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- Membre : Hiromi

The WHO - Quadrophenia (1973)
Par MR. AMEFORGEE le 9 Février 2008          Consultée 7595 fois

Y a-t-il une vie après Who’s Next ? La question épineuse a dû se poser à l’époque, tant lui succéder relevait de la gageure. Contre toute attente, les Who répondent « oui » avec désinvolture et trouvent même le moyen de produire leur album le plus ambitieux à ce jour, sorte de mélange, de synthèse entre les deux efforts précédents, qui tient de Tommy sa nature d’opéra et de Who’s Next son caractère de rock puissant et raffiné à la fois. Il représente également une progression : d’une part, l’usage de boucles électroniques, initié en 1971, est parfaitement exploité et s’intègre sans problème à l’ensemble des arrangements, et d’autre part, le concept du disque est plus intelligent que celui de Tommy, car inventif, complexe sans être tordu, moins improbable.

Où l’on suit les pérégrinations du jeune Jimmy à travers le Londres désenchanté des années 60, marquées par l’opposition des rockers et des mods. La singularité de Jimmy, parce qu’il y en a forcément une, est qu’il est schizophrène, écartelé entre quatre personnalités différentes, romantique, lunatique, hypocrite et entêtée, qui correspondent aux quatre membres du groupe et à quatre thèmes bien distincts dans l’album. Corrélativement, le disque tentait d’exploiter la technologie quadriphonique naissante à l’époque.

Ce qui marque d’emblée, c’est que malgré ses quelques quatre-vingt minutes, Quadrophenia se laisse écouter sans lassitude : moins pompeux dans ses effets et son propos que Tommy, s’imposant à tenir une sorte de ligne claire, il tient tout simplement bien mieux la route. Chaque morceau est frappé du sceau de l’efficacité du rock, qui se manifeste à la fois par une impétuosité et une valeur mélodique certaine, et à laquelle les arrangements – cuivres joués par Entwistle, synthés, différentes guitares, etc. –, loin d’être alourdissants, viennent ajouter une petite pointe de subtilité, petite mais décisive. En ce sens, Quadrophenia est musicalement plus proche de Who’s Next, sans pour autant s’y réduire strictement. Au détour d’un titre, les accents se feront plus folks (« I’ve Had Enough ») ou bien plus rythm & blues (écouter le piano et les reflets cuivrés qui sonneraient presque soul sur « 5 :15 »), en réminiscence au passé du groupe.

Si cet album est véritablement celui de Townshend, unique compositeur et maître à penser (aidé à la production par l’habituel Kit Lambert quand même), si Daltrey donne l’impression de chanter encore mieux qu’avant, avec une palette de couleurs émotionnelles encore plus large, si Keith Moon reste ce char d’assaut ambulant qu’il a toujours été, celui qui bénéficie le mieux du traitement sonore (de la réédition de 1996 tout du moins) de Quadrophenia, c’est quand même John Entwistle, dont la basse n’aura jamais autant claqué à la surface des enceintes, souple et dynamique. L’occasion rêvée de s’aviser du talent du bonhomme.

Après cela, on pourra juger superflu de passer en revue le détail des morceaux ; que l’on note juste que l’on trouve du tube (« The Real Me », « Doctor Jimmy »), de la ballade poignante (« Love Reign O’er Me »), et de l’instrumental pas ennuyeux pour un sou (« Quadrophenia », « The Rock »). Et en fin de compte, il n’y a guère de déchet. Un « Bell Boy » est rendu cocasse et intéressant par le chant rocailleux de Keith Moon, « I’m One » est délicat et touchant, quant au reste, portant l’empreinte rock caractéristique des Who, il ne le cède en rien à la qualité (« Cut My Hair », « The Punk & the Godfather », etc.) et peut tout à fait prétendre être aussi passionnant que les avatars présents sur Who’s Next.

Définitivement, la messe est dite. Même si Quadrophenia a moins marqué les esprits que ses deux prédécesseurs (il se vend plutôt bien malgré tout, squattant le haut des charts), il s’impose sur un plan purement artistique comme un aboutissement. Conceptuel sans paraître mégalo (on aurait dû en parler à Roger Waters), accrocheur sans être racoleur, on trouvera difficilement mieux en la matière. Une fois pour toute, les Who, ce n’est pas de la gnognotte.

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   MR. AMEFORGEE

 
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   (2 chroniques)



- Roger Daltrey (chant)
- Keith Moon (percu, chant)
- John Entwistle (basse, cuivres, chant)
- Pete Townshend (tout le reste)


1. I Am The Sea
2. The Real Me
3. Quadrophenia
4. Cut My Hair
5. The Punk And The Godfather
6. I'm One
7. The Dirty Jobs
8. Helpless Dancer
9. Is It In My Head?
10. I've Enough

1. 5:15
2. Sea And Sand
3. Drowned
4. Bell Boy
5. Doctor Jimmy
6. The Rock
7. Love Reign Over Me



             



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