Recherche avancée       Liste groupes



      
ROCK PROGRESSIF  |  DVD

L' auteur
Acheter Ce DVD
 


 

- Style : 5uu's, Nektar, Emerson, Lake & Palmer
- Membre : Rick Wakeman, The Moody Blues , Uk, Jon & Vangelis, Gtr, King Crimson, Squackett, Jon Anderson , Yoso, Asia, Chris Squire
 

 Site Officiel (522)
 Billboard : Owner Of A Lonely Heart (446)

YES - An Evening Of Yes Music Plus (1993)
Par WALTERSMOKE le 22 Janvier 2019          Consultée 404 fois

Si l'on considère que la parenthèse ABWH fait partie intégrante de l'histoire de YES, alors An Evening of Yes Music Plus est le 4e album live du groupe, ainsi que la 3e sortie vidéo officielle. Sorti en 1993, il témoigne de cette étrange période durant laquelle deux factions de YES ont co-existé : d'un côté le YES officiel qui, avouons-le, se la touchait sans déboucher sur quelque chose de concret, et de l'autre ABWH, pour Anderson Bruford Wakeman Howe, un spin-off censé se rapprocher du YES historique, du temps où il faisait du rock progressif et non du rock FM. Dans les faits, la musique est certes plus progressive chez ABWH, mais sans être invisible, ce n'est pas flagrant, et ce n'est pas Union (1991) qui dira le contraire.

Enregistré en septembre 1989 en Californie, An Evening of Yes Music Plus est typiquement le genre de live qui mérite d'être apprécié sur tous les plans, audio comme vidéo. Mieux, les fans de YES qui seraient en recherche d'interprétations live ébouriffantes ont tout intérêt à ne pas snober cet opus-là, malgré l'absence logique de Chris Squire. Et malgré la présence d'instruments « douteux », aussi.

Côté setlist, An Evening of Yes Music Plus est un live lucide. Les compositions les plus anecdotiques ont été évacuées, au profit des morceaux les plus emblématiques ET réussis. Côté Yes historique, on se farcit l'habituelle litanie des grands classiques ("Roundabout", "Starship Trooper", etc...), mais se pointe également un oiseau plus rare, à savoir "Close to the Edge". Pour l'anecdote, c'est la première fois que Bill Bruford interprète en concert ce morceau, puisqu'il avait déjà quitté YES avant la sortie de l'album du même nom.

Mais avant d'attaquer tout cela, ABWH lâche la purée dès le début, avec une succession de passages solo. Au sein d'une foule en délire, c'est un Jon Anderson un poil mégalomane qui rejoint la scène tout en interprétant un medley composé de "Time and a Word", "Owner of a Lonely Heart" et "Teakbois" – on notera que c'est le guitariste additionnel Milton McDonald qui accompagne Jon et non Steve Howe. Ce dernier, très en forme durant tout le concert, montre qu'il n'est pas un guitariste timide et prostré derrière son instrument, et ce dès son solo. Et puis, il y a Rick Wakeman, sobre dans son comportement, et qui délivre un solo des plus affolants de technicité, à même d’écœurer plus d'un claviériste.

Après un "Long Distance Runaround" suivi d'un solo passionnant de Bruford, les choses sérieuses commencent. Alternant avec aisance entre nouvelles compositions et les grands classiques, le quatuor, enrichi de ses 3 musiciens additionnels, délivre une musique investie, convaincue. Et convaincu, ça, Jon Anderson l'est. Le chanteur n'est peut-être pas de ceux qui racontent leur vie entre deux chansons, mais l'intensité qu'il transmet dans son interprétation et sa gestuelle scénique sont explicites. Côté guitares, l'exercice apparaît par moments plus limité : si les deux interprètes sont indispensables sur les extraits de ABWH (l'album), l'intérêt est moindre sur les vieux classiques – ce qui n'empêchera pas McDonald de jouer un solo plutôt solide dans le dernier tiers de "I've seen all Good People", au passage la meilleure version en concert du morceau.

Enfin, je dis ça... tout dépend de la résilience de l'auteur face aux instruments d'époque. Autant les guitares et la basse ronde et professionnelle bien que classique de Jeff Berlin (qui remplace alors un Tony Levin malade) passent crème, autant les claviers et la batterie, c'est une autre paire de manches. Toujours à la pointe de la modernité, Wakeman se dote ici d'une palette de claviers qui ne sonnent pas vieillots, mais n'en restent pas moins datés pour autant. Et entendre ce bon vieux Roland D-50 sur "Close to the Edge" peut faire peur. Dans le même ordre d'idées, quiconque a écouté le King Crimson des années 80 connaît l'amour de Bruford pour les pads et autres percussions électroniques. YES n'est pas épargné par le phénomène, même si l'on est bien sûr encore loin des effroyables sons de certains groupes de synthpop.

Côté vidéo, la réalisation est assez classique, même si l'on sent que l'équipe de tournage se fait plaisir avec notamment une Louma qui aime tourner au-dessus de Bruford et Wakeman. Ces derniers, ainsi que Howe et Anderson, sont tout logiquement suffisamment mis en valeur, mais les musiciens additionnels sont beaucoup, beaucoup plus rares à l'écran. Déjà que de base, ils jouent la plupart du temps dans l'ombre, mais en plus, les caméramen – et ils sont nombreux – les ignorent. Le montage est également hésitant, certains micro-plans se focalisent sur du vide, tandis que sur "I've seen all Good People", on tente d'anticiper les GoPro avec une caméra attachée à une baguette de Bruford, mais le résultat donne la nausée. Oh, et sinon, sur "Starship Trooper", joué en rappel (et magistral au passage), Steve Howe donne l'étrange sensation d'être possédé vu la manière dont il bouge – ça, ou bien c'est juste qu'on n'a pas l'habitude de le voir ainsi.

En tant que vidéo, An Evening of Yes Music Plus reste quand même agréable à regarder, car on voit une demi-douzaine de musiciens jouer ensemble et être heureux de ce fait. Et côté musique, si l'on accepte les sons des années 80, alors il n'y a rien à dire, tant le tout est joué de manière magistrale et riche de bons moments. Meilleur que 9012Live (1985) et surtout bien meilleur que Yessongs (édité en 1983 pour la version vidéo), voilà sans doute, dans l'histoire de YES, le premier vrai indispensable live, aussi bien audio que vidéo.

A lire aussi en ROCK PROGRESSIF par WALTERSMOKE :


MARTIN CIRCUS
Acte Ii (1971)
L'Anakin Skywalker du prog français




KING CRIMSON
A Young Person's Guide To King Crimson (1976)
Rock progressif


Marquez et partagez





 
   WALTERSMOKE

 
  N/A



- Jon Anderson (chant, claviers sur 'themes')
- Bill Bruford (batterie, percussions)
- Rick Wakeman (claviers)
- Steve Howe (guitares, choeurs)
- +
- Jeff Berlin (basse)
- Milton Mcdonald (guitare, choeurs)
- Julian Colbeck (claviers)


1. Jon Anderson Solo
- time And A Word
- owner Of A Lonely Heart
- teakbois
2. Steve Howe Solo
- clap
- mood For A Day
3. Rick Wakeman Solo
- madrigal
- catherine Parr
- merlin The Magician
4. Long Distance Runaround
- bill Bruford Solo
5. Birthright
6. And You And I
7. I've Seen All Good People
8. Close To The Edge
9. Themes
10. Brother Of Mine
11. The Meeting
12. Heart Of The Sunrise
13. Order Of The Universe
14. Roundabout
15. Starship Trooper



             



1999 - 2019 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod