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The STRANGLERS - Aural Sculpture (1984)
Par ARP2600 le 28 Avril 2015          Consultée 2501 fois

Avec Aural Sculpture, les Stranglers ont glissé encore un peu plus loin de leurs origines. D'une new wave romantique assez normale sur Feline, ils en sont venus en 1984 à un style plus diversifié, rock mais lorgnant par moments sur la soul et le swing. L'orientation pop devient évidente, cette musique est beaucoup plus axée sur l'écriture mélodique que par le passé et la production prend de plus en plus d'importance. Ce n'est pas forcément une mauvaise chose, même si certaines choses ont pu sonner trop artificiel à cette époque.

Mine de rien, les quatre étrangleurs en étaient à leur huitième album ensemble. Leur complémentarité, leurs backgrounds musicaux différents ont permis à leur musique de rester imprévisible, d'évoluer avec aisance vers des styles situés à cent lieues du punk. Malheureusement, alors que leur succès était devenu substantiel non seulement en Angleterre mais maintenant à travers l'Europe, c'est aussi à cette époque que la belle harmonie du groupe a commencé à se craqueler. Le groupe a toujours été plutôt dominé par les personnalités bien trempées de Hugh Cornwell et Jean Jacques Burnel et il semble qu'ils aient fini par avoir du mal à cohabiter. Ainsi, pendant la tournée d'Aural Sculpture, Burnel aurait frappé assez sérieusement Cornwell, mais ce n'est qu'un symptôme du problème. Entre une production devenue très présente et le peu d'entrain des musiciens à travailler ensemble, les albums ont commencé à s'espacer de plus en plus : un an et demi entre Feline et Aural Sculpture, puis deux ans pour Dreamtime et enfin plus de trois pour 10.

Question production, l'orientation est claire. Le gros problème de Feline à mon sens est un son très étriqué, plutôt maladroit. Le groupe avait géré lui-même le plus gros du travail et le résultat était décevant. Le label Epic leur a donc suggéré de revoir la première mouture d'Aural Sculpture et ils ont donc fait appel à un spécialiste, charge à Laurie Latham de produire un disque puissant et orienté soul. On peut dire que c'est une réussite, le son de cet album est beau. Non seulement les guitares et la batterie sont plus présentes que sur Feline, mais les synthés sont mieux mis en valeur et l'apport d'une section de cuivres sur certaines chansons donne une puissance et une originalité à leur mélange.

Et puis, il y a les chansons, aussi mélodiques que sur Feline, le niveau d'écriture des deux disques étant comparable, et donc inégal. Parmi les points forts évidents, citons la magnifique "Ice queen" où on retrouve enfin la basse sombre de Burnel, et qui reste un de leurs titres les plus redoutablement accrocheurs. Il y a aussi le beau groove de "No Mercy", un des singles de l'album où la voix de Cornwell lorgne sur celle de Jim Kerr, directement suivi par la romantique "North Winds" puis par l'énergique "Uptown", ou encore la trop courte "Souls", un de leurs derniers titres vraiment new wave. Plus étrange, le final "Mad Hatter" semble au départ être une plaisanterie swing mais se révèle très agréable. A l'opposé, les chansons les plus faibles sont certainement "Spain" et "Laughing", la première fort artificielle, notamment à cause de la répétition manifeste d'un même enregistrement de paroles espagnoles, la seconde fade et kitsch, un reliquat du style de Feline assurément. Entre les deux, des titres où la production fait la différence, comme "Skin Deep", "Let me down easy" ou "Punch and Judy".

Le bilan est positif, Aural Sculpture est un fort bon album de musique pop-rock, très agréable, varié et divertissant. Il a globalement bénéficié de bonnes critiques, ce qui est mérité malgré un certain manque d'ambition artistique et quelques faiblesses mélodiques. Quoi qu'il en soit, il est très accessible et pourrait même être une bonne porte d'entrée dans l'univers original des Stranglers. Le suivant, Dreamtime, à la fois plus artificiel et mieux composé, est quant à lui souvent sous-estimé...

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   (2 chroniques)



- Jet Black (batterie)
- J.j. Burnel (basse, chant)
- Hugh Cornwell (chant, guitares)
- Dave Greenfield (claviers)
- Paul Nieman (trombone sur 1,7,11)
- Paul Spong (trompette sur 1,7,11)
- Tim Whitehead (saxophone sur 1,7,11)
- George Chandler (chœurs sur 3,9,11)
- Jimmy Chambers (chœurs sur 3,9,11)
- Tony Jackson (chœurs sur 3,9,11)
- Carmen Franco (voix sur 8)


1. Ice Queen
2. Skin Deep
3. Let Me Down Easy
4. No Mercy
5. North Winds
6. Uptown
7. Punch & Judy
8. Spain
9. Laughing
10. Souls
11. Mad Hatter



             



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