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Tiken Jah FAKOLY - Le Monde Est Chaud (2019)
Par NESTOR le 31 Août 2021          Consultée 724 fois

Il aura fallu cinq longues années à Tiken Jah FAKOLY pour pondre un successeur à son dernier véritable album, Dernier Appel (2014), Racines, sorti en 2015, n’étant qu’une compilation de reprises.
Jamais l’Ivoirien n’avait autant pris son temps entre deux albums. Pourtant, on ne peut pas dire que le résultat soit totalement à la hauteur des espérances que cette attente était en droit de faire naître.
Non que cet album soit foncièrement mauvais, mais il peine à convaincre totalement, notamment du fait de ses textes.
Les choses commencent pourtant de bien belle façon avec "Le monde est chaud", un duo avec SOPRANO, qui évoque le problème du réchauffement climatique. Ce n’est pas la première fois que les deux artistes partagent le micro. Ils l’avaient déjà fait de bien belle manière sur le titre "Ouvrez les frontières" (L’africain, 2007).
"Pourquoi nous fuyons" confirme cette première bonne impression du fait d’un mariage très heureux entre une basse et des cuivres très puissants et un fond sonore composé d'instruments africains. Tiken Jah y divulgue son message visant à inviter la jeunesse africaine à rester sur le continent pour contribuer à son développement plutôt que de choisir un exil doré illusoire.
Le son est énorme. Puissant et chaud, il permet au Reggae de l'Ivoirien de se répandre agréablement en nous.
Cette recette, visant à enrichir son Reggae par l'ajout d'instruments africains, est reprise pour "No no no" sur lequel le chanteur pourfend, comme à son habitude, ce qui représente pour lui les maux de l’Afrique : la corruption, la françafrique, les exodes économiques, le vol des richesses par les puissances occidentales… Malgré une Kora très heureuse, la mélodie manque un peu de relief pour que ce morceau parvienne à nous convaincre totalement.
Toujours ce mélange de Reggae et d’instruments africains sur "Libya", mais cette fois pour un résultat bien plus réjouissant, notamment du fait d’une orchestration de premier ordre. Le mariage entre les cuivres et la basse bien présente, d’une part, et les instruments à cordes africains (Kora, N’Goni, Sokou…), d’autre part, est parfaitement bien maîtrisé.
Pas de changement de thématique avec "Ça vole" qui condamne à nouveau la corruption et les comportements prédateurs des élites. Mais si la musique est efficace, la répétition des mêmes sujets, des mêmes combats, commence à devenir un peu lassante. Ce n'est pas tant le fond que la forme qui pèche, car Tiken Jah reste souvent trop superficiel. Pour légitimes qu’ils soient, ses chevaux de bataille mériteraient un peu plus de profondeur d’analyse, ou bien des angles de réflexions un peu plus originaux et poussés. A toujours radoter que Le monde va mal le chanteur dévalorise sa parole. Il suit en cela certains des travers d’Alpha BLONDY qui à côté de titres bien ciselés se laisse parfois aller à des paroles d’une platitude et d’une bien trop grande évidence.
S’il est capable par ailleurs de nous enflammer avec des morceaux entraînants et percutant de la trempe de "Kungo", "Dieu nous attend" ou bien le pesant "Rasta", il nous agace également avec des textes bien trop scolaires et d’une banalité rédhibitoire, à l’image de "Ça vole". Le terme 'agacer' est probablement excessif, et il conviendrait plutôt de parler de déception. Car Tiken nous pond ici des morceaux majoritairement très bons et forts sur le plan musical, mais il ne leur donne pas toujours assez de carburant pour que le résultat soit totalement renversant.
Dotés de textes plus percutants et originaux, nul doute qu’il nous emmènerait tout droit au Nirvana, ce dont il est totalement capable, comme nous le prouve de belle manière "Ecologie" où, sur une musique chaloupée en enivrante, il pose un texte empreint de poésie et de finesse.

Au final, Le monde est chaud est presque un sans-faute musicalement, de part son habileté à mélanger un Reggae lourd et efficace avec le charme et l’exotisme d’une orchestration fortement imprégnée de saveurs africaines, le tout porté pas un excellent son. Et nous sommes là à deux doigts d'avoir un album de référence, un classique.
Mais Tiken Jah FAKOLY n'est plus un perdreau de l'année, il doit plus travailler ses textes pour les rendre plus percutants, plus déstabilisants, plus originaux. Un artiste ne peut se contenter de bons sentiments, s'il veut diffuser un message, il doit le faire de belle manière. C'est sa raison d'être.

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   NESTOR

 
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- Tiken Jah Fakoly (chant)
- Akatché (programmations, claviers, guitare, balafon)
- Francis Ayo (batterie)
- Jean-marc Kotokory (batterie)
- Romuald Nguessan (basse)
- Gedeon Kan Kouadio (basse)
- Yao Franck Kouadio (basse)
- Jean-marc Kouacou (guitare)
- Israël Josué Groh (guitare)
- Hilel Zassehi (claviers)
- Yves Douho Nonsesy (claviers)
- Israël Josué Groh (guitare)
- Petit Condé (guitare mandingue)
- Mamadi Diabaté (kora)
- Adama Sidibé (sokou)
- Yaya Sangaré (djembé)
- Adama Keita (guitare malienne)
- Didier Bolay (trompette)
- Jean-baptiste Dobiecki (saxophone)
- Jean-françois Quellec (trombone)
- Manjul (percussions)


1. Le Monde Est Chaud (avec Soprano)
2. Pourquoi Nous Fuyons
3. No No No
4. Libya
5. Ca Vole
6. Dieu Nous Attend
7. Kungo
8. Kodjougou
9. Ngomi
10. Ecologie



             



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