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2011 Grace For Drowning
2013 The Raven That Refuse...
2015 Hand. Cannot. Erase.
2016 4 ½
2017 To The Bone
2018 Home Invasion
2021 The Future Bites
 

- Membre : Porcupine Tree, Blackfield, Asia, Asia Featuring John Payne
- Style + Membre : No-man

Steven WILSON - The Future Bites (2021)
Par BRADFLOYD le 27 Janvier 2021          Consultée 1860 fois

Le dernier bébé de Steven WILSON va faire grincer bien des dents. Surtout celles de ceux qui n'auront pas compris que le binoclard s'était mis un point d'honneur à ne jamais faire le même disque d'une livraison à l'autre, et ce depuis le début de sa carrière, il y a déjà 35 ans.

Déjà, sur l'album précédent, certaines dents avaient déjà grincé, l'intéressé revendiquant d'être l'héritier des Peter GABRIEL, Kate BUSH, TEARS FOR FEARS et autres TALK TALK, voire d'ABBA à travers ce titre controversé "Permanating". Mais, sur scène, mélangés aux autres titres de sa carrière, on pouvait sentir une continuité, une filiation telle que les arguments de ses détracteurs* ne tenaient plus. Si je cite "Permanating", c'est que ce titre lui a permis de bénéficier d'une audience plus large (ce qui est largement mérité vu le talent du bonhomme) et, surtout, il est la porte qui ouvre vers cet album, le succès de To The Bone l'ayant conforté dans son idée d'explorer le versant plus pop de sa musique. Tout cela pour dire que, d'entrée, si vous n'avez pas aimé cette direction prise par Steven WILSON il y a quatre ans, vous risquez de grincer encore plus des dents à compter du 29 janvier 2021. En quelque sorte, il nous fait le coup de Peter GABRIEL avec l'album So, album d'une certaine rupture artistique, ou de Let's Dance pour Bowie.

Déjà, le single "Personal Shopper" avait donné une idée de l'orientation. Un beat techno, une voix de tête surexploitée et des claviers largement mis en avant. Le report de la sortie de cet album, initialement prévu en juin 2020, pour cause de pandémie mondiale avait mis ma patience à rude épreuve. "Personal Shopper" allait-il être le résumé de cet album, la pierre angulaire ?

En fait, oui et non. Commençons par les choses qui fâchent : exit les grosses guitares électriques. Celles-ci se voient remplacées par des guitares acoustiques, sauf sur "Follower" où la distorsion jette un pont vers les productions des années 2000 de PORCUPINE TREE. En fait, ce sont les claviers qui sont les maîtres de ce disque, mais, si dans l'absolu, cela n'est pas incongru dans la disco de Steven WILSON (écoutez les disques de NO-MAN, BASS COMMUNION, voire même les débuts de l'Arbre Porc-Epic), ce qui me paraît gênant est, non pas ce retour à ses tous débuts, lorsque la batterie n'était qu'une boite à rythmes, mais plutôt le son des beats, les pads rythmiques ressemblant étrangement à ce que j'exècre dans le son d'aujourd'hui, notamment en provenance de ces groupes dits de R'N'B'. En bref, Steven WILSON, pourtant doué en terme de production, irait presque à se prostituer pour avoir le son de la modernité et toucher un nouveau public. Alors, certes, ce ne sont pas tous les morceaux qui sont traités de la sorte. Les titres les plus rapides bénéficient d'une vraie batterie. Mais cela fait tâche et n'incite pas à l'écoute.

Ensuite, certains titres me paraissent faibles. L'entrée en matière, par exemple. "Unself" / "Self" n'ont pas des mélodies imparables. Ils se distinguent, par contre, par les chœurs féminins que l'on va retrouver tout au long de l'album et par un travail sur le son impressionnant, hors pads. Clairement, par cet artifice, "Self" en devient entêtant, un peu comme "Love You To Bits" de NO-MAN malgré un refrain assez pauvre du point de vue de la mélodie. De même, "Man Of The People" n'est pas extraordinaire. Gonflée à l'écho, cette chanson bénéficie de ces fameux pads qui la dénaturent complètement. Enfin, "Count of Unease" qui clôt l'album nous endort dans une ouate des plus épaisses, et pourrait être la chanson la plus progressive de l'album, un peu comme le faisait Mark Hollis lorsqu'il a décidé que TALK TALK ne serait plus une machine à tubes. Cependant, à la fin du titre, on se rend compte que l'on en a rien retenu. Titre très ambitieux mais incongru, et pour quel résultat ?

Parce que, cet album très court (42 minutes) contient par trop des titres très différents les uns des autres. Un certain manque d'unité se fait sentir, comme si Steven WILSON souhaitait proposer une espèce de fourre-tout lui permettant d'élargir son auditoire et que celui-ci soit plus intelligent que la plupart de ceux qui n'écoutent que de la "pop facile". Mais, comme il s'agit de Steven WILSON, cette pop facile est plus riche qu'il n'y paraît à première écoute. Et c'est là que l'on peut aborder les vraies réussites, même si les appréciations pourront aisément diverger suivant chacun d'entre nous.

En vraies réussites, nous avons "King Ghost", et ce malgré les fameux pads électroniques, avec la voix de tête de l'intéressé qui n'est jamais monté aussi haut, "12 Things I Forgot" qui pourrait provenir d'une séance d'enregistrement d'un des deux premiers albums de BLACKFIELD, le funk-électro clappé de "Eminent Sleaze" agrémenté d'un travail à la basse assez fantastique de Nick BEGGS, hommage appuyé à PRINCE (SW en est un fan, au point qu'il l'avait repris dans son album "Cover"), "Personal Shopper" dont la mélodie ne me lasse pas depuis plus de huit mois, et "Follower", un titre très new wave syncopé comme savaient le faire les BUGGLES, notamment dans Adventures In Modern Recording, leur second album.

Album vraisemblablement le plus ambitieux pour Steven WILSON, notamment dans sa recherche d'un nouveau public, celui-ci risque de perdre nombre de ses fans d'origine qui ne se reconnaîtraient plus dans la direction prise par le maître. Pourtant, si la prise de risque est assumée, cet album n'est pas si étranger à l'ensemble de la disco de l'intéressé. Mais, malheureusement, l'Anglais à lunettes ne va pas jusqu'au bout de la démarche et ceci est regrettable. Parce que, tant qu'à faire dans la rupture à tendance électronique, autant y aller franchement en virant les trois titres décevants et en les remplaçant par ceux qu'il a sortis dans The B-Sides Collection et qui font partie de ce que notre homme a produit de mieux depuis ses débuts. Ainsi, "Eyewitness" et son rythme rapide et entêtant sur une mélodie rappelant les meilleurs morceaux de VISAGE ou autres ULTRAVOX, "In Floral Green" qui n'aurait pas dépareillé dans les meilleurs moments de BLACKFIELD ou même de PORCUPINE TREE, "Move Like A Fever" qui porte bien son nom et qui est une véritable machine à danser tout en planant, comme si le lien se faisait entre JARRE, DAFT PUNK et DEPECHE MODE dans ses premières années. Hautement addictif. Enfin, la version revisitée par TANGERINE DREAM de "King Ghost" est supérieure à la version originale, même si elle n'est qu'instrumentale, avec ses 9'24 au lieu des 4'06 de base.

Album de rupture, certes, mais aussi de continuité dans les thèmes abordés par l'anglais, tournant autour des questions fondamentales du moment, dont le pouvoir des réseaux sociaux et le consumérisme à outrance. Il le reconnaît lui-même, il fait partie de ces gens qui achètent des choses inutiles, par collection ou simple plaisir, et cette fièvre acheteuse dénoncée dans "Personal Shopper" est illustrée jusque sur son site où vous pouvez vous procurer moult versions du disque, avec les goodies qui vont avec, les goodies seuls, du papier toilette (sold out, vraisemblablement à cause de la COVID), des pilules revigorantes (sold out), de l'air en conserve (sold out) voire même l'unique exemplaire de "The Future Bite Ultra Deluxe Music Product On Obsolete Media" qui contient, entre autres, les partitions écrites de la main de l'auteur, les B-Sides qui n'existent qu'en dématérialisées actuellement, le test de pressage de l'album, les titres "Salvaging" et "Veneno Para Las Hadas" qui sont inédits à ce jour, des peintures originales signées Hajo Mueller, des Polaroïds des sessions photos, le sac d'ordi ayant servi dans le clip de "Eminent Sleaze", le tout pour la modique somme de 10.000 Livres, soit €11,385.24. Ultime pied de nez à la société de consommation à laquelle nous participons tous, sans que nous puissions dire s'il s'agit d'un joke ou non. Je suis curieux de savoir si quelqu'un est prêt à investir cette somme pour acquérir cet objet.

Pour conclure, cela fait une dizaine de fois que j'écoute cet album très électronique, très loin de The Raven ou de Hand.Cannot.Erase. Et je vous invite à en faire de même, sans préjugés. Au départ très déçu par le travail le plus en solo de notre homme, je dois reconnaître qu'il entre progressivement dans mon cerveau au point que les trois étoiles lui sont acquises, malgré les défauts que j'ai relevés. Mais, il aurait contenu les titres manquant des B-Sides et là, j'aurai crié au chef-d'oeuvre et n'aurais pu que lui mettre au moins quatre étoiles. Dommage. Ce qui va m'obliger à compléter encore ma collection parce que, je ne sais pas pour vous, mais moi, je déteste le dématérialisé… Et je suis prêt à acheter tout plein de trucs inutiles, à commencer par des disques. Consommation, quand tu nous tiens**…


* Vous savez, ceux qui considèrent qu'un artiste leur appartient et qu'il n'a droit de jouer que la musique que eux veulent, sinon c'est un vendu, parce que sa musique est devenue commerciale, ce fameux gros mot, comme si un artiste ne cherchait pas à vivre de sa musique parce qu'un artiste doit vivre au dessus des contingences matérielles …
** La version Deluxe contient, entre autres, "Personal Shopper" en version 19 minutes, et quelques inédits dont "Ha Bloody Ha", "Move Like a Fever", "I Am Cliche", "Wave the White Flag", "In Pieces" et "Every Kingdom Falls".

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   BRADFLOYD

 
  N/A



- Steven Wilson (chant, guitares, claviers, percussions)
- David Kosten (programmation, drones)
- Nick Beggs (basse, chapman stick)
- Michael Spearman (batterie)
- Richard Barbieri (synthesizer sur 'self')
- Adam Holzman (synthesiser sur 'follower')
- Bobbie Gordon (chant, choeurs)
- Crystal Williams (chant, choeurs)
- Wendy Harriott (chant, choeurs)
- Fyfe Dangerfield (chant / choeurs)
- Rou Reynolds (chant, choeurs)
- Rina Mushonga (chant, choeurs)
- Mos Capri (chant, choeurs)
- Jakl (chant, choeurs)
- Blaine Harrison (chant, choeurs)
- Jack Flanagan (chant, choeurs)
- Elton John (voix sur 'personal shopper')
- Rotem Wilson (voix sur 'personal shopper')
- London Session Orchestra (sur 'eminent sleaze')


- cd1
1. Unself
2. Self
3. King Ghost
4. 12 Things I Forgot
5. Eminent Sleaze
6. Personal Shopper
7. Man Of The People
8. Follower
9. Count Of Unease

- blu-ray Bonus Material:
- the Future Bites En Haute Résolution Stéréo, 5.1
- vidéos De 'personal Shopper', 'eminent Sleaze' E

- cd2 (edition Deluxe)
1. Unself (instrumental)
2. Self (instrumental)
3. King Ghost (instrumental)
4. 12 Things I Forgot (instrumental)
5. Eminent Sleaze (instrumental)
6. Personal Shopper (instrumental)
7. Man Of The People (instrumental)
8. Follower (instrumental)
9. Count Of Unease (instrumental)

- cd3 (edition Deluxe)
1. Personal Shopper (extended Remix)
2. Unself (long Version)
3. Ha Bloody Ha
4. Move Like A Fever
5. King Ghost (extended Remix)
6. I Am Cliche
7. Wave The White Flag
8. Eminent Sleaze (extended Remix)
9. In Pieces
10. Every Kingdom Falls

- Cassette Avec Quatre Démos.



             



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