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- Membre : Marie-annick Lépine
 

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Les COWBOYS FRINGANTS - En Concert Avec L’orchestre Symphonique De Montréal (2022)
Par GEGERS le 2 Décembre 2022          Consultée 847 fois

Sortez les cuivres, les cordes, les cors, les violoncelles, les COWBOYS virent symphoniques et nous en font voir de belles. Il faut bien le reconnaître, l’exercice symphonique commence à sentir un peu le réchauffé. Que ce soit dans les milieux rock, metal ou variétés, les exemples d’artistes désireux de confier leur répertoire à un orchestre sont fort nombreux, et le résultat souvent peu savoureux. Les COWBOYS FRINGANTS ont, eux-mêmes, succombé aux sirènes de la relecture symphonique. Entre le groupe et l’Orchestre Symphonique de Montréal, dirigé par le chef Simon Leclerc, c’est une affaire qui dure depuis 2018. Episodiquement, les deux institutions québécoises se sont retrouvées pour donner une poignée de concerts. En décembre 2020, les COWBOYS et l’OSM se sont ainsi produits à huis clos (COVID oblige), une expérience renouvelée, devant un public cette fois, très récemment à la fin du mois de novembre 2022.

C’est un des concerts de décembre 2020 que le label La Tribu a récemment d’éditer via différents supports : pour l’audio, en version numérique et vinyle. Pour la vidéo, à la demande sur la plateforme Vimeo. Ce déploiement était-il bien nécessaire ? Car si ce mariage entre le folk viscéral des COWBOYS et les queues de pie de l’OSM a de quoi surprendre, il n’est pas pour autant très heureux. Car comme souvent dans ce genre d’exercice, les arrangements symphoniques ne viennent finalement que rehausser le répertoire du groupe, là où l’audace aurait été de repenser les structures, revoir les arrangements, les dynamiques, les rythmes et les ambiances. Finalement, ce concert sans public est un show des COWBOYS « pimpé » grâce à la présence d’instruments certes foisonnants mais qui n’évitent pas un certain côté kermesse qui rend l'ensemble assez peu intéressant.

Les COWBOYS, à l’exception de leur vigoureux chanteur Karl Tremblay, se sont effacés au profit de l’OSM. Si on entend le violon et l’accordéon de Marie-Annick Lépine, les guitares de Jean-François Pauzé et la basse de Jérôme Dupras sont aux abonnées absentes, les deux musiciens jouant essentiellement le rôle de choristes de luxe. Les morceaux, non pas remaniés mais seulement adaptés, ne bénéficient pas vraiment de l’omniprésent orchestre. Loin de gagner en intensité, la ballade poignante « La Tête Haute » est d’ailleurs symptomatique de cette tendance à un inutile alourdissement des morceaux. Depuis toujours, le groupe provoque l’émotion par son interprétation, bien plus que par ses arrangements. Ainsi et même si les envolées lyriques de Karl Tremblay sur la fin du morceau font leur petit effet, il est bien difficile de trouver quelque intérêt à cet exercice. On peut apprécier les enrichissements mélodiques, les beaux atours dont se voient dotés certains titres (« L’Hiver approche »), mais tout cela semble bien vain.

Le programme pioche essentiellement dans le répertoire post-2002, exception faite des albums Que du Vent et Sur un Air de Déjà Vu, ignorés. Ainsi, le groupe reprend ici des morceaux de son programme habituel, là ou certains titres oubliés semblaient taillés pour l’exercice. Mais où est donc la « Symphonie pour Caza » ? Nous aurions bien découvert une relecture de ce morceau, plutôt qu’une énième version de « Plus rien », qui sonne ici bien plat. Dans l’esprit, la version revisitée interprétée dans le cadre du projet L’Amérique Pleure sonnait de manière bien plus épique et théâtrale que celle, très proche de la version studio, présentée ici. Les enregistrements virevoltent (« Octobre »), l’énergie déployée est communicative, mais que retenir de tout cela tant l’apport de ces relectures semble minime ?

Finalement, c’est lorsque le groupe laisse complètement les clés de son répertoire que le concert se fait le plus savoureux. « Une autre journée qui se lève », interprété par le baryton Dominique Côté, prend des airs d’opérette à l’espièglerie contagieuse. « Marine marchande » chanté, en duo cette fois, avec la soprano Karina Gauvin, est un des meilleurs moments de cette union par ailleurs bien sage entre les COWBOYS et l’OSM. Cela ne suffit pas néanmoins à faire de cet album autre chose qu’une curiosité par moment intéressante, mais globalement bien inutile, l’orchestre n’apportant pas grande plus-value à un répertoire intrinsèquement intense et théâtral. Un exercice de style qui ne nous permet pas, en tout cas, de mieux d’apprécier la musique des COWBOYS.

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   GEGERS

 
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- Karl Tremblay (voix)
- Jean-françois Pauzé (guitares, chœurs)
- Marie-annick Lépine (accordéon, violon, choeurs)
- Jérôme Dupras (chœurs, basse)
- Orchestre Symphonique De Montréal


1. En Berne
2. Les Vers De Terre
3. La Reine
4. 8 Secondes
5. La Tête Haute
6. Les Maisons Toutes Pareilles
7. Le Gars D'la Compagnie
8. Plus Rien
9. Octobre
10. L'hiver Approche
11. Une Autre Journée Qui Se Lève
12. Sur Mon épaule
13. Joyeux Calvaire !
14. Marine Marchande
15. D'une Tristesse
16. Pub Royal
17. L'amérique Pleure
18. Les étoiles Filantes



             



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