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ASIA - Astra (1985)
Par KID66 le 20 Décembre 2008          Consultée 5446 fois

Astra, c’est le début de la fin, et c’est le moins qu’on puisse dire.
Effectivement, après le succès rencontré par nos compères d’Asia avec leurs deux premiers albums Asia et Alpha et les nombreuses sorties de singles bien vendus, Astra fut un désastre commercial, et l’on peut considérer que c’est cet opus de 85 qui fit définitivement tomber le groupe dans l’oubli. Pouvait-on prévoir un tel destin pour Asia ? Je n’ai pas la réponse à cette question, mais peut-être que certains éléments auraient pu nous mettre la puce à l’oreille, comme par exemple le départ de Steve Howe, une des têtes pensantes du groupe, après l’album Alpha. Astra, qui suit, se solde donc par un échec...

… Et pourtant ! Et pourtant voilà un disque qui n’est pas dénué d’atouts. Nous le savons tous, le succès n’est pas forcément une preuve de qualité (je ne citerai pas d’exemples), et ce Astra, aussi méconnu soit-il, mérite tout de même des écoutes attentives.
Je parlais donc des qualités du disque : pour commencer, une production plus claire, plus agréable, et peut-être moins rebutante que celle des albums précédents, qui pouvait paraître légèrement vieillotte. Le chant jouit également d’une nette amélioration, et même si je n’irai pas jusqu’à dire que Wetton est le meilleur chanteur du monde, (car ce n’est pas le cas), je dois avouer qu’il est parfaitement intégré à l’album et que sa voix se marie à la perfection avec la musique du groupe. D’ailleurs, je la trouve plus fluide et touchante que sur les albums précédents. Cette impression est sans doute due à l’absence de l’effet de réverbération de la voix, principalement utilisé au début des années 80.

Mais l’élément le plus important qui fait de l’échec commercial d’Astra une surprise est la simplification de la musique du groupe. Le départ d’Howe y est peut-être pour quelque chose, mais on constate sur cet album que les morceaux sont dans l’ensemble courts et à structure classique, comme en témoigne « Go », le premier titre, un véritable tube entraînant et fédérateur, au refrain éclatant, direct et concis : à écouter en boucle.
D’ailleurs ce côté un peu addictif se retrouve souvent dans l’album, avec des mélodies imparables, des parties de chant convaincantes, ce tout gouverné par une batterie maîtresse, et par des claviers virtuoses et harmonieux (vraiment très biens utilisés ici, ils constituent une des plus grandes forces du groupe). Astra est un album enthousiasmant, parfait pour dodeliner gentiment de la tête, et idéal pour se détendre.

Les armes utilisées par le groupe sont celles citées plus haut, auxquelles on ajoute un certain sens de la composition, comme le démontrent si bien des vraies petites perles telles le très bon « Voice Of America », un titre assez doux, envoûtant et quelque peu répétitif, sur lequel on retrouve les traditionnels chœurs au niveau du refrain (et un solo de bonne facture), ou encore les excellents tubes que sont « Hard On Me » et « Too Late », des singles parfaits.

J’en arrive aux défauts de l’album. Je parlais de la simplification de la musique du groupe, qui est finalement à la fois une bonne et une mauvaise chose (le fameux double tranchant). Effectivement, les morceaux gagnent en punch et en accroche, mais perdent globalement (même si pas tous, certes) un peu en richesse. C’est assez dommage car Asia nous avait habitué jusque-là à des morceaux battis autour de longues parties instrumentales inspirées, limite progressives (notamment sur le premier opus des Britanniques) qui constituaient un peu la marque de fabrique du groupe. Ici, l’instrumental est toujours présent, mais se résume souvent à quelques jolies nappes de claviers ou à un air de guitare entre deux refrains.
Reste tout de même une exception notable : la pièce maîtresse de l’album : « Rock And Roll Dream », un long morceau de 7 minutes, qui résume toutes les qualités du groupe : refrain glorieux, air prenant, très bon solo, structure intéressante… Ce n’est pas mon titre préféré, mais c’est celui qui a le plus de classe.

Pour revenir aux morceaux de façon plus générale, je dirai que la première partie de l’album, jusqu’au morceau précité, est de très bon niveau, même si assez conventionnelle. La seconde partie est cependant assez inégale, bien que plus novatrice. On pourra citer comme exemple « Countdown To Zero », qui se veut un poil plus sombre que ses camarades, mais toujours aussi accrocheur (avec quelques passages narratifs du plus bel effet). Cela ne marche qu’à moitié, en grande partie à cause d’un refrain que je considère comme raté, c’est dommage car l’effort était là (d’ailleurs les paroles sont particulièrement intéressantes, même si c’est une qualité valable pour plusieurs chansons de cet opus). « Suspicion » revendique également une atmosphère plus confidentielle, mais ne parvient pas à me séduire totalement. La ballade « Love Now Till Eternity » est, quant à elle, bien moins réussie que « Wishing », trop classique. Bien sûr, on retrouve des bijoux comme « Too Late » (déjà évoqué plus haut), morceau porté par des claviers prenants (qui évoquent beaucoup le « Hold The Line » de Toto) et par un John Wetton énergique et investi. « After The War », final surprenant et d’une classe rare, est une vraie réussite. C’est un morceau assez épique peut être moins facile d’accès que les autres titres, mais plus intéressant (le solo est très bon, et le refrain, bien qu’étrange, est empli d’une ambiance glorieuse et solennelle assez unique).

Ce Astra est loin d’être un échec musical, et possède un lot assez conséquent de lignes de chants de qualité, de refrain fédérateurs et de claviers accrocheurs. On y décèle également plusieurs innovations, subtilités (écoutez bien l’intro de « Countdown To Zero » hé hé hé) et bons soli de Meyer ici et là.
Astra donc est un album aussi bon que méconnu !

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   (2 chroniques)



- John Wetton (chant, basse)
- Geoffrey Downes (claviers, chant)
- Mandy Meyer (guitare)
- Carl Palmer (batterie)


1. Go
2. Voice Of America
3. Hard On Me
4. Wishing
5. Rock And Roll Dream
6. Countdown To Zero
7. Love Now Till Eternity
8. Too Late
9. Suspicion
10. After The War



             



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