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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Style : Pendragon, Marillion, Arena

IQ - Ever (1993)
Par MARCO STIVELL le 17 Juillet 2018          Consultée 373 fois

Les années 90 sont bel et bien là, le temps du grand changement a sonné pour IQ qui opère un virage à 360 degrés en se séparant de Paul Menel pour reprendre Peter Nicholls. La compilation J'ai Pollette d'Arnu au titre énigmatique, sortie en 1991, reprend certains des meilleurs moments inédits extraits des deux périodes. À la place de Tim Esau, c'est aussi à ce moment qu'arrive John Jowitt qui, tout comme Martin Orford, joue également dans Jadis à l'époque.

Ever, affublé d'une pochette étrange (réalisée par Nicholls himself), est l'album qui marque le grand retour d'un groupe que certains fans de la veille avaient sans doute quelque peu délaissé depuis 1985 et le formidable The Wake. Mike Holmes se retrouve seul aux manettes d'une réalisation qui revêt un certain classicisme tout en bénéficiant du son luxueux des années 90.

Le niveau atteint par IQ avec Ever est très élevé, à tous les points de vue. Plus qu'en 1985 même, ce disque est souvent considéré comme un essentiel du genre communément appelé néo-progressif. Les six chansons contenues nous font passer quelques 50 minutes de bonheur quasiment pur, pour peu que l'on adhère à ce mélange équitable de virtuosité et de mélodies finement ciselées, âme de GENESIS plus que quiconque d'autre parmi les grands pionniers. À l'époque de la relève (PORCUPINE TREE, SPOCK'S BEARD...), la bande à Cook, Holmes, Orford, Nicholls et Jowitt donne une sérieuse leçon de classe !

Comme pour faire oublier la période "entre-deux", l'introduction est vigoureuse, un rythme blues-rock asymétrique, typique du genre, une basse et une batterie qui mitraillent et se suivent de près, des duels de guitare et de synthés en fin de phrases, sur fond de claviers sombres. On retrouve ce même effet à divers moments du disque, au cours des parties instrumentales de "Out of Nowhere" et à la fin de "Leap of Faith", sans jamais avoir la sensation de redite ni de facilité.

La première rupture de "The Darkest Hour", avec ses arpèges gracieux, permet de faire rentrer le chant de Nicholls par la grande porte. Il s'impose très vite sur la scène de son propre théâtre certes jamais joyeux, mais toujours captivant, comme un autre Peter, vingt ans avant lui. D'ailleurs, sur le même morceau, on a non seulement un passage qui rappelle le MARILLION de Clutching at Straws à 6'00, mais aussi une guitare lyrique toujours rapprochée du son GENESIS un peu avant 8', et bien loin de nous déplaire là encore. Enchaînant les idées brillantes, "The Darkest Hour" se conclut par un trio piano-nappes et voix superbe. C'est LE titre long à retenir, avec "Further Away" (14 min).

Histoire de n'être point dépaysés, "Fading Senses" est d'abord une ballade acoustique ("After All") feutrée, avec un piano-synthé stellaire qui se substitue aux guitares 12 cordes (elles reviennent sur "Leap of Faith") et John Jowitt qui démontre combien son apport est essentiel, sur sa fretless archi-mélodique. Il se réserve le magique début de "Further Away", avec des phrasés dont la sensualité n'a rien à envier à son prédécesseur Esau. Holmes n'est pas en reste, oscillant entre riffs minimalistes, simplement beaux, et solos magnifiques, à commencer par le final de "Leap of Faith", quand il ne balance pas des hard-rockeries comme sur "Out of Nowhere".

Orford, quant à lui, diversifie sa palette de claviers, on s'en doute, et il devient difficile de départager ses nappes d'ambiance du reste, tant chacune de ses interventions paraît judicieuse et, même si peu de solos traditionnels sont notables, particulièrement excitants au Minimoog sur "Further Away". Ce qui nous saisit à l'écoute d'Ever, c'est la cohésion de groupe et, mis à part peut-être un ou deux passages (la conclusion abrupte de "Out of Nowhere", la répétition du final de "Fading Senses"), l'ensemble d'une justesse et d'une fluidité rares. La façon dont les instruments se répondent à la fin de "Further Away" paraît incroyable d'aisance et de naturel.

Et puis en parlant de fin, comme en 1983 et en 1985, il y a le moment où Nicholls s'élève mieux que jamais, encore une fois sur le dernier morceau dont nous n'avons pas parlé, "Came Down" où les émotions se cristallisent en une sorte de nirvana musical. Moins dynamique que le rock progressif le plus éclatant, certes, ce pas de slow se contente d'une belle mélodie et de choeurs gentils pour l'appuyer. Cook rajoute des cymbales cavalières bienvenues alors que le son s'éloigne, Holmes ose à peine prendre la parole et n'en est que plus touchant. C'est le mot, touchant, en réalité divin : c'est le "Afterglow" d'IQ, d'ailleurs amené juste après "Leap of Faith" par le même type d'enchaînement que sur Wind & Wuthering, le chef-d'oeuvre de GENESIS.

Les influences sont ce qu'elles sont, très présentes elles aussi, mais le résultat est là, incontestable et inestimable en bonheur transmis. Ever rapporte un succès fort et mérité au groupe.

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   MARCO STIVELL

 
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- Peter Nicholls (chant)
- Mike Holmes (guitares, choeurs)
- Martin Orford (claviers, mellotron, synthétiseurs, flûte)
- John Jowitt (basse, pédalier basse moog taurus, choeurs)
- Paul Cook (batterie)


1. The Darkest Hour
2. Fading Senses (a. After All ; B. Fading Senses)
3. Out Of Nowhere
4. Further Away
5. Leap Of Faith
6. Came Down



             



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