Recherche avancée       Liste groupes



      
POP  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Membre : Hiromi

The WHO - It's Hard (1982)
Par MARCO STIVELL le 17 Juin 2014          Consultée 1919 fois

Existe-t-il, dans la carrière des WHO, un album encore plus mésestimé que Face Dances ? Réponse : It's Hard. Encore que Face Dances doive sa mention, même négative et dans les discussions courantes, grâce à la présence de son tube imparable, «You Better you Bet». It's Hard est l'album que l'on a volontairement oublié, parce qu'il n'y a soi-disant rien à en retenir, ou, et comme dans beaucoup d'autres cas, parce qu'une écoute unique et superficielle a eu vite fait de ternir son image... Dans ce dernier cas, votre serviteur plaide coupable, au début du moins.

Et bien que It's Hard soit un succès mineur eu égard de tout ce qui a précédé (disque d'or quand même), il a aussi son single en puissance. Un morceau très atypique dans la carrière des WHO, gorgé d'influences funk. «Eminence Front» est l'oeuvre exclusive de Pete Townshend qui chante en lead (détail presque totalement absent de Face Dances) et fait joujou avec les boucles rythmiques programmées du synthétiseur Fairlight. L'accroche est excellente, John Entwistle s'amuse, tonitruant et groovy à la fois. La batterie de Kenney Jones en revanche demeure sommaire, et aurait facilement pu être remplacée par une boîte à rythmes ou une batterie électronique, mais les WHO conservent leur son rock sur l'ensemble de l'album.

De nombreux aspects rapprochent It's Hard d'anciennes productions des WHO. On note des clins d'oeil volontaires, à commencer par la pochette. Les membres du groupe sont groupés autour d'un enfant qui joue sur une borne d'arcade Space Duel, référence à Tommy évidente et actualisée. Le spectre sonore aussi, n'est au fond qu'une actualisation de la musique, s'ancrant dans son époque avec mesure. La réverb' n'est pas envahissante, les synthétiseurs non plus, contrairement à ce qu'on entend souvent. John «Rabbit» Bundrick est absent, remplacé temporairement par Tim Gorman qui figure aussi sur la tournée. Tournée d'adieu réalisée aux USA, et pour laquelle It's Hard est destiné. Sachant que Face Dances n'est sorti qu'un an plus tôt, le laps de temps a été court, et cela se ressent question maturité, alors que le nombre de morceaux est plus important ici.

Si on peut comprendre que les synthés-trompette de la chanson «It's Hard» ou ceux de «Eminence Front» dérangent, que dire de ceux de «Dangerous» et de «One at a Time», morceaux dont l'introduction et le pont central respectifs nous renvoient aux riches heures de Quadrophenia ? En parlant de cuivres, John Entwistle les ressort avec parcimonie, plus que pour Who's Next, autant que sur Who Are you. Chose que l'on saura apprécier, en particulier sur l'introduction de «One at a Time», blues-rock mastodonte calqué sur «A Quiet One» de l'album précédent. Entwistle, qui chante lui-même et écrit des paroles salaces comme au bon vieux temps. Pete Townshend n'est pas non plus avare en grivoiserie sur «Athena», où il nous relate par un Daltrey et des choeurs dandys sa rencontre avec l'actrice Theresa Russell, coup de foudre resté à l'état de frustration...

Pour ce qui est des parallèles, outre des riffs toujours furieux, des choeurs appuyés et suggestifs, on peut noter un «It's Hard» pop convivial proche de «The Kids Are Alright». Roger Daltrey nous fait profiter de ses capacités vocales exceptionnelles sur des chansons originales des WHO pour la dernière fois. Dans un autre registre, le jazzy «One Life's Enough», ballade au piano, lui va aussi comme un gant, tout comme «I've Known No War» qui fait judicieusement écho à «Tricks of the Light». John Entwistle offre son plus grand nombre de compositions depuis la fin des années 60 grâce à un troisième morceau (en sus de «Dangerous» et «I've Known No War») : «It's your Turn», autre blues qui tâche et réflexion acerbe sur la société comme les WHO en écrivaient à la pelle au temps de «My Generation». «Cooks County» est une sympathique récréation hybride, légère mais contrastée à la manière de «Cache Cache» sur Face Dances, preuve que les idées fusent toujours.

Mais encore une fois, la réalisation n'a eu guère trop de temps pour être mûrie. La fin du disque alourdit l'ensemble, malgré un «Why Did I Fall for That» à l'esprit rétro appréciable, et un «Cry if you Want» épique qui aurait mérité plus de travail. D'autres morceaux peuvent aussi donner cette impression, et le contenu justifie parfois le titre. Mais enfin, le dernier effort original des WHO reste plus honorable que ce qu'on veut bien en dire. Il sera suivi d'une tournée triomphale et d'un live superbe qui ne retiendra curieusement aucun morceau de cette période...

A lire aussi en POP par MARCO STIVELL :


Bruce HORNSBY
A Night On The Town (bruce Hornsby & The Range) (1990)
Jerry Garcia et Wayne Shorter en guests !




Kate BUSH
The Kick Inside (1978)
L'éveil de la fée...


Marquez et partagez





 
   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Roger Daltrey (chant)
- John Entwistle (basse, chant, synthétiseurs, cuivres)
- Kenney Jones (batterie)
- Pete Townshend (guitares, claviers, chant)
- + Tim Gorman (claviers, synthétiseurs)


1. Athena
2. It's Your Turn
3. Cooks County
4. It's Hard
5. Dangerous
6. Eminence Front
7. I've Known No War
8. One Life's Enough
9. One At A Time
10. Why Did I Fall For That
11. A Man Is A Man
12. Cry If You Want



             



1999 - 2019 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod