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- Style : Pendragon, Marillion, Arena, Twelfth Night

IQ - Nomzamo (1987)
Par MARCO STIVELL le 17 Juin 2018          Consultée 288 fois

Un groupe rock progressif, à un moment donné de sa carrière, a besoin d'évoluer, que ça lui soit imposé ou non. Ainsi va-t-il de IQ après le départ de Peter Nicholls durant l'année 1986, juste après le live Living Proof (il part fonder Niadem's Ghost), et bien sûr on les critique pour cela ! Cela reste toujours moins grave que pour Genesis – si, si, rappelez-vous, le groupe qui est simplement passé du prog intègre à la pop commerciale, pour s'en mettre plein les poches, car il est impensable qu'ils aimaient la pop auparavant, bien sûr -, mais quand même.

Le virage de IQ est consommé avec Nomzamo, titre énigmatique de leur troisième album paru en 1987. C'est à ce moment que Twelfth Night s'éteint, après avoir tenté le diable le temps d'un disque et demi. Seulement, pour eux, hélas, la note finale n'est clairement pas bonne, alors qu'IQ fournit un effort qui reste à peu près à la hauteur de son talent. Nomzamo paraît sur le label Squawk et est produit par Ken Thomas, connu ensuite pour avoir travaillé avec Dave Gahan (DEPECHE MODE) et des artistes pop plus récents.

Le morceau nous donne une explication pour le titre éponyme. Nomzamo est un quartier du Cap en Afrique du Sud, autrefois réservé aux travailleurs Noirs célibataires, soi-disant une place de choix (bien contrôlée surtout) transformée avec les mouvements des années 80 en un gros bidonville. En toute logique, c'est une nouvelle parenthèse musicale exotique d'IQ qui fait suite à Curtains sur The Wake. La dynamique est mieux marquée toutefois ici, le début est planant puis différents jeux rythmiques sont employés, grâce au savoir-faire des excellents Paul Cook et Tim Esau. Mike Holmes n'est pas en reste avec ses guitares harmonisées.

C'est un morceau fantastique qui prouve que le groupe n'a pas perdu la main, il enchaîne les ambiances avec le plus grand brio et par le biais d'orchestrations séduisantes. Sans oublier le chant de Paul Menel, celui sur qui repose la lourde tâche de combler un manque important. La personnalité est légèrement moins forte que celle de Peter Nicholls, mais elle ne manque pas d'élégance et suscite la sympathie. Il gère bien ses phrases et ses choeurs, bref, il n'a pas grand-chose pour le décrédibiliser, pas pour le moment !

Et puis contrairement à ce que l'on croit, le son est devenu plus FM sans doute, mais IQ n'en perd pas pour autant ses qualités d'écriture mélodique et d'arrangement, ni plus ni moins que l'interprétation. Dès "No Love Lost", on sent une envie de se rapprocher davantage du Yes des années 80 que de Genesis années 70, et ça marche du tonnerre ! Les arpèges de guitares et les choeurs superbes du refrain, le pont dense avec le marimba, même le final avec cuivres-synthé bien menés, tout cela est révélateur d'une grande finesse, idem pour la production, en opposition totale avec ce qu'une année telle que 1987 pouvait souvent offrir.

Pour marquer le contraste, dans un style doux, il n'y a qu'à voir "Still Life", très différent de Van Der Graaf Generator même s'il y a aussi du saxophone. Ce dernier est, à son tour, à la pointe de la classe au milieu de toutes ces nappes de claviers, de cette basse envoûtante ; un titre qui passe crème. "Common Ground", le dernier morceau, réactive le même générateur à ambiances fortes dont IQ a le secret. Chaque instrument, tout comme le chant, propose un discours sensationnel ici malgré un final étrange, en suspens. Mention spéciale pour la pop-rock californienne de "Passing Strangers", single premier de l'album choisi avec raison, plutôt merveilleux dans le genre : ces arpèges cristallins, ces gros tambours, ce solo héroïque !...

Deux éléments à déplorer sur Nomzamo, "Screaming" et ses effets funk-dance, ainsi que la fin de "Human Nature" (7 minutes) qui sonne un brin forcée. Dommage pour le titre le plus prog du disque, et le retour du sax n'y change rien. Le début en revanche est impérial, enchaînant les mélodies limpides, de beaux décollages et une partie planante où Menel chante en voix de tête, sur fond de claviers angéliques. Loin d'être à court d'idées, IQ propose ici un album rempli de beaux moments et obéissant à un certain naturel, ce qui sera moins le cas sur le prochain.

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   MARCO STIVELL

 
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- Paul L. Menel (chant, choeurs)
- Mike Holmes (guitares, guitare-synthétiseur)
- Tim Esau (basse, pédalier basse, guitare, choeurs)
- Martin Orford (claviers, synthétiseurs, choeurs)
- Paul Cook (batterie, percussions)
- + Micky Groome (choeurs)
- Ray Carless (saxophone)


1. No Love Lost
2. Promises (as The Years Go By)
3. Nomzamo
4. Still Life
5. Passing Strangers
6. Human Nature
7. Screaming
8. Common Ground



             



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