, Air a décidé de changer de voie, de se faire plaisir, de mettre les voiles, le cochon est dans le maïs, rien ne va plus (et si je vous reprends à me forcer à utiliser un mot aussi laid et repoussant que « goguenard » par vos mimiques contrariées, je ne me foulerai pas pour briser l’illusion théâtrale encore une fois). On les comprend, après le succès de Moon Safari, la reconnaissance sur Virgin Suicides et l’expérimentation sur 10 000Hz Legend, il ne restait plus que la tentative d’universalité, qui a tendance à rendre les fans bougons.

Beurk les fans, il n’y a rien de pire que les fans, à part peut-être les chroniqueurs. Parce que ce que le FSB (Fan Spécialement Bougon) omet de mettre (ou put in) dans ses dossiers, c’est que Air n’a pas attendu Talkie Walkie pour virer Pop. Si, si, rappelez vous Moon Safari, ses mélodies agréables, ses refrains accrocheurs, sa production léchée,… Remember (… together, remember forever) ? En ce sens, ce quatrième essai s’inscrit dans la continuité du travail du groupe, une suite logique à Moon Safari quoi. Ce qui étonne plutôt, c’est la présence de ces deux tubes taillés pour le succès : Cherry Blossom Girl et Surfing On A Rocket. Le premier porté par une guitare, une flûte, et la voix de Jessica Banks (dites merci au Trip-Hop pour les sublimes voix de femmes en Downtempo), le second servi par une mélodie imparable, une guitare électrique toute en finesse, moult synthés et la voix de Lisa Papineau (chanteuse du groupe Big Sir). Moi qui suis peu enclin aux titres orientés radio, je dois bien admettre que ces deux là sont une franche réussite, mieux, je ne m’en lasse toujours pas.

Fait agréable, il n’y a pas de mauvais titres sur ce Talkie Walkie, mais quelques ritournelles ont une durée de vie tout de même assez éphémère. Run par exemple, avec quand même une agréable impression de rêve, mais aussi Mike Mills et Alpha Beta Gaga, deux instrumentaux plaisants dont on a vite fait le tour, enfin il y a Universal Traveler, qui fait la part belle à l’acoustique, sans toutefois exploiter l’idée à fond. On retrouve également un peu de Moon Safari sur Venus, mais aussi un peu de Virgin Suicides sur Another Day, qui apporte une touche plus sombre à l’album. Il y a même quelque chose de Pocket Symphony sur Biological et Alone In Kyoto (présent sur la Bande Originale de Lost In Translation de Sofia Coppola). En tout cas, les expérimentations de 10 000Hz sont définitivement mises au placard, quoique, Biological ? Hors donc de deux tubes monumentaux, Air n’est jamais meilleur que lorsque qu’il puise dans ses albums passés pour réaliser un contenu parfaitement au goût du jour.

Mais vous voyez déjà la contradiction. Innovation ou continuité ? J’ai débuté en disant qu’Air changeait du tout au tout puis, nullement gêné, j’affirmais qu’il y avait bien dans ce Talkie Walkie quelque chose de Tennessee, ou tout du moins des œuvres antérieures de Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel. Cet album est un virage important, le fait est là, mais la signalisation apposée tout le long de la carrière du groupe devrait vous empêcher de vous manger la glissière de sécurité trop violemment. Explication et prévention routière, c’est en résumé ce en quoi consiste un changement d’orientation musicale réussi, sur ce point là, les deux musiciens auront mérité leur place à la DDE.

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- Jean-benoît Dunckel (synthé, boîte à rythme, guitare, chant)
- Nicolas Godin (synthé, boîte à rythme, guitare, chant)
- Malik Mezzadri (invité, flûte)
- Jessica Banks (invitée, chant)
- Brian Reitzell (invité, batterie)
- Jason Falkner (invité, basse)
- Lisa Papineau (invitée, chant)
- Joey Waronker (invité, percussions)
- Michel Colombier (invité, piano)


1. Venus
2. Cherry Blossom Girl
3. Run
4. Universal Traveler
5. Mike Mills
6. Surfing On A Rocket
7. Another Day
8. Alpha Beta Gaga
9. Biological
10. Alone In Kyoto



             



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