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POST-PUNK/NEW WAVE  |  STUDIO

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- Membre : Jaz Coleman
- Style + Membre : Ministry, Prong
 

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KILLING JOKE - Night Time (1985)
Par STREETCLEANER le 29 Décembre 2009          Consultée 3222 fois

Ce cinquième album de KILLING JOKE va refléter une nouvelle direction prise par le combo, qui va mettre un pied dans la new-wave alors très en vogue depuis le début des années 80. C'est également cet album qui va véritablement révéler KILLING JOKE au grand public grâce aux singles "Eighties" ou "Kings And Queens", et au tube "Love Like Blood", un morceau monstrueusement taillé pour les dancefloors que (quasiment) tous ceux qui ont traversé les années 80 connaissent. Evidemment, le succès commercial sera bien présent malgré le scepticisme des fans de la première heure (il faut dire aussi que le mouvement punk né au milieu des années 70 est en perte de vitesse à cette époque). On n'oubliera pas que l'album Fire Dances avait déjà vu le groupe infléchir légèrement sa hargne et son propos et donc, rétrospectivement, l'arrivée de Night Time se comprend mieux si on replace tous ces éléments dans le contexte de l'époque. Sur Night Time il existe toutefois un équilibre entre les quelques restes (bien maigres) de post-punk originel si particulier et la nouvelle orientation new-wave. Un équilibre qui sied au groupe à ce moment mais qui deviendra par la suite un sujet de tensions, KILLING JOKE surfant sur une vague de plus en plus pop. Mais nous n'en sommes pas encore là.

Night Time c'est donc l'entrée dans un nouveau style plus accessible, dans de nouvelles ambiances plus mainstream. Jaz COLEMAN met de côté son growl contestataire et hargneux, sa voix se fait moins rugueuse et forcée, désormais il chante sans la pelletée d'effets qu'on retrouvait sur les premières productions. Il semble plus apaisé et moins revendicateur, même s'il parle de combattre dans le morceau "Eighties". Symbole s'il en est de cet apaisement, ses claviers jouent des coudes pour occuper l'espace et essayer d'envelopper le tout dans des nappes mélodieuses (plutôt maigrichonnes) aux sonorités très marquées du sceau des années 80. La batterie de Paul FERGUSON s'assagit également encore un peu et doit composer avec des beats plus électroniques, moins organiques. Mais où sont passées les rythmiques tribales et endiablées si originales des précédentes productions, elles qui représentaient la marque de fabrique du combo ? Si on croit encore parfois les entendre, comme sur "Darkness Before Dawn", il faut bien avouer qu'elles en restent à un stade embryonnaire et sont volontairement non abouties. La batterie semble bridée, comme branchée sur du 110 volts. Geordie WALKER, lui, a dressé sa guitare, elle se fait plus docile. Seul Paul RAVEN semble un peu mieux loti avec sa basse généralement bien mise en avant, lorgnant se faisant sur la coldwave (mais aussi le funk pour le côté dansant). Il nous offre un beau jeu de basse bien mémorisable sur "Love Like Blood", qui lui donne un côté très dancefloor, ou sur "Multitudes", un titre de bonne facture. De ce fait, on a vraiment l'impression que la basse de RAVEN éclipse un peu trop souvent la guitare de Geordie.

Alors, Night Time est-il un album moyen ? A la lecture de ce que je disais précédemment on pourrait le penser. Mais si on accepte cette nouvelle inclinaison, cette nouvelle orientation, la réponse est évidemment négative. Night Time est un bon album, solide en son genre. Mais c'est tout. Sans plus. Il ne transcende rien, et ne représente pas le côté intéressant de KILLING JOKE. Malgré tout, deux titres ressortent véritablement de cet album : "Love Like Blood" et "Eighties".

Tout d'abord "Eighties" est le titre le plus "killing jokien" de l'album, en ce sens qu'il est sans doute le titre le plus post-punk de ce skeud, celui qui est le plus dans l'esprit des productions précédentes. Titre le plus énergique, on y entend Jaz COLEMAN y élever la voix, pousser quelques hurlements (push ! struggle !), la batterie semble reprendre du poil de la bête et Geordie se rappelle enfin à nous. Toutefois, il ne faut pas s'attendre non plus à ce qu'il casse la baraque puisque Jaz se contente de nous chanter qu'il vit dans les années 80, et il n'y a pas de quoi en faire un fromage, finalement. Mais un morceau bien pêchu comme celui-ci ne se refuse pas. Ce "Eighties" sera d'ailleurs plagié dans son riff par NIRVANA pour son "Come As You Are" et plusieurs versions circulent sur la suite qui aurait été donnée par KILLING JOKE à cet emprunt. Selon certains, les poursuites judiciaires auraient été abandonnées après la mort de Kurt COBAIN en 1994 (version Jaz Coleman), d'autres affirment que KILLING JOKE n'aurait pas poursuivi NIRVANA en justice pour des raisons d'ordre financier (par manque de moyens, peut-être suite au procès ruineux contre sa maison de disques). Quoi qu'il en soit, Dave GROHL, le batteur de NIRVANA (et fan de KILLING JOKE), viendra payer la dette du groupe en jouant sur l'album éponyme de KILLING JOKE en 2003.

"Love Like Blood" avec ses claviers aux sonorités nocturnes, avec son refrain accrocheur, sa ligne de basse bien dansante et funky, est un hit parfait pour les dancefloors et les stations de radio. Ceux qui ont vécu pendant les années 80, et qui étaient en âge d'écouter et de s'intéresser à la musique, le connaissent presque tous. Dites-leurs "KILLING JOKE ?", ils vous répondront "Love Like Blood !". Et c'est vrai que ce morceau est une tuerie ultime dans son genre, d'une efficacité redoutable ; un titre tout simplement imparable et qui a très bien fonctionné dans les charts et les clubs.

Maintenant, à côté de ces deux gros titres, le reste paraît bien sympathique mais tient moins bien sur la durée. De manière générale, cet album - comme beaucoup d'autres des années 80 - n'a pas très bien vieilli. Mais rien que les deux titres cités ci-dessus peuvent mériter qu'on y prête attention. Car, au fond, Night Time reste malgré tout un bon album, aux mélodies globalement accrocheuses mais parfois un peu passe-partout. Prise avec du recul, toute cette période plus new-wave ne constitue qu'une parenthèse pour le groupe, même si elle continuera à marquer les compositions par la suite. Night Time est un album qu'on peut écouter de temps en temps avec un certain plaisir, mais pas trop souvent. Excepté peut-être pour les nostalgiques des années 80 qui ont fréquenté les pistes de danse ...

Note réelle : 3.5/5.

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   STREETCLEANER

 
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- Jaz Coleman (chant, claviers)
- Geordie Walker (guitares)
- Paul Raven (basse)
- Paul Ferguson (batterie, voix)


1. Night Time
2. Darkness Before Dawn
3. Love Like Blood
4. Kings And Queens
5. Tabazan
6. Multitudes
7. Europe
8. Eighties



             



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