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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Membre : Porcupine Tree, Blackfield, Asia, Asia Featuring John Payne

Steven WILSON - Grace For Drowning (2011)
Par MARCO STIVELL le 23 Décembre 2011          Consultée 2918 fois

Steven WILSON a été bien avisé de faire des sorties sous son propre nom. Chronologiquement, d'abord leader de No-Man, puis de Porcupine Tree (sans doute son projet le plus célèbre), puis de Blackfield, sans compter les projets plus obscurs tels IEM ou Bass Communion, le voilà qui, depuis Insurgentes il y a deux ans, tient à faire valoir son propre nom par le biais de quelques oeuvres qui se voudront de ce fait plus personnelles.

Grace for Drowning ne fait pas exception à la règle, tant on a l'impression que Steven WILSON, le nom et l'univers, sont la meilleure synthèse de tous ces travaux différents. Ce deuxième opus solo, c'est une sorte de réunion entre Porcupine Tree, No-Man, Blackfield et les autres, tout en rajoutant une patte acoustique inédite, clairement la nouveauté de l'opus en matière de composition. Pour l'instrumentation, Steven WILSON tient comme pour Insurgentes (et en général dans son oeuvre) la plupart des guitares et claviers. Les invités sont légion, Jordan Rudess de Dream Theater par exemple, Tony Levin, Trey Gunn et Pat Mastelotto de King Crimson, Nick Beggs qui s'est fait remarquer aux côtés de Steve Hackett (et qui en une poignée de concerts est vite devenu le bassiste préféré des fans, par son jeu et sa présence scénique, depuis le début de la carrière solo du guitariste) ainsi que plus couramment, Theo Travis. A noter que ces deux derniers musiciens accompagnent Steven pour sa tournée solo.

Ce disque, à l'image de sa pochette, donne l'impression d'être un combat permanent entre l'ombre et la lumière, le long de tout un cheminement musical qui pousse la première à tenter d'effacer la seconde, mais nous verrons que Steven réussira à chasser finalement ses démons pour s'envoler encore plus haut que les oiseaux. L'instrumental "Grace for Drowning" démarre ce double disque par une ambiance feutrée au piano (joué par Rudess) sur lequel plânent un mellotron et des "la la la" rêveurs (40 pistes vocales superposées). "Sectarian" commence en acoustique, mais révèle rapidement quelques passages lourds garnis de nappes malsaines, et transcendées par un solo de sax soprano très free-jazz. C'est assurément la nouveauté pour qui connaît simplement les travaux les plus connus de WILSON, et ce dernier compte bien jouer là-dessus en profitant de la présence de Theo Travis. Des chants d'oiseaux se font entendre, puis arrive la première grande merveille du disque, "Deform to Form a Star", une chanson ponctuée par de splendides soli de guitares, passages au piano et courtes escapades "ambient" qui plairont aux habitués de No-Man. "No Part of Me", après une intro du même cru, reprend les idées "noires" de "Sectarian" et place quelques rythmiques corsées, alors que le saxophone trafiqué révèle un son proche de l'harmonica et que la basse de Nick Beggs résonne dans le lointain. "Pastcard" est à son tour archi-mélodique tout en revenant à un son plus acoustique, une perle. "Raider Prelude" est habité par une ambiance vocale proche des chants grégoriens et ramène la musique à quelque chose de malsain. Enfin, "Remainder the Black Dog", du haut de ses neuf minutes, enchaîne avec une progression de plus en plus noire à l'aide de rythmiques complexes, de solos de sax toujours aussi free, et aussi de quelques dissonances. Soit un amas de noirceur que même la 12 cordes ne parvient à adoucir.

Le deuxième disque est peut-être encore plus complexe. Il y a certes, ce "Belle de Jour" acoustique et contemplatif qui fait revenir un peu de cette lumière si chaleureuse. On retrouve cette idée sur la chanson "Track One" qui est partagée entre sa guitare classique et son chant clair et son pont inquiétant faisant la part belle aux cordes frileuses et à la distorsion. Dès "Index" cependant, l'ombre se fait plus présente, on est happé par cette batterie militaire, ce piano électrique "dark" et ces loops qu'un IEM ne saurait renier. Le combat atteint son apogée sur la fin du disque. On doit cette complexité (dans le ton de la musique comme dans l'approche de l'auditeur) à "Raider II" et ses vingt-trois minutes au compteur. Le thème inquiétant annoncé dans le prélude du premier disque est présenté au piano avec beaucoup de respirations (silences) entre chaque phrase. Puis de gros riffs sont soulignés par le saxo et tentent de dévorer la flûte, qui revient pendant une très jolie accalmie. Celle-ci est de courte durée, car arrivent des passages typiquement metal avec avalanche de notes, ainsi qu'une nouvelle tentative de free-jazz au sax soprano. Il y a une rupture au milieu du morceau, qui fait bien sentir que tout cela n'est pas terminé. La montée se fait là encore en thèmes hard, parfois épiques, avant que le mal absolu, représenté par le sax ténor (lui aussi en roue libre) ne tente un dernier sursaut dévastateur. Mais même un personnage aussi contrasté que Steven WILSON ne résiste pas à l'envie de dompter ses démons et y arrive, au profit d'une mort "ambient" progressive pour "Raider II", et d'une certaine légèreté pour "Like Dust I Have Cleared from My Eye", un genre de pop acoustique aussi limpide que ses éclats d'autoharpe et qui amorce un retour complet à la lumière, pas avant un dernier solo de guitare ceci dit.

La force d'un tel personnage, c'est justement d'arriver pour un tel projet à faire plus que jamais la distinction entre ces deux types de sentiments (pour les chansons n'en gardant qu'un) ou à les mêler (le reste). Steven WILSON a toujours été, dans Porcupine Tree notamment, capable de propos d'une grande justesse, entre charge et finesse. Ici, c'est encore le cas, et de manière encore plus ambivalente à cause de la présence de passages acoustiques et d'autres proches du métal ou du free-jazz. Les saxophones et autres vents apportent une touche particulière, d'une richesse aussi importante que n'importe quel autre instrument plus "traditionnel" du disque. Quoi qu'il en soit, Grace for Drowning est une nouvelle corde tendue à l'arc de WILSON qui amène la flèche à percer au bon endroit (à gauche dans la poitrine).

Note réelle : 4,5 pour le talent.

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   MARCO STIVELL

 
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- Steven Wilson (chant, guitares, claviers, basse, autoharpe, progr)
- Jordan Rudess (piano)
- Nic France (batterie)
- Theo Travis (saxophones, clarinettes, flûte traversière)
- Ben Castle (clarinette)
- Nick Beggs (basse, chapman stick)
- Tony Levin (basse)
- Pat Mastelotto (batteries acoustique et électrique)
- Trey Gunn (warr guitare, basse)
- Markus Reuter (touch guitare)
- Mike Outram (guitare)
- Sand Snowman (guitare acoustique)
- Le London Session Orchestra (cordes)
- Dave Stewart (arrangements de l'orchestre et des choeurs synergy)


- deform To Form A Star
1. Grace For Drowning
2. Sectarian
3. Deform To Form A Star
4. No Part Of Me
5. Pastcard
6. Raider Prelude
7. Remainder The Black Dog

- like Dust I Have Cleared From My Eye
1. Belle De Jour
2. Index
3. Track One
4. Raider Ii
5. Like Dust I Have Cleared From My Eye



             



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