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The STRANGLERS - No More Heroes (1977)
Par ARP2600 le 10 Novembre 2014          Consultée 2190 fois

À peine cinq mois après la sortie de Rattus Norvegicus, tandis que celui-ci était bien ancré dans les charts anglais, les STRANGLERS ont déjà sorti un deuxième volume de leur punk rock très particulier. Partiellement issu des mêmes sessions d'enregistrements, No More Heroes est très semblable à son grand frère. Il est juste un peu plus brouillon, plus agressif et les chansons sont un peu plus courtes en moyenne, des éléments qui en font le disque le plus punk du groupe, étant donné que, l'année suivante, ils ont déjà commencé à élargir leur spectre en expérimentant d'autres styles et sonorités.

La chose a déjà été dite, mais les STRANGLERS sont de drôles d'individus. À leurs débuts, ils faisaient beaucoup d'efforts pour avoir l'air de mauvais garçons, en étant en fait de bons musiciens, plutôt cultivés et, paraît-il, d'un abord agréable. Cependant, ils menaient quand même une drôle de vie, beaucoup d'alcool et de drogue circulaient, et le bassiste franco-anglais Jean Jacques Burnel n'hésitait pas à jouer des poings, ce qui renforçait son apparence de jeune voyou. Il faut dire qu'ils étaient plutôt controversés et qu'il y avait parfois... de l'ambiance à leurs concerts, ce qui amenait des bagarres. Pour en revenir à la musique, après un premier album qui avait déjà fait grincer pas mal de dents, le second n'allait sûrement pas calmer la polémique...

Celle-ci se situe surtout au niveau des textes, évidemment. C'est que, l'écriture montre bien que ce sont pas des imbéciles, et cela rend encore plus malsaine la provocation punk. Sur No More Heroes, on trouve beaucoup de mots grossiers, jusque dans les titres : «I feel like a wog», «Bitching» ou «Peasant in the big shitty». Certaines chansons, comme «Bring on the nubiles» et «School Mam» vont assez loin dans l’obscénité, et les vilains mots s'entendent curieusement beaucoup plus nettement que dans Rattus Norvegicus. Cette attitude offensante se calmera heureusement par le suite. Notons que cela n'a pas empêché au disque de rester quelques mois dans les charts également...

Quant à la musique, elle va du plus brillant au remplissage, la qualité est moins régulière que sur le premier. C'est un avis personnel, bien sûr, mais il me semble évident que ce deuxième album est un complément du premier. Il contient quelques leftovers des sessions de Rattus, «Bitching», «Something Better Change» et «Peasant in a Big Shitty», les STRANGLERS ont certainement eu les idées des autres chansons à peu près en même temps et les ont interprétées en concert dans le courant 77 également. Rattus était leur sélection initiale et No More Heroes contient le reste. Il est dès lors étonnant que la critique en fasse son favori... je suppose que c'est une fois de plus la question du travail contre la spontanéité. Certains ressentent à juste titre plus de mordant et de liberté ici, alors que c'est sur le premier qu'on trouve la meilleure écriture, les meilleurs arrangements, la meilleure construction d'album.

Un amateur du groupe prendra quand même beaucoup de plaisir à écouter ce disque, surtout quand on y trouve un brûlot comme «I feel like a wog», qui s'attaque au racisme sur un tempo survolté, une superbe chanson psychédélique, «Dagenham Dave», un hommage à un copain décédé, ou encore la chanson-titre qui se plaint de l'absence de héros dans le monde de 1977, en y mêlant curieusement Leon Trotsky. Les orgues de Dave Greenfield sont particulièrement notables sur ces deux titres. «Dead Ringer» est un peu spéciale, elle annonce ce que le groupe développera plus tard, le son y est assez tendu et plus libre que du punk, on pourrait y voir un des premiers titres de post-punk. Enfin le final «School Mam», long de sept minutes, est pourtant minimaliste et obstiné, et étrangement menaçant, c'est assez unique dans leur carrière.

No More Heroes est donc l'album le plus susceptible de plaire aux amateurs de punk pur et dur, tandis que les fans de new wave/post punk préféreront sans doute les suivants et que l'amateur moyen de rock devrait favoriser le premier. Quoi qu'il en soit, il n'y a aucune raison de le snober, il fait certainement partie de leurs contributions les plus importantes.

Note : 3,5/5

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   (2 chroniques)



- Jet Black (batterie)
- Jean Jacques Burnel (basse, chant)
- Hugh Cornwell (guitare, chant)
- Dave Greenfield (claviers, chant)


1. I Feel Like A Wog
2. Bitching
3. Dead Ringer
4. Dagenham Dave
5. Bring On The Nubiles
6. Something Better Change
7. No More Heroes
8. Peasant In The Big Shitty
9. Burning Up Time
10. English Towns
11. School Mam



             



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