Recherche avancée       Liste groupes



      
KRAUTROCK  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Sweet Smoke, Agitation Free
- Membre : Hawkwind, Popol Vuh, Amon DÜÜl
- Style + Membre : Embryo

AMON DÜÜL II - Carnival In Babylon (1972)
Par JOVIAL le 4 Mars 2014          Consultée 2177 fois

Sans vous dévoiler les conversations internes à Forces Parallèles, souvent philosophiques et d'un sérieux presque monastique, j'ai récemment eu avec l'ami Seiji un court échange manuscrit à propos de Carnival in Babylon, le quatrième album d'AMON DÜÜL II, alors que j'entamais justement l'écriture de cette chronique (c'est fou non ?). Bref, tout ça pour dire que c'est au cours de cette incroyable joute verbale équivalente à, tenez-vous bien, trois réponses Facebook que mes deux mots d'introduction furent solennellement trouvés, résumant à la perfection l'infortuné disque que nous critiquions avec passion.

Long et niais.

Deux mots difficiles à écrire pour un groupe de la trempe d'AMON DÜÜL II. Mais que vous voulez-vous, il était presque évident qu'après les géniaux Phallus Dei, Yeti et Tanz Der Lemminge les Allemands ne pouvaient continuer sur la même voie d'excellence. Carnival In Babylon n'est pas foncièrement un mauvais album, mais il ne peut se percevoir que comme très faible vis-à-vis de ses grands frères. La faute à des morceaux souvent bancals, pourtant non dénués d'un certain charme par endroits, mais qui traînent irrémédiablement en longueur. Les voix y sont également pour quelque chose : Renate Knaup en fait des tonnes sans parvenir à nous toucher ("All The Years 'Round"), les chœurs sont d'une mièvrerie insupportable ("C.I.D. In Uruk") et comme d'habitude Chris Karrer chante comme un pied ("Hawknose Harlequin"). Plus encore, on ne retrouve pas cette ambiance si particulière qui faisait la force d'AMON DÜÜL II auparavant, Carnival in Babylon est trop fréquemment pâle et fade, n'envoûte pas son auditeur. Et ce n'est pas seulement la structure plus classique des morceaux (couplet/refrain/couplet) qui en est la cause principale. Les mélodies déjà en elles-mêmes manquent trop souvent d'épices et de punch, comblant le manque par une garniture bourrative et finalement peu convaincante.

La musique s'oriente ici vers un folk-rock plus affirmé que celui des albums précédents, qui parvient parfois à produire de bonnes choses, notamment l'enjoué "Tables Are Turned", jam agréable et sans fioritures, carrément un atout de ce carnaval à Babylone qui ne fait qu'en ajouter inutilement. C'est d'ailleurs ce qui perd "C.I.D. In Uruk", "Shimmering Sand" et "All The Years 'Round", qui ne partent jamais au bon moment, rallongeant sans cesse un débat de plus peu engageant à la base. Et même si l'outro d'"All The Years 'Round" s'avère très bonne, proche du séisme rock du "Cerberus" de Yeti, elle ne sert finalement qu'à soulager les quelques rares oreilles qui ont eu le courage d'aller jusqu'au bout.
La seconde face du vinyle semble la plus intéressante, comportant en particulier "Tables Are Turned" mais aussi la plus rock "Kronwinkl 12", deux morceaux sans grande prétention, prouvant néanmoins une fois pour toutes que lorsqu'AMON DÜÜL II consent à faire court, c'est vraiment mieux. Seule exception à la règle ici, la pièce "Hawknose Harlequin" et ses dix minutes qui renouent avec l'improvisation et un peu de couleur, malgré là encore quelques regrettables longueurs.

Triste ironie du sort, ce sont les trois bonus de la réédition allemande de 2002 qui s'avèrent quasiment meilleurs que l'album original dans son intégralité. Si "Between The Eyes" repompe allègrement "Stumbling Over Melted Moonlight" sur Tanz Der Lemminge, le très bon folk de "Light" et la psychédélique "Lemmingmania" se révèlent de très bonne facture et méritent certainement plus d'attention que le reste. On ne comprend d'ailleurs pas pourquoi elles n'ont pas été intégrées à Carnival In Babylon dès le départ. C'est un peu con. Aussi con que l'unique étoile que je lui accorde en définitive, note un peu dure je le concède mais qui, j'espère, vous fera éviter ce quatrième album que l'on aurait préféré directement être Wolf City.

Note réelle : 1,5,/5

A lire aussi en ROCK PROGRESSIF par JOVIAL :


MARILLION
Clutching At Straws (1987)
Chef-d'oeuvre inégalable du groupe anglais

(+ 1 kro-express)



GENTLE GIANT
Octopus (1972)
Barré, riche, remarquable ... un classique.


Marquez et partagez





 
   JOVIAL

 
  N/A



- Lothar Meid (basse/chant)
- Peter Leopold (batterie)
- John Weinzierl (guitares/violon)
- Chris Karrer (guitares/chant)
- Karl-heinz Hausmann (claviers)
- Falk Rogner (claviers)
- Renate Knaup (chant)
- Guests :
- Joy Alaska (chant)
- Danny Fichelscher (percussions)
- Olaf Kübler (saxophone)


1. C.i.d. In Uruk
2. All The Years Round
3. Shimmering Sand
4. Kronwinkl 12
5. Tables Are Turned
6. Hawknose Harlekin



             



1999 - 2021 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod