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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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2011 Grace For Drowning
2013 The Raven That Refuse...
2015 Hand. Cannot. Erase.
2017 To The Bone
2018 Home Invasion
 

- Membre : Porcupine Tree, Blackfield, Asia, Asia Featuring John Payne

Steven WILSON - 4 1/2 (2016)
Par AIGLE BLANC le 29 Mars 2016          Consultée 2093 fois

L'année 2008 marque une étape essentielle dans la carrière musicale de Steven WILSON. Après s'être caché sous les entités respectives de ses divers projets (PORCUPINE TREE, NO-MAN, BLACKFIELD...), le quadagénaire binoclard le plus célèbre de la scène indé s'est enfin lancé dans une carrière solo que son public a accueillie comme une indéniable évidence. Mais dans l'esprit du principal concerné, il n'en a pas été de même. Bien que les progueux de tout poil l'aient adoubé, depuis ses débuts à l'orée des années 90, comme la relève la plus importante du Rock Progressif, longtemps l'auteur-compositeur-interprète n'a pas assumé cette filiation essentielle à la compréhension de son oeuvre. Quand un journaliste relevait ses accointances avec le style musical ayant porté GENESIS and co' au firmament de la gloire à l'époque bénie des seventies, il répondait évasivement, visiblement gêné qu'on lui prête une telle parenté.

Il ne s'est expliqué sur cette gêne qu'à la sortie de son second album solo, Grace For Drowning, en 2011, année au cours de laquelle les mentalités dans la presse musicale, et des critiques Rock en particulier, ont évolué jusqu'à rendre obsolète le discrédit majeur dont fut victime pendant près de trente ans le Rock progressif. En effet, le trio des dinosaures YES, EMERSON LAKE & PALMER, GENESIS fut accusé de tous les noms : intellos prétentieux et pompeux ayant failli tuer le rock à sa racine. Ils n'étaient pas des rockeurs à cause entre autres de leurs origines issues de la Classe Moyenne britannique, parce qu'ils avaient pour la plupart fréquenté le gazon des universités du Royaume-Uni. On leur reprochait donc une approche auteurisante de la musique, trop admiratifs de la Musique Classique.

Pareil rejet de ceux qui font pourtant la pluie et le beau temps des modes musicales les plus passagères avait fini par brimer notre intellectuel Steven WILSON dont la carrière solo peut être accueillie comme l'épanouissement d'un artiste libéré de ses tabous et qui affiche enfin sans honte ses racines musicales. Depuis 2008, Steven WILSON n'a eu de cesse de signer la version remixée des grands classiques du rock progressif, de EMERSON, LAKE & PALMER, JETHRO TULL en passant par KING CRIMSON, à l'occasion de splendides rééditions vinyles. Et sa musique du coup s'est épanouie, révélant une richesse et une générosité inédites que même les meilleurs albums de PORCUPINE TREE n'avaient fait qu'esquisser.

C'est après trois albums majeurs que sort 4 1/2, le petit dernier de S. WILSON. Ce titre énigmatique annonce cependant clairement la couleur. Cinquième opus du binoclard, il est assumé pour ce qu'il est, ni plus ni moins qu'un recueil de titres issus des sessions des deux précédents albums. L'artiste s'était déjà rendu coupable d'un tel méfait en 2007, à l'occasion de la sortie du EP Nil Recurring qui n'était que le rejeton du LP Fear Of a Blank Planet, autrement dit un recueil de chutes de studio. 4 1/2 donc par sa durée plus que modeste (35 minutes) n'est que l'ombre d'un album, une portion d'album, d'où son titre ne l'autorisant pas à assumer sa cinquième position dans l'oeuvre solo de l'artiste. On pourrait soupçonner WILSON d'un certain opportunisme, de vouloir abuser de la passion que lui vouent ses fans qui se ruent tête baissée sur chacune de ses livraisons. Même si une telle critique n'est pas sans fondement, elle doit être nuancée. Steven WILSON par sa productivité impressionnante et la qualité constante de son inspiration n'est pas le premier venu. Si le terme de génie est bien galvaudé aujourd'hui, force est d'admettre que WILSON pourrait lui redonner son sens en l'incarnant de façon presque convaincante. Si 4 1/2 est un album mineur dans sa discographie, il vaut bien le très bon EP d'un groupe de deuxième division.

Le principal souci de 4 1/2 provient de la disparité de ses sources musicales. Parmi ses 6 titres, "Happiness III" et "Sunday Rain Sets In" sont issus des sessions d'enregistrement de Hand, Cannot, Erase (2014). L'écriture de "My Book Of Regrets" et "Vermillioncore" commencée en 2013 n'a été achevée qu'en juin 2015. "Year Of The Plague" date des sessions de The Raven That Refused To Sing (2013). "Dont Hate Me" est le réenregistrement d'un ancien titre de Porcupine Tree qui figurait dans l'excellent Stupid Dream (1998). A cela s'ajoute la disparité des formats qui alterne 3 titres chantés et 3 pièces instrumentales.

Soyons clair : pris séparément, chaque titre suscite un intérêt qui peut varier de l'anecdotique pas déplaisant à l'excellent. Mais une fois réunis, ils dégagent un vague sentiment d'inabouti dû à l'absence de cohésion d'ensemble. Pour ne pas risquer de contresens, il vaut sans doute mieux aborder cette galette comme une compilation de titres rares qui, sans déshonorer leur auteur, n'ajoutent cependant rien de consistant à sa gloire. On retrouve l'habituel tiraillement entre de longues compositions savantes livrant un rock progressif teinté de passages ambient, comme dans "My Book Of Secrets" et "Don't Hate Me" qui réunissent toutes les caractéristiques de Steven WILSON, et de simples chansons pop rock, format dans lequel il excelle à nouveau avec le très bon "Happiness III" où alternent dans une grande osmose un refrain aérien addictif et des couplets aux riffs de guitare plus appuyés. Bien qu'affectionnant les titres plus complexes, l'auteur-compositeur-interprète se révèle souvent plus convaincant dans ce format 4 minutes quand il s'autorise la simplicité comme modalité de séduction.

Les plages instrumentales sont toutes intéressantes, évoluant dans une humeur volontiers rêveuse, un brin mélancolique, flirtant avec l'Ambient tout en évitant la mièvrerie et la facilité. Laissez-vous bercer par la belle "Sunday Rain Sets In" où un violon nostalgique offre un contrepoint poétique à des parties plus explosives réveillant les grands moments du rock progressif. Quant à "Vermillioncore", elle présente la veine la plus crimsonienne de S. WILSON avec sa basse entêtante chauffée au fer blanc, sa guitare abrasive aux effluves metal et son minimoog psychédélique aux accents funky. "Year Of The Plague" charme avec son violon subtil et son piano délicat dans une atmosphère lunaire particulièrement apaisante.

Si 4 1/2 reste anecdotique, il n'en demeure pas moins une belle entrée en matière pour le néophyte souhaitant découvrir l'artiste dans un album court où l'expérimentation ne prend jamais des allures rébarbatives. Bref un bon exemple de musique savante accessible.

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   AIGLE BLANC

 
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- Steven Wilson (voix, guitares acoustique et électrique, guitare b)
- Dave Kilminster (guitares)
- Guthrie Govan (guitares)
- Nick Beggs (guitare basse, solo stick)
- Craig Blundell (batteries, batteries électroniques)
- Chad Wackerman (batteries)
- Marco Minnemann (batteries)
- Adam Holzman (wurlitzer, fender rhodes, orgue hammond, minimoog)
- Theo Travis (saxophone, flûte)
- Ninet Tayeb (voix)


1. My Book Of Secrets
2. Year Of The Plague
3. Happiness Iii
4. Sunday Rain Sets In
5. Vermillioncore
6. Don't Hate Me



             



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