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2013 1 Bangerz
 

- Style : Britney Spears
 

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Miley CYRUS - Bangerz (2013)
Par MOONDREAMER le 12 Novembre 2013          Consultée 1826 fois

Pour les personnes (légitimement) peu intéressées par la carrière de la charmante adulescente en crise dont il est question ici, voilà un bref rappel. Miley, née Destiny Hope, CYRUS est l’exemple typique de l’enfant-star dont les tabloïds américains raffolent. Née en 1992 d’un père (Billy Ray CYRUS) jouissant d’une relative célébrité comme chanteur de country au talent très contestable, Miley rejoint très jeune le sérail de Disney Channel et devient à 14 ans l’héroïne de Hannah MONTANA, une série relatant la double vie de Miley/Hannah, collégienne le jour et pop star la nuit. Malgré la piètre qualité de son scénario et la faiblesse des chansons qui en émergent, la série s’impose comme un succès (inter)national et Hannah MONTANA devient l’icône d’une jeunesse superficielle, sage et bien élevée.

La série atteint son apogée avec un long-métrage en 2009 et malgré quelques albums capitalisant sur sa célébrité, Miley CYRUS ne commence vraiment sa carrière solo qu’après ce film, avec un EP en 2009 (The Time Of Our Lives) et un album studio un an après (Can’t Be Tamed) dans lequel la chanteuse marque sa volonté de s’éloigner de Disney et de sa période Hannah MONTANA. Mais la transformation a vraiment lieu en 2013, quand l’ex-chanteuse préférée de l’Amérique puritaine décide de lever un doigt d’honneur sur toutes les conventions et de rayer tout ce qui la liait à son passé.

Eh oui, nous sommes sérieux à FP et même les artistes les plus ridicules méritent un minimum de travail de fond. Et pour être tout à fait honnête, je trouve qu’il y a quelque chose d’à la fois dérangeant et fascinant dans cette déchéance tout à fait assumée, ce retour de flamme auquel Disney ne s’attendait surement pas. Miley incarne la chute d’un modèle qui prouve que le formatage musical et médiatique ne peut que créer des adultes déséquilibrés dont l’enfance brisée les poursuivra toute leur vie.

Mais ce qui est encore plus fascinant, c’est qu’en voulant s’émanciper d’un passé qui la dégoûte, Miley replonge les yeux fermés dans les travers de l’industrie musicale. Cherchant à (se) prouver qu’elle est enfin une adulte mûre et autonome, elle tombe de Charybde en Scylla, quittant un cliché pour un autre sans même en avoir conscience. Certes, Bangerz est bien loin de la perruque blonde de l’enfant-star trop sage et souriante, mais en hyper-sexualisant son image, Miley ne fait que suivre le chemin peu glorieux de RIHANNA et Britney SPEARS (qui est même invitée pour un featuring sur la médiocre chanson-titre).

Comment ça il faudrait analyser l’album ? Mais tout est dit voyons ! Hormis la voix de CYRUS, agréable au demeurant, rien ne distingue Bangerz d’un album de n’importe quelle pop star soi-disant émancipée et adulte. Croyant laisser derrière elle la musique trop immature de sa période Hannah MONTANA, Miley se fait guider par une équipe de producteurs et de compositeurs aussi formatante que celle de Disney.

Mais, si on prend Bangerz indépendamment de la trajectoire de CYRUS, il s’agit d’un album tout à fait passable. Au-delà de quelques étrons aux paroles aussi vaniteuses que leurs instrumentations sont agaçantes (« SMS (Bangerz) », « Love Money Party », « Hands In The Air »…), les amateurs de pop’n’b apprécieront certains morceaux plutôt sympathiques. Je me surprends à fredonner « We Can’t Stop », en dépit de ses multiples allusions ridicules à la drogue (« we like to party, dancing with Molly » ; « everyone in line in the bathroom to get a line in the bathroom » = « vas-y t’as vu, je suis une grande, je prends du MDMA et de la coke ! ») ainsi que la puissante ballade qu’est « Wrecking Ball », les deux singles dont les clips faussement subversifs ont créé la polémique sur la toile. La preuve que, malgré mes réticences, la pop produite ici est incontestablement efficace.


Et le plus intéressant, c’est que le schéma se reproduit tout au long de l’album qui réunit un ensemble cohérent de ballades et de morceaux mid-tempo, à la production aseptisée mais plutôt réussie. Ceux-ci souffrent souvent d’une faiblesse à un niveau ou un autre (« Drive » et son instru énervante, « Do My Thang » et ses paroles ridicules,…) mais se laissent écouter assez facilement. D'autres, sont même entraînants et bien pensés : « FU », en duo avec FRENCH MONTANA, développe une rythmique hypnotique et un air entêtant sur des arrangements électro dubstep efficaces. « Maybe You’re Right » est une ballade convaincante au refrain touchant et on peut encore citer « 4x4 », produit par PHARRELL, qui rappelle « Teeth » de LADY GAGA avec son pré-refrain entêtant et sa guitare hispanisante.

En fin de compte, puisque la majeure partie des morceaux, même les titres bonus, est tout à fait acceptable et moins mauvaise que ce à quoi on aurait pu s’attendre, je ferai acte de bienveillance et lui accorderai un 2/5.

S’il est bien une chose que la chanteuse a réussi ici, c’est un coup marketing spectaculaire. Aussi faux et superficiels que puissent paraître ses emprunts à la culture afro-américaine du R&B et du hip-hop, et aussi formatée que soit sa musique, Miley CYRUS devient une actrice de la pop mainstream, qu’on le veuille ou non. Et certainement pas la moins talentueuse.

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   (2 chroniques)



- Miley Cyrus (chant)
- Chad Hugo (guitare, sifflements)
- Chris Cab (guitare)
- Steven Wolf (percussions)
- Stephan Moccio (piano)
- Steve Richards (violoncelle)
- Suzie Katayama (violoncelle)
- Rudy Stein (violoncelle)
- Andrew Duckles (alto)
- Darrin Mccann (alto)
- Charlie Bisharat (violon)
- Kevin Connolly (violon)
- Paul Dateh (violon)
- Songa Lee (violon)
- Grace Oh (violon)
- Joel Pargman (violon)
- Alyssa Park (violon)
- Sara Perkins (violon)
- John Wittenberg (violon)


1. Adore You
2. We Can’t Stop
3. Sms (bangerz) [feat. Britney Spears]
4. 4x4 (feat. Nelly)
5. My Darlin’ (feat. Future)
6. Wrecking Ball
7. Love Money Party (feat. Big Sean)
8. #getitright
9. Drive
10. Fu (feat. French Montana)
11. Do My Thang
12. Maybe You’re Right
13. Someone Else
14. Rooting For My Baby (bonus Track)
15. On My Own (bonus Track)
16. Hands In The Air (feat. Ludacris) [bonus Track]



             



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