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ELOY - Planets (1981)
Par WALTERSMOKE le 5 Juillet 2015          Consultée 1079 fois

L'entrée d'ELOY dans les années 80 n'était pas satisfaisante. Le groupe avait sorti avec Colours un ensemble de compositions honnêtement bancales, montrant un groupe qui se cherchait et se remettait en question pour ne pas s'effondrer. Ceci était tout de même logique, ELOY ayant subi une profonde restructuration niveau personnel. La machine étant cependant relativement rôdée, c'est avec confiance que Frank Bornemann décide d'être ambitieux et de sortir un double album. Grosse frayeur qui arrive : un double album de rock progressif, et dans les années huitante en plus ? Fort heureusement, si les maisons de disques portent souvent et à juste titre le mauvais rôle, on peut cette fois louer Harvest d'avoir court-circuité le projet. Le double d'ELOY sera finalement un diptyque, dont le premier volet, Planets, sort en 1981.

Nanti d'une pochette qui replonge dans les heures les plus sombres d'ELOY niveau goût, Planets confirme la volonté du groupe de proposer un rock progressif nouveau, limite du néo-prog, avec toujours cette prédominance des claviers. Hannes Folberth se fait plaisir en effet à ce poste, et n'a aucun mal ni scrupule à s'imposer. Cependant, les autres musiciens ne sont clairement pas en retrait, et en particulier les guitaristes Bornemann et Hannes Arkona. D'autre part, les compositions sont moins éclatées et plus longues, là où Colours proposait un Eloy jouant sur un format plus court. Le morceau le plus représentatif de cette évolution, et accessoirement le meilleur, se trouve être "Point of No Return". Sur une rythmique pachydermique et efficace, riffs bien lourds et nappes de claviers modernes font de ce morceau un must, du moins dans le répertoire d'ELOY. Bornemann y est également très convaincant au chant, même s'il est loin d'être le meilleur.

Ces qualités se retrouvent de manière plus ou moins relative sur le reste de l'album. C'est ainsi que "On the Verge of Darkening Light" se pose en autre pivot de Planets, l'ambiance mystérieuse en moins. Un autre morceau intéressant se trouve être "Queen of the Night". En effet, les chœurs féminins ainsi que les arrangements de cordes renvoient directement à Dawn (1976), la vélocité rock en plus ; et en soi, il est franchement bon, à moins de ne pas supporter les cordes, justement, qui pourraient sonner disco à l'oreille de certains.

Rien que pour ces morceaux, ELOY se dépasse, et fait mieux que sur Colours. Peut-on pour autant parler de grand retour de manière globale ? Oui, à ceci près que l'album est suffisamment chargé en défauts pour que ce soit discutable. Particulièrement, "At the Gates of Dawn" (tiens tiens...) apporte une respiration au sein de l'album, mais n'est pas très brillant. Mais le plus « grave » reste de manière globale la production de l'album, très datée et surtout ancrée dans sa décennie. En cas de blind-test, Planets ne saurait mentir sur son âge, et cela limite un peu son accessibilité, que ce soit pour les oreilles d'aujourd'hui ou bien celles qui sont restées bloquées sur la « perfection » des décennies précédentes. Certes, cela a toujours été un souci chez ELOY, et il est vrai également que le plus important reste la composition et l'interprétation en elles-mêmes, mais il faut reconnaître que contrairement à ses contemporains, ELOY n'a alors vraiment pas choisi les synthés les plus solides, par exemple. Et puis enfin, toujours par rapport à sa période, ELOY ne se fait pas non plus franchement accessible à travers un potentiel single accrocheur. On dira que l'unité d'un album compte plus qu'une chanson éphémère, mais il faut aussi savoir ne pas être totalement hermétique au public.

Ce serait néanmoins faire un mauvais procès à Planets. ELOY aurait pu tout aussi bien se corrompre et proposer un album franchement mauvais en tous points, mais cela fait tellement longtemps que le groupe a oublié comment faire. Oui, décidément, si les années 70 restent celles où ELOY a le plus brillé, Planets peut arriver en solide complément représentant les années 80.

Note réelle : 3,5/5

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- Frank Bornemann (chant, guitare)
- Klaus-peter Matziol (basse)
- Hannes Folberth (claviers)
- Hannes Arkona (guitare)
- Jim Mcgillivray (batterie)


1. Introduction
2. On The Verge Of Darkening Light
3. Point Of No Return
4. Mysterious Monolith
5. Queen Of The Night
6. At The Gates Of Dawn
7. Sphinx
8. Carried By Cosmic Winds



             



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