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- Membre : Hiromi

The WHO - Endless Wire (2006)
Par MARCO STIVELL le 19 Août 2014          Consultée 1751 fois

Alors que les WHO semblaient avoir retrouvé une osmose et une fraîcheur inespérées lors des concerts au Royal Albert Hall, la nouvelle tombe comme un couperet en juin 2002 : John Entwistle vient de mourir. Le groupe mythique se retrouve ainsi amputé de sa moitié. Il avait essayé de poursuivre après la mort de Keith Moon en 1978, et quoiqu'en on en dise, s'en était sorti honorablement, avant de raccrocher au début des années 80.

À la mort d'Entwistle, les deux membres restants, Roger Daltrey et Pete Townshend décident de reprendre l'histoire, en concert du moins. L'idée de sortir un album et à plus forte raison sous le nom des WHO n'effleure personne, pas même eux, sans doute. Et puis finalement, c'est la tentation qui l'emporte... En 2006, tout s'accélère. Pete Townshend détaille la progression du projet sur Internet, et nous y sommes.

Endless Wire... Trente-cinq ans séparent ce nouvel effort du légendaire Who's Next. Le parallèle a son importance, comme le fait de savoir, et même si ce n'est guère surprenant, que tout repose sur Pete Townshend, ou presque. Encore, sur les derniers albums avec Entwistle, pouvait-on compter sur l'intervention plus ou moins marquée du bassiste génial dans l'écriture. Ici non, Townshend semble nous livrer un album solo chanté par Daltrey et signé THE WHO.

Cependant, il tente d'employer un parfum nostalgique en rapprochant la musique du son que des millions de gens ont apprécié, au début des années 70 : "Mike Post Theme", "Mirror Door" et son ambiance "Punk and the Godfather" sur Quadrophenia, et les premières mesures de "Fragments"/"Fragments of Fragments" avec ces boucles qui renvoient directement à "Baba O'Riley". Il s'agit d'une collaboration entre Townshend et Lawrence Ball, "mathémusicien" fameux et héritier de Philip Glass, cela va sans dire...

Tout cela est fort charmant, de même que les ambiances folk-rock disséminées au court du disque, le picking de Townshend omniprésent, les banjos de "Unholy Trinity", les mandolines de "Endless Wire", les claps de "Two Thousand Years", la ballade "Man in a Purple Dress"... Mais est-ce suffisant ?

La question se pose surtout d'un point de vue à la fois mélodique et vocal. Daltrey a beaucoup perdu, rien d'étonnant à cela. Néanmoins, il est absent un bon gros tiers du temps, et sa voix peut se révéler autant brillante que frustrante, la faute à des mélodies souvent lisses, passe-partout. Même les potentiels singles à grand renfort de choeurs 60's, "We Got a Hit" et "It's Not Enough", donnent cette impression. L'effort global peut paraître poussif, forcé, et cet effet remonte jusqu'au chant.

Townshend, très présent à ce niveau, est également concerné, malgré quelques efforts notables sur les jolis "Trilby's Piano" et "God Speaks of Marty Robbins". Sur "In the Ether", il se prend même pour Tom Waits. En dehors de sa guitare, moins incisive qu'au bon vieux temps, il se charge de la batterie et de la basse, jouant à l'apprenti Keith Moon ("Sound Round") et reléguant la quatre cordes au second plan, naturellement -de toute façon, sur scène, Pino est là.

Les chansons s'imprègnent, entre autres, des sujets qui ont fait la renommée des WHO, le regard sur l'actualité, la jeunesse confrontée cette fois au développement des médias survenu depuis trente ans... La deuxième partie de l'album, à compter de "Sound Round", est d'ailleurs une suite, "Wire & Glass", un mini-opéra, chose que Townshend n'avait plus expérimentée depuis la fin des années 60, avant Tommy. Il puise l'inspiration dans sa propre nouvelle, The Boy Who Heard Music, histoire d'une rockstar ravagée par la drogue.

En l'absence de Roger Daltrey et sans les quelques touches nostalgiques, ce disque aurait donc très facilement pu être un album solo de Pete Townshend. Mais dans un sens ou dans l'autre, il est difficile de prendre cet argument en considération par rapport à la qualité du disque, plutôt médiocre. Si on le rapproche de l'effort accompli par le guitariste il y a bien longtemps, le sentiment reste au mieux mitigé, mais pouvait-on en espérer davantage ? De beaux moments ("Black Widow's Eyes" sur le Syndrome de Stockholm, et une poignée d'autres titres), des choses agréables... Peu, cependant, qui donnent envie de remettre souvent Endless Wire sur la platine.

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   MARCO STIVELL

 
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- Roger Daltrey (chant)
- Pete Townshend (guitares, chant, basse, batterie, piano, claviers,)
- + Divers Instrumentistes Occasionnels


1. Fragments
2. A Man In A Purple Dress
3. Mike Post Theme
4. In The Ether
5. Black Widow's Eyes
6. Two Thousand Years
7. God Speaks Of Marty Robbins
8. It's Not Enough
9. You Stand By Me
- wire & Glass: A Mini-opera
10. Sound Round
11. Pick Up The Peace
12. Unholy Trinity
13. Trilby's Piano
14. Endless Wire
15. Fragments Of Fragments
16. We Got A Hit
17. They Made My Dream Come True
18. Mirror Door
19. Tea & Theatre



             



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