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DISCO-PROG-FUNK  |  SINGLE

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2011 Grace For Drowning
2013 The Raven That Refuse...
2015 Hand. Cannot. Erase.
2017 To The Bone
2018 Home Invasion
 

- Membre : Porcupine Tree, Blackfield, Asia, Asia Featuring John Payne

Steven WILSON - Personal Shopper (2020)
Par BRADFLOYD le 9 Mai 2020          Consultée 2019 fois

Steven WILSON est vraiment un mec hors-normes. Déjà, c'est un musicien progressif. Non pas parce qu'il est réputé dans ce genre de musique, mais tout simplement parce qu'aucun album qu'il a pu sortir depuis plus de trente ans ne ressemble en totalité à un autre. Et ce malgré une patte "WILSON" aisément reconnaissable. En perpétuelle évolution, cet ascète de la musique que certains dont je fais partie qualifient de génie, sans attaches sentimentales pour se consacrer en totalité à son art, nous surprend à chaque opus, au risque de s'aliéner une partie de son public tout en développant une fan base toujours plus large.

L'excellent "To The Bone", sorti en 2017, avait déjà montré que l'éternel "adulescent" était capable de se réinventer sur la base de ce qu'il écoutait dans les années 80, les Peter GABRIEL, Kate BUSH, TEARS FOR FEARS ou autres TALK TALK en récupérant même, au passage, l'harmoniciste Mark FELTHAM qui avait si bien accompagné la bande de Mark HOLLIS. En relisant la chronique d'Aigle Blanc, deux remarques avaient retenu mon attention. Au sujet de "Permanating", mon distingué confrère estimait que "ce titre hyper accrocheur, … bien que parfaitement composé et exécuté, ne dépasse pas le cadre du simple exercice de style… Il est un pas entre l'hommage sincère et l'opportunisme que ce titre amorce dangereusement". Le problème est que cela fait écho à ce que disait Steven WILSON sur son désir d'être enfin reconnu, après 30 ans passés dans un quasi-anonymat hors du cercle des amateurs de PORCUPINE TREE, et il est vrai que la démarche s'est avérée payante, notamment chez les grands Bretons puisque ce titre a trusté les ondes durant plusieurs semaines, ce que tous les anciens opus de S.W. n'avaient pu obtenir malgré leurs qualités évidentes. Sur ce sujet, d'ailleurs, nombres d'anciens fans criaient à la trahison et se détournaient de leur héros devenu "commercial" comme si, bien entendu, la musique n'était pas un commerce ou bien que les artistes ne cherchaient pas la reconnaissance pouvant leur permettre de bénéficier de revenus plus conséquents pour l'avenir. D'autant plus que les ventes de ses albums antérieurs ont pu bénéficier eux-mêmes de cette mise en lumière bienvenue.

La seconde remarque d'Aigle Blanc tenait dans l'interrogation sur le "visage (abordé par) le prochain opus de Steven WILSON" et "l'incertitude (qui dominait) concernant l'intégrité de sa discographie à venir". La réponse se trouve dans "Personal Shopper", le single qui vient de sortir et qui annonce le prochain album à venir le 12 juin prochain et baptisé "The Future Bites". Et, à mon avis, ceux qui auront été perdus à l'occasion de la sortie de "To The Bone" ne reviendront pas, "Permanating" ayant ouvert la voie à une musique qui s'éloigne encore plus du rock progressif et du heavy metal tels que nous les connaissions depuis la fin de années 90 à travers PORCUPINE TREE et les efforts en solo de l'homme à lunettes. Il faut dire que les concerts supports au dernier album, sur ce titre en particulier, voyaient le public encouragé à danser par le maître de cérémonie, ce qui est plutôt incongru lorsque ce public se trouve coincé dans les fauteuils de l'Olympia et que la danse n'est pas forcément sa préoccupation première pour ce type de concerts. Mais, bon, ça marchait et Steven WILSON pouvait se trouver globalement satisfait de l'accueil qui avait été réservé à son dernier rejeton (3ème dans les charts US et anglais, second en Allemagne etc).

"Personal Shopper" pourrait être qualifié de "funk-prog", un truc hybride ne se départissant pourtant pas en totalité de ce que Steven WILSON faisait avec son ancien groupe. Les premières seconde du single nous ramènent 30 ans en arrière, lorsque PORCUPINE TREE n'était encore le groupe que d'un seul homme et que celui-ci explorait les effets du LSD sur le cerveau d'un individu sur une journée ("Voyage 34" sorti en 1992/93). Effets trans, beat dansant et la voix de tête déjà expérimentée dans l'album précédent entrent en piste avant que le groove du couple basse/batterie (Nick BEGGS toujours aussi excellent) ne nous envahisse. Si vous aimiez les premières expérimentations de l'arbre porc-épic au début des années 90, vous allez adorer. A 2'10, les chœurs féminins nous transportent sur le versant funk disco typé 70's du titre (avec une filiation possible en direction de CERRONE ou de Giorgio MORODER). A 2'40, changement de versant sur le pont, comme pour "Permanating" qui flirtait avec la production de la fin des années 60, Steven WILSON employant une ligne mélodique avec voix superposées que n'aurait pas reniée Arjen LUCASSEN dans son album solo, "Lost In The New Real". À 5'26, la voix parlée de sir Elton JOHN est utilisée, sur une guitare électroacoustique avec forte reverb (référence à FRANKIE GOES TO HOLLYWOOD ?), pour faire la litanie de tout ce qui fait la société de consommation, objet de la critique de la chanson.

Qu'il vise les discothèques ou non, Steven WILSON montre encore une fois qu'il est en perpétuelle évolution avec une production d'une luminosité incroyable pour un titre hautement addictif et de grande qualité. Vivement le 12 juin prochain la sortie de l'album qui, s'il est à l'avenant, pourra être qualifié d'album de l'année, n'en déplaise aux éternels nostalgiques d'un âge qui n'est plus.

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- Steven Wilson (synthesisers-samplers-guitares-percussions-voix)
- David Kosten (programmation)
- Elton John (voix)
- Rotem Wilson (voix)
- Nick Beggs (basse)
- Michael Spearman (batterie)
- Wendy Harriott (chœurs)
- Bobbie Gordon (chœurs)
- Crystal Williams (chœurs)
- Fyfe Dangerfield (chœurs)


1. Personal Shopper (9'51)
2. Personal Shopper (edit) (3'55)



             



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