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PRINCE - Controversy (1981)
Par MARCO STIVELL le 21 Juillet 2012          Consultée 2004 fois

En cette première période de sa carrière, PRINCE enchaîne les albums sur un rythme d'enfer, bien qu'ils soient encore assez personnels pour qu'il les étiquette sous son propre nom .

Controversy fait suite à l'incisif Dirty Mind en se faisant encore plus exubérant. Il s'agit comme pour les précédents d'une réalisation de PRINCE seul, où il tient tous les instruments et s'attèle à la production. Comme sur l'opus d'avant, certains musiciens de son groupe de scène à savoir Dr. Fink et Lisa Coleman font de petites apparitions sur « Jack U Off ». On remarquera au passage une pochette moins flashy qu'auparavant, mais pas franchement moins clean.

En fait, ce disque est le plus sérieux, le plus contestataire de l'artiste qui introduit des considérations politiques, sociales à ses textes. Sur « Annie Christian » par exemple, et comme l'indique l'article de la pochette, PRINCE se met dans la peau d'un juge qui condamne une femme devenue folle et criminelle à mort, le tout sur un mode évidemment sinistre. La voix du chanteur résonne comme dans une cabine, mais malgré la dureté du texte, il n'a pu s'empêcher de faire sonner le tout à sa manière, avec plein de bruitages marrants aux synthés, boîtes à rythmes kitschs (la fameuse Linn Drum !). On est assez proche de la cold-wave n'empêche ! Pour le court « Ronnie, Talk to Russia », c'est de la Guerre Froide et de l'arrivée de Reagan au pouvoir dont il est question. On y retrouve une batterie militaire folle, un orgue vintage, un tempo sixties et de superbes parties de guitares. Sur « Controversy », le premier poids lourd de ce disque, recentre sur lui-même et dénonce l'attitude trop présente des médias à son égard. Etiré sur huit minutes, ce morceau fait un peu office de « I Wanna Be Your Lover » dans la structure quoique le refrain est mieux réparti sur l'ensemble, en tout aussi tubesque et en plus tranchant. Mélodiquement, c'est une réussite tout comme dans le choix d'arrangements. Rythmique disco-funk, synth-brass 80's, polyphonie vocale sur les refrains, et bien sûr cette guitare qui gémit participent grandement à rendre ce titre passionnant. Le beat mélangé avec les synthés sonne comme de la techno avant l'heure, préfigurant l'électro-rock des années 90 !

Bien que plus sérieux, cet album n'oublie pas de mettre en valeur les caractéristiques qui ont fait la force de la musique de PRINCE jusqu'alors. « Let's Work », l'un des highlights de l'album, réemploie le même style de basse syncopé que « Partyup » de Dirty Mind, et dont PRINCE se servira encore beaucoup par la suite. Cette ligne est néanmoins restée mythique. Et bien sûr en ce qui concerne les textes, on retrouve les allusions au sexe, au sexe et surtout au sexe, de manière encore plus marquée que d'habitude. Sur la seule ballade présente, « Do Me, Baby », il se fait tendre puis amène une certaine fièvre tant vocale que musicale en simulant carrément un orgasme ! La fin est dominée par les claviers, comme pour signaler l'arrivée au septième ciel... « Private Joy » et « Sexuality » s'inscrivent directement dans la pop FM eighties avec force basses-synthé, mais aussi guitare démente qui joue sur les panoramiques et bien sûr un chanteur au top qui exulte, passe en un rien de temps de sa voix normale à sa voix de tête, à grand renfort de « Sexuality is all I never need » et consorts... La batterie tribale donne une couleur particulière à "Sexuality". Un sommet est encore atteint sur l'ode à la masturbation privée, « Jack U Off », où les influences rockabilly de l'homme de Minneapolis ressortent en grande pompe. Comme d'habitude, le ton est fun, souvent kitsch mais pas moins jouissif.

Controversy se situe ainsi tout à fait dans la lignée des disques d'alors, fidèle à l'esprit de Dirty Mind. Un opus pas si long que ça -et qui ne laisse rien voir venir du projet suivant-, direct peut-être pas toujours en termes de durée mais en tout cas dans le propos, d'une efficacité redoutable y compris dans les instants les plus touffus... Le son si particulier de l'artiste s'affirme encore et on note un progrès assez net dans l'arrangement, qui confère une certaine unité à des titres comme « Controversy », le genre de ritournelle propre à l'époque mais ne reculant pas devant un peu d'audace. Ce qui est aussi remarquable, c'est qu'après des débuts discographiques où l'essentiel du chant ne reposait que sur des voix de tête bien dans le ton d'alors, PRINCE assume désormais mieux sa véritable voix, d'une assez grande beauté y compris lorsqu'elle est utilisée de manière légère. Même musicalement, PRINCE devient vraiment identitaire à partir de ce disque, avec son funk mâtiné de new-wave robotique. Le succès va grandissant, la qualité aussi décidément. Rendez-vous en 1983 pour des aventures plus enrichissantes encore !

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Prince (chant, guitares, basse, claviers, programmations)
- +
- Bobby Z. (batterie)
- Brown Mark (basse)
- Lisa Coleman (choeurs, claviers)
- Dr. Fink (claviers)
- Dez Dickerson (guitare électrique)


1. Controversy
2. Sexuality
3. Do Me, Baby
4. Private Joy
5. Ronnie, Talk To Russia
6. Let's Work
7. Annie Christian
8. Jack U Off



             



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