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DEEP SOUL  |  COMPILATION

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- Style : Aretha Franklin , Bettye Lavette , Carla Thomas , Barbara & The Browns

Candi STATON - Candi Staton (2004)
Par LE KINGBEE le 25 Octobre 2016          Consultée 1036 fois

Cette compilation éditée en 2004 regroupe les deux premiers disques de la chanteuse, « I’m Just A Prisoner » sorti en 1970 et « Stand By Your Man » qui apparaît dans les bacs l’année suivante. Quatre faces sont issues du troisième disque, l’éponyme « Candi Staton » publié en 1972, tandis que quatre autres proviennent de singles Fame. Résumons donc 10 + 10 + 4 + 4 = 28 alors que la compil annonce 26 pistes, il y aurait comme un cheveu dans la soupe. Bon, on soustrait « « I’m Just A Prisoner » et « Sweet Feeling », toutes deux présentes dans le 1er et 2ème album et on arrive à 26 pistes. Le compte est bon… Ouf !

Laissons tomber les maths, pour revenir au sujet principal, Candi STATON. Canzetta Staton nait en 1940 à Hanceville, un bled paumé d’Alabama. Entre une mère pieuse qui ne pense qu’à Dieu et un paternel poivrot qui ne pense qu’à la bouteille, la frontière de la normalité est mince et la gamine se réfugie dans la musique. Recrutée très jeune au sein du Jewel Gospel Singers avec sa sœur Maggie, elle débute sa discographie enregistrant dès 1953 pour les labels Nashboro, Aladdin et Savoy. Pendant près de dix ans, la chanteuse se produit à l’invitation des églises qui fleurissent dans toutes les petites villes du Sud. La route prise par Sam Cooke quittant la voie du Gospel pour bifurquer vers la Soul fait bien évidemment quelques émules, dont notre petite Canzetta, véritable Cosette. Devant le refus de sa mère, la jeune chanteuse décide de quitter le giron familial plus qu’autoritaire. Elle se trouve un mari, ce qui lui permet enfin de pouvoir voler de ses propres ailes. Après avoir mis au monde quatre enfants, elle quitte son mari et redevient chanteuse en intégrant le 27-28, un club noir de Birmingham. Elle enregistre alors deux singles pour Unity et Minaret qui passent inaperçus.

On est en 1968 et c’est à cette époque qu’elle est repérée par Clarence Carter qui rachète son contrat et la présente à Rick Hall, le patron de Fame Records et grand initiateur de ce qu’on appellera le Muscle Shoals Sound. Pour Hall, les choses s’annoncent plus que mal : il vient de perdre tous ses musiciens partis fonder leur propre label, le MSS, et est en train de se faire torpiller par Jerry Wexler, l’un des big boss de la firme Atlantic.
La première obligation pour Rick Hall, qui vient d’entamer une négociation avec Capitol, est de recruter de nouveaux musiciens. Le producteur se met en chasse et recrute les guitaristes Travis Wammack et Junior Lowe, le batteur Freeman Brown, le bassiste Jesse Boyce et l’organiste Clayton Ivey. Parallèlement à ce nouveau groupe qu’il nomme The Fame Gang, Rick Hall innove en recrutant une section cuivre s’articulant autour du trompettiste Harrison Calloway, des sax Harvey Thompson et Aaron Varnell, bientôt suivis par le sax ténor Ronnie Eades. Hall a volontairement cherché des musiciens moins performants que ceux de son ancien orchestre et, contrairement au groupe précédent, le Gang Fame ne joue qu’exclusivement pour le label.

Donc, Rick Hall a de nouveaux musiciens et doit maintenant dénicher quelqu’un pour se remettre en selle. Et ce quelqu’un sera Candi Staton. Formée à l’école du Gospel, Candi chante superbement et est en outre à l’aise dans l’écriture. Pour Fame Records, c’est une véritable bouée de sauvetage. La chanteuse transforme son premier essai en faisant grimper « I’d Rather Be An Old Man’s Sweetheart » sur la 9ème marche des classements R&B et à la 46ème place des charts Pop durant l’été 69. Un début plus que prometteur !
En 1970, toute auréolée de son soudain succès, Candi épouse Clarence Carter et va aligner les succès comme d’autres enfilent les perles. L’album « « I’m Just A Prisoner » confirme l’embellie, deux autres morceaux rentrent dans les charts : «I’m Just A Prisoner » (13ème au Billboard R&B) et « Sweet Feeling » qui atteint la 5ème place. Cette montée en puissance se concrétise avec l’apport de sept nouveaux titres figurant dans les classements Soul, R&B ou Pop jusqu’en 1973 avec « Love Chain » (31ème dans les hits parades R&B). Au total, 11 titres Fame grimpent dans les classements.

Si Candi STATON demeure probablement la moins connue des Divas de la Soul, son influence sur la Pop demeure incontestable. Chanteuse pleine de feeling, avec une voix comme on n’en fait plus, elle avait également le don d’incorporer des ascendances Country à son répertoire Gospel, Soul en droite ligne avec la Southern Deep Soul du début des années 70. Parmi les principales pièces de choix présentement compilées, nous décernerons une grosse mention à « Stand By Your Man », initialement gravé par Tammy Wynette en 1968 pour Epic. La plupart des labels enverront leurs chanteuses Country s’attaquer au morceau : Patti Page pour Columbia, Lynn Anderson, Wanda Jackson, Loretta Lynn ou Tracy Nelson, mais aucune de ces immenses interprètes ne parviendra à faire ressortir autant d’émotion que Candi STATON. La chanteuse se montre encore au top sur « He Called Me Baby », une variante du « She Called Me Baby », œuvre d’Harlan Howard popularisée par Patsy Cline. Là encore, les arrangements et l’intensité dramatique ne sont pas comparables. De nombreux artistes se sont attaqués à « In The Ghetto », immortalisé par Elvis. On a eu le droit à toutes sortes de tentatives (ballade, Folk, Ska, Reggae, Soul) et curieusement peu de femmes se sont mises dessus. On se rappelle les versions Soul de Solomon Burke, Bobby Blue Bland, Joe Simon ou de Sammy Davis Jr. se prenant pour Tony Joe White, mais STATON délivre encore une fois une interprétation intense, rien à voir avec les démarches tartignoles de Dolly PARTON ou de l’écossaise Lena MARTELL.
Pour le registre Soul proprement dit, la version de « Mr. And Mrs Untrue » relègue bien loin celles de Mighty Sam McClain, Lloyd Price ou du duo Price Mitchell/Jerry Kelly qui serait, elle, presque risible. Un titre comme « I’m Just A Prisoner » démontre à lui seul le talent de cette chanteuse hors norme. A notre connaissance, seule Clara McDaniel a osé se livrer au dur exercice de cette reprise. Autre bon moment avec la reprise de « How Strong My Love Is », compo de Roosevelt Jamison popularisée par O.V. Wright puis par Otis REDDING et les STONES. L'interprétation pleine de délicatesse de STATON n'a rien à envier à ses devancières, c'est autre chose, encore une fois, que les purges que proposeront Brian Ferry ou Mick Hucknall. Au risque de se répéter, on n'est pas sur la même planète. Les différents titres composés par l’excellent George Jackson (une dizaine) confortent et plongent la chanteuse dans une ambiance typique à la Deep Soul sudiste de la fin des années 60.

Etant établi qu’il convient souvent d’être mesuré en matière de musique et ne voulant pas paraître trop partisan, voire propagandiste, de cette chanteuse, nous n’omettons pas de signaler une pièce faible (qu’on se le dise !). Sa version ronronnante de « Do Your Duty », œuvre de Ronnie Shannon, est loin de valoir celle, pleine de hargne et de peps, de Bettye LaVette gravée quelques mois plus tôt sur un single Silver Fox. Dernier petit bémol, on regrette le manque total de chronologie, on se demande pourquoi le compilateur a mélangé à qui mieux mieux les titres des deux premiers albums. Autre petit reproche, la pochette avec ce visage en gros plan n'est pas des plus engageantes, le nom de l'artiste n'est même pas mentionné.

Nous vous raconterons la suite lors d’un prochain épisode. Un tel organe vocal mérite plusieurs volets. Mais cette compilation* proposait le meilleur, ou presque, de la période Fame de la chanteuse et peut faire office de référence en matière de Deep Soul.

*En 2011, le label Kent Soul, filiale d’Ace Records, a publié un double CD de 48 titres sous l’intitulé « Evidence The Complete Fame Records Masters », bien sûr plus complet que le présent recueil.

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   LE KINGBEE

 
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- Candi Staton (chant)
- Travis Wammack (guitare)
- Junior Lowe (guitare)
- Freeman Brown (batterie)
- Jesse Boyce (basse)
- Harrison Calloway (trompette)
- Harvey Thompson (saxophone)
- Aaron Varnell (saxophone)
- Ronnie Eades (saxophone)
- Clayton Ivey (claviers)


1. I'm Just A Prisoner(of Your Good Lovin')
2. Evidence.
3. I'd Rather Be An Old Man's Sweetheart.
4. The Best Thing You Ever Had.
5. Someone You Use.
6. That's How Strong My Love Is.
7. Another Man's Woman, Another Woman's Man.
8. He Called Me Baby.
9. Sweet Feeling.
10. Do Your Duty.
11. Love Chain.
12. Stand By Your Man.
13. Heart On A String.
14. Too Hurt To Cry.
15. You Don't Love Me No More.
16. Mr And Mrs Untrue.
17. How Can I Put Out The Flame
18. To Hear You Say You're Mine.
19. Sure As Sin.
20. What Would Become Of Me.
21. In The Ghetto.
22. Get It When I Want It.
23. Freedom Is Beyond The Door.
24. I'll Drop Everything And Come Running.
25. The Thanks I Get For Loving You.
26. I'm Gonna Hold On (to What I Got This Time).



             



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