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ULVER - Forgive Us (2024)
Par K-ZEN le 20 Juin 2024          Consultée 249 fois

La voici donc cette fameuse surprise préalablement annoncée. Enfin presque.

On y retrouve malgré tout le single Ghost Entry précédemment proposé au sein de ces colonnes par votre serviteur ainsi qu’un autre single m’ayant échappé (sorti courant février). "A City in the Skies" essayait de s’extraire d’une voie dangereuse vers laquelle nous semblons nous diriger à tombeau ouvert, horizon irréel où règnent les conflits actuels (Ukraine, Proche-Orient) et ceux à venir via l’évocation des vannes de la guerre ouvertes, tel un jouet manipulé par des enfants devenus fous. Quant à l’orage qui arrive, il annonce chronologiquement la thématique cadre des deux seuls morceaux du recueil s’avérant totalement inédits.

Mais avant toute chose, la question sur le choix du titre arborant cet EP doit se poser. Immanquablement.

Quand bien même connaît-on l’attachement du groupe norvégien ou plus exactement l’intérêt porté concernant la sacralité et la religion, comment interpréter ce pardonnez-nous ? Simple référence au péché originel global mentionné par le christianisme que l’homme doit tenter d’expier ou faute plus personnelle endossée par un loup s’étant imposé un silence discographique bien trop long et peut-être amené à durer un peu plus longtemps ? Ce ne serait pas la première fois que ULVER se mettrait en scène.

Ici, fidèle à ses centres d’intérêt habituels, à savoir mythologie et mort, il s’intéresse à un personnage remarquable, finalement proche de sa propre condition animale si on y réfléchit bien.

Créature chimérique mi-homme mi-bouc, Pan est tout à la fois le dieu des troupeaux, des chasseurs mais également de la panique, terme dérivant directement de son patronyme et désignant une peur collective due à un bruit ou un écho qui pouvait totalement désorganiser une armée pourtant bien entraînée en semant confusion et chaos parmi les soldats la constituant.

Le capitaine immédiatement interpelé via la sentence inaugurale du titre éponyme et croqué au premier plan d’une jaquette très évocatrice ne saurait être autre que Thamous, marin de l’Antiquité rentrant en Italie qui entendit une voix sanglotante venant des rivages de Paxos lui indiquant que le grand Pan était mort et qu’il devait colporter la nouvelle sans attendre. Ces évènements se déroulèrent durant le règne de Tibère (14-37 ap. J.-C.) et furent rapportés via Sur la Disparition des Oracles, Plutarque y qualifiant Pan d’unique dieu grec ayant trouvé la mort.

Plus tard, d’autres auteurs eurent une autre interprétation de cet évènement. Dans le Quart-Livre de Pentagruel, le géant du même nom, après avoir pris connaissance de l’histoire racontée par l’auteur grec, en déduisit que l’annonce concernait sans doute la mort du Christ, celle-ci s’étant apparemment déroulée à peu près au même instant, à savoir la fin de règne de Tibère. Pour son interprétation, Rabelais puisait au cœur de De orbis tenae concordia, l’œuvre utopiste la plus connue du savant français Guillaume Postel.

Et la musique dans tout ça, me direz-vous avec raison ?

Eh bien elle respire toujours la classe, drapée d’une synthpop flamboyante où RYGG continue invariablement de briller. Le lancinant "Forgive Us" propose toutefois une ambiance jazz un peu plus prononcée, la dramaturgie de la pièce s’en trouvant renforcée via ces notes de piano, ces chœurs quasi-religieux et le beau solo de trompette réalisé par l’invité Nils Petter MOLVÆR. Le superbe instrumental "Nocturne #1" propose quant à lui de belles nappes ambient aquatiques, symbolisant parfaitement le trajet retour de notre héros antique, accablé à la fois par la terrible nouvelle qu’il vient d’apprendre et la solitude des voyages maritimes.

Forgive Us ou l’illustration parfaite de ce que peut revêtir la zone de confort et le fait d’y stationner. Car en effet, via cet EP, ULVER ne déçoit pas mais donne aussi l’impression de peut-être pour la première fois tourner en rond. Pratiquant ce style synthpop depuis maintenant 2016, le voir se maintenir dans des eaux familières ne lui ressemble guère. Sont-ce ainsi ces derniers instants passés dans cette clairière avant de disparaître et se réinventer sous une nouvelle forme ? Mais en même temps, où donc aller ? Le sait-il encore lui-même avant de vouloir plonger dans l’inconnu ?...

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- Kristoffer Rygg (chant, claviers)
- Ole Alexander Halstengård (claviers)
- Jørn H. Sværen (divers)
- Tore Ylwizaker (claviers)
- +
- Autechre (remix)
- Nils Petter Molvær (trompette)
- Stian Westerhus (guitare)


1. Forgive Us
2. Nocturne #1
3. A City In The Skies
4. Ghost Entry
5. Ghost Entry (autechre Re-entry)



             



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