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ROCK PROGRESSIF 80\'S  |  STUDIO

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- Style : Pendragon, Marillion, Arena, Twelfth Night

IQ - The Wake (1985)
Par MARCO STIVELL le 19 Avril 2018          Consultée 521 fois

Vous vous souvenez de ces films des années 80 bien marqués par leur époque, le style pouvant aller du genre aventure à l'horreur, parfois très kitschs mais au final tout aussi attachants et qu'on regarde avec un plaisir égal à chaque fois ? Mieux encore, loin d'en rougir, vous tentez de faire partager cette passion autant que vous le pouvez, lorsque la personne d'en face n'est pas fermée. Pêle-mêle, cela peut être The Toxic Avenger, À la Poursuite du Diamant Vert, Dangereusement Vôtre et j'en passe. Il y a des équivalences en musique, et The Wake en fait indéniablement partie !

En le réécoutant encore et encore, on peut se demander pourquoi Misplaced Childhood de MARILLION a éclipsé un tel disque en 1985, parmi les succès les plus inattendus et justifiés. À y regarder de plus près, le bien-nommé n'est pas exempt de passages principaux un peu plus contestables, qu'on apprécie d'abord dans un souci de continuité ("Lords of the Backstage", "Waterhole (Expresso Bongo)"), alors que The Wake n'est que très rarement en sous-régime, et pas moins rempli de chansons exceptionnelles !

Il est produit par les deux as du manche, Tim Esau et Mike Holmes ; on retrouve le son de casserole de Tales from the Lush Attic, mais pareil, c'est un plaisir "non-coupable", et par ailleurs très objectivement, il fonctionne mieux ici ! En tout cas, alors que MARILLION a ouvert sa réalisation à un plus grand public, IQ joue la carte du second album, enraciné dans son classicisme, et parvient à faire, sinon mieux que Misplaced Childhood, en tout cas plus fort que Fugazi, pour en finir avec les comparaisons.

Peter Nicholls a peaufiné ses textes, avec pour fil conducteur des hallucinations qui pourraient bien être celle d'un mort non-conscient de l'être. Il chante aussi de manière clairement moins forcée, avec toujours cette savoureuse alternance de ton, entre Peter Gabriel et un timbre plus théâtral. À la batterie, Cook est également ajusté, moins porté sur l'envie de cavaler. Les "moins" du transfert entre le disque précédent et celui-ci, qui n'affectent heureusement pas les claviers, deviennent des "plus" en ce qui concerne la basse de Esau, le chant de Nicholls ainsi que l'unité désarmante de titres fleuves aux idées si différentes !

C'est bien simple, The Wake est un travail haut en couleurs, un disque-histoire qui compile le meilleur dont IQ est capable à l'époque. Les parties s'enchaînent sans faire sourciller, au contraire, elles ne font que titiller la passion d'un auditeur conquis. Si on peut décrocher un brin sur "Widow's Peak" malgré des ambiances limite gothique et qui rappellent le CAMEL de Stationary Traveller (1984), les huit minutes et quelques de "Headlong" comme celles de "Outer Limits" comptent tout simplement parmi les meilleures du rock progressif 80's.

La basse ouvre le bal en étant matraquée, l'ARP Odyssey plane, cela dure longtemps, on s'inquiète de se qui va se passer, sans hâte que ça arrive, juste le temps de profiter. La nostalgie évoquée par les claviers d'Orford avec leurs intonations baroques se retrouveront plus loin, en intro de "Headlong", soutenant le chant de Nicholls pour un résultat puissant, beau à couper le souffle... La force de la voix sur "Outer Limits" réside dans des paroles incantatoires, des esprits qui viennent se placer ("You're not alone...") sur un refrain magnifique, entre un solo de synthé tourbillonnant et une fin cauchemardesque à base de cymbale charleston, de Mellotron et de basse répétitive.

Quand on vous dit que ce disque est brillant ! On pense aussi à l'exotisme plein de soleil et de chaleur proposé sur "Corners", titre dont beaucoup de fans regrettent la présence, mais c'était un passage obligé dans ces années. Le sitar de Holmes, loin de l'Afrique et des Antilles souvent favorisées par d'autres artistes alors, nous conduit en Inde. La boîte à rythmes, les éléments planants font durer ce râgga propice à des instruments en roue libre un peu trop longtemps sans doute – c'est l'autre point "noir" de l'opus -, mais on apprécie cette touche d'originalité sur un disque qui aurait pu être plus linéaire que cela.

L'autre concession à la pop 80's, c'est le génial "The Thousand Days", très new-wave, du néo-romantisme avec ce qu'il faut de nostalgie et d'enchantement, une rythmique géniale, et cette mélodie ! Ce n'est pas fini, écoutez le morceau-titre avec sa marche glorieuse, sa guitare à la Steve HACKETT sur des accents blues, ce refrain avec arpèges si bien arrangé, et ce long final irréel...

Le caractère rockabilly du début de "The Magic Roundabout" ses passages aériens qui font ressortir la basse de Esau, sensuelle au possible, waouh ! Et au contraire, le final de "Headlong", énième version de "Kashmir" (LED ZEPPELIN) version prog, la batterie de Cook qui enchaîne temps et contretemps ! Le moins qu'on puisse dire c'est que IQ a de la suite dans les idées, et toutes ces nuances, de la chaleur tropicale à l'obscurantisme le plus froid, donnent à The Wake de vrais moment de gloire. Mis à part une poignée de développements faciles ("Corners", "Widow's Peak"), on n'est pas loin du chef-d'oeuvre, et on repart en voyage le plus souvent possible.

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   MARCO STIVELL

 
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- Peter Nicholls (chant, tambourin)
- Mike Holmes (guitares, sitar)
- Martin Orford (orgue, mellotron, synthétiseurs, choeurs)
- Tim Esau (basses, pédalier basse)
- Paul Cook (batterie, percussions)
- Harun Coombes (tablas sur 4)


1. Outer Limits
2. The Wake
3. The Magic Roundabout
4. Corners
5. Widow's Peak
6. The Thousand Days
7. Headlong



             



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