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VIOLENT FEMMES - Violent Femmes (1983)
Par JOVIAL le 11 Janvier 2013          Consultée 1643 fois

Les VIOLENT FEMMES, malgré leur nom, sont bien des hommes. Trois bons gars pour être tout à fait exact, qui constituent l'un des trios les plus atypiques que le Wisconsin ait jamais connu. Originaires des banlieues crasseuses et ouvrières des bords du lac Michigan, le groupe a longtemps tourné dans les bars enfumés de la dangereuse Milwaukee avant de se faire repérer par James Honeyman-Scott, guitariste des Pretenders, qui leur propose le 24 août 1981 de monter avec eux sur la scène du fameux Oriental Theatre lors d'un concert de sa formation le soir-même. Dès lors, les VIOLENT FEMMES ne vont cesser de grandir, d'écumer les salles de la région jusqu'à sortir leur premier album, qui demeure encore aujourd'hui l'un des disques de références du folk américain.

Violent Femmes est une œuvre résolument punk, mais allant pourtant à l'encontre de tous les canons de l'époque. Basse et guitare électriques sont régulièrement troquées pour des instruments acoustiques, donnant à cette musique une saveur inédite, étonnamment piquante. Le monstrueux Brian Ritchie nous régale de ses lignes de basse bien râpeuses, tandis que les pulsations sèches du remuant Victor DeLorenzo renforcent sans cesse la fougue de morceaux intelligemment construits et souvent d'une violence âpre mais toujours mesurée. Les mélodies sont irrésistibles, de même que les textes, remarquablement mis en valeur par le chant nasillard et toute l'ironie de Gordon Gano, qui de la première à la dernière minute habite littéralement le disque. Les moments d'anthologies se succèdent et s'enchaînent dès la première piste, l'enjouée « Blister In The Sun », premier succès du groupe, incarne alors à la perfection tout l'art des VIOLENT FEMMES : un parfait compromis entre folk et punk-rock, une énergie folle et souvent une envie de tout foutre en l'air. L'incroyable « Add It Up » se pose ici comme un chef-d’œuvre en quatre minutes, avec un groove qui ne pardonne pas, un chant à se taper la tête contre les murs, une basse vivace et une guitare bien acide, pour une montée en puissance dont l'explosion finale n'est pas prête d'être oubliée.

L'électrique revient parfois à la charge, notamment en fin de disque, d'abord discrètement sur l'efficace « Prove My Love », puis de manière plus affirmée avec la très punk « Promise » ou enfin la ballade cynique et corrosive de « To The Kill », qui montre un groupe capable de se tempérer, pouvant rester agressif sans pour autant jouer la carte offensive. L'angoissée « Confessions » l'illustre sans doute encore mieux, lugubre et tranchante, sur laquelle Victor DeLorenzo semble pour une fois vouloir se contenir. Brian Ritchie en revanche ne se prive pas et, durant toute la durée du disque, nous gave de ses succulentes performances à la basse, voire au xylophone pendant l'hommage du trio à Willie Dixon, l'excellente « Gone Daddy Gone ».

Contre toute attente, c'est avec une ballade que les VIOLENT FEMMES ont choisi de conclure ce premier album. Plus apaisée, « Good Feeling » aurait pu tout gâcher, car il faut dire qu'on ne s'attendait pas vraiment à une telle composition, encore moins en fin de partie. C'est pourtant à ce jour le plus grand succès du groupe et sans aucun doute son morceau le plus magnifique. Assisté de l'obscur Mark Van Hecke au piano, Gordon Gano et son violon nous tirent des larmes comme rarement une ballade folk n’a été en mesure de le faire. C'est tout du moins mon cas.

Violent Femmes est une œuvre rare et précieuse. Rarement un groupe aura été capable de concilier avec tant de talent deux styles – voire plus – en apparence si éloignés. Plus qu'un album culte, ce disque est un véritable coup de maître, injustement méconnu sous nos latitudes, propulsant à l'époque le groupe sur le devant de la scène et redonnant un certain souffle au folk américain, qui depuis longtemps commençait à manquer d'énergie, dont les VIOLENT FEMMES, au contraire, n'ont jamais cessé de déborder.

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- Gordon Gano (guitare/chant/violon)
- Brian Ritchie (basse/xylo/choeurs)
- Victor Delorenzo (batterie/choeurs)
- Mark Van Hecke (piano)
- Luke W. Midkiff (percussions)


1. Blister In The Sun
2. Kiss Off
3. Please Do Not Go
4. Add It Up
5. Confessions
6. Prove My Love
7. Promise
8. To The Kill
9. Gone Daddy Gone
10. Good Feeling



             



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