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- Membre : Santana & Buddy Miles, John Mclaughlin , Richard Wahnfried

SANTANA - Amigos (1976)
Par MARCO STIVELL le 20 Octobre 2010          Consultée 3304 fois

Les albums de la période jazz-psyché de SANTANA ont prouvé que cette équipe, ou plutôt Carlos car à présent il ne reste quasiment plus que lui du groupe des débuts, avait su se renouveler, quitte à dérouter les premiers fans et à se trouver un nouveau public. Comme on le disait avec un ami une fois, le guitariste avait obtenu assez de crédibilité pour qu'entre les musiciens de ce milieu, il y ait des échanges du style "Allo Wayne (SHORTER) ? Salut c'est Carlos, tu veux venir faire un chorus sur mon nouveau morceau ?" Bon j'invente, Wayne n'a pas (encore) joué sur un disque de notre mexicain bien aimé, mais vous voyez ce que je veux dire. Le petit jeune de Tijuana avait de quoi être fier de lui. Il semblerait toutefois qu'en ce milieu d'années 70, on se retrouve à une sorte de croisée de chemins, comme si Carlos avait eu envie de redescendre un peu de son nuage (de lotus...), de renouer avec un certain public, ou plus précisément comme il conviendrait de le dire, de séparer son côté guitar-hero superstar et son autre plus mystique. Carlos reste ainsi à la fois SANTANA et Devadip (rappelons qu'il s'agit de son nom hindou car il est alors disciple du gourou Sri Chinmoy, le même que John McLAUGHLIN).

SANTANA, cela concernera donc des oeuvres moins "fouillées", nettement plus accessible pour le grand public. Le premier de la série est le présent Amigos, et d'emblée ce qui frappe c'est justement cette volonté de communiquer plus que jamais avec le public, grand ou pas. On arrête les délires psychédéliques (même si les couleurs, hum), on revient à quelque chose de plus terre-à-terre, et que l'on soit humain ou animal, nous sommes tous frères (ou au moins "amis") et devons vivre en harmonie, alors prenons-nous la main et dansons ! Ca tombe bien, le premier titre sera une danse... En feuilletant le livret, on constate que Carlos, après s'être quelque peu recyclé lui-même, a également choisi de remanier son équipe. De sa période jazz, il n'a gardé auprès de lui que les virtuoses Tom Coster et Armando Peraza et, chose plus surprenante, il a rappelé David Brown, l'ancien bassiste noir du SANTANA band des débuts. A la voix (ça se dit ?), il a placé Greg Walker. Un choix pas vraiment discutable, mais ce chanteur très soul à la chevelure afro impressionnante a tendance à en mettre beaucoup, à geindre, à faire son "lover" on pourrait même dire.

Passons, concentrons-nous sur la musique. Et il semblerait que d'office, Carlos a voulu jouer le grand jeu en nous proposant tout simplement l'un des meilleurs titres de sa carrière. "Dance Sister Dance (Baila Mi Hermana)" se divise en deux parties aussi réussies l'une que l'autre. La durée n'est même pas indiquée sur le verso du disque, on ne peut donc soupçonner que cette rumba très sympathique et dont la répétition ne fait même pas le défaut va évoluer, encore moins quand on voit ce que le titre propose ensuite. Les voix disparaissent petit à petit, les percussions et les nappes de synthés remontent quant à elles, et il se produit un grand moment instrumental lui aussi répétitif dans son thème mais constamment enrichi. Cette cascade de nappes est fabuleuse, de même que le rythme asséné à contretemps lors du final. C'est sûrement moins fouillé qu'un Borboletta ou qu'un Caravanserai, mais ça envoit et surtout ça le fait grave !

Si ce titre représente sans aucun doute la plus belle réussite du disque, il ne faut pas pour autant s'arrêter là. Oui vous avez bien lu. Je ne mets pas l'archi-connu "Europa" qui n'a il est vrai pas volé son succès une seule seconde - ça faisait fureur dans les boites de nuit à l'époque, royal pour tenir une jeune fille serrée contre soi -, il est archi-mélodique aussi, représente plutôt bien les meilleurs atouts de Amigos. Mais j'ai un problème avec ce titre, sans doute car on résume trop souvent la carrière du mexicain à celui-ci et que ce morceau lui-même se résume presque au solo de guitare. Enfin, dans le meme genre séduction, je préfère un "Samba Pa Ti", de l'album Abraxas. C'est marrant que je parle de ce dernier d'ailleurs, car outre la présence de David Brown, on peut noter ça et là quelques réminiscences, avec pour le titre "Take Me With You" un rock puissant (et solos fous de guitare et d'orgue Hammond !) lorgnant vers le hard et qui n'a rien à envier à d'anciens classiques comme "Mother's Daughter" ou "Incident at Neshabur". D'ailleurs comme ce dernier, "Take Me With You" finit de manière plus calme, quasiment ballade...

Le reste de Amigos est également à l'avenant. Passé des petits détails comme les manières de Greg Walker sur "Tell Me Are You Tired", musicalement ce disque est tout à fait réjouissant aussi bien pour la diversité des styles que les arrangements. Coté styles, certaines chansons flirtent donc avec le rock, le latino ou la ballade, mais aussi avec le jazz-rock (le début de "Tell Me Are You Tired"), le funk - pour l'emploi du clavinet entre autres -, la Motown, le disco ("Let it Shine"), ou plus étonnant encore un mélange de flamenco et de salsa pour le titre "Gitano". Entendre Carlos à la guitare classique n'est pas coutume, et l'on remarquera que si Walker ne chante pas ici, les autres musiciens et le guitariste lui-même s'en donnent à coeur joie sur le plan vocal. Pour en finir avec les arrangements, il convient de citer encore une rythmique et particulièrement la basse bien appuyées ("Let it Shine" en est le meilleur exemple), ainsi que chose rare également chez SANTANA, des choeurs féminins plutôt chaleureux parsemés sur ces chansons qui "bougent".

Le nombre peu élevé de titres peut refroidir un peu surtout maintenant que l'on baigne dans la génération CD, mais tous les titres sont plutôt étirés (le moins long avoisine les cinq minutes), et la qualité musicale sous tous ses aspects se charge du reste. Vraiment un excellent disque.

Note réelle : 4,5

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   MARCO STIVELL

 
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- Carlos Santana (guitares, percussions, choeurs)
- Tom Coster (pianos, orgue hammond, synthétiseurs, clavinet, ch)
- Leon 'ndugu' Chancler (batterie, percussions, choeurs)
- Armando Peraza (percussions, chant, choeurs)
- David Brown (basse)
- Greg Walker (chant)
- Maxine Willard Waters (choeurs)
- Julia Tillman Waters (choeurs)
- Ivory Stone (choeurs)


1. Dance Sister Dance (baila Mi Hermana)
2. Take Me With You
3. Let Me
4. Gitano
5. Tell Me Are You Tired
6. Europa (earth's Cry, Heaven's Smile)
7. Let It Shine



             



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