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- Membre : Genesis, Malicorne, Manu Katché , Steve Gadd Band, The Purple Helmets

Peter GABRIEL - Up (2002)
Par MARCO STIVELL le 8 Juillet 2010          Consultée 3490 fois

Comment définir Peter GABRIEL en un ou des mots qui n'emploient pas automatiquement la suite de lettres "g, é, n, i, e" ? Tout a été dit à son propos, on attend chaque nouvelle sortie de disque avec la plus grande patience (et Dieu sait à quel point celle-ci est mise à l'épreuve depuis une décennie et demi) même si impatience n'est jamais bien loin, qu'est-ce qui pourrait nous surprendre plus encore venant de sa part ? Ovo était typiquement le genre d'album que l'on peut apprécier pleinement ou partiellement, mais qui dans ces deux cas (surtout le deuxième) pouvait laisser un goût de non-satisfaction si on attendait vraiment "LE nouvel album du génial Peter GABRIEL". Un sentiment qui devenait encore plus fort à l'écoute de la dernière BO du caméléon, Long Walk Home, très world music et très loin d'être accessible pour tout le monde. Au moment où paraît Up, deux ans plus tard en 2002, l'impatience de même que l'excitation sont à leur comble. Que nous réserve Peter sur ce coup-là ? Et c'est tout frétillant de joie que l'on court acheter le disque, puis qu'on la ramène chez soi, que l'on donne la galette à manger à la platine, que l'on s'installe dans le fauteuil et enfin que l'on appuie sur le bouton Play de la télécommande (c'est toujours plus royal que si on avait dû le faire sur le bouton de la chaîne même, imaginez un peu qu'on ait dû courir pour s'asseoir, il est très facile de se prendre les pieds dans un fauteuil ou le coin d'une table, pour un peu on finirait la journée à l'hôpital et du coup, adieu l'écoute tranquille de Up...).

"Darkness". Tiens c'est drôle... On entend presque rien. Montons le son. Ca ressemble à un bruit de gouttes d'eau qui tombent sur une plaque de métal. Montons encore plus le son. Peter a enregistré son album en sourdine ou quoi ? Le son est au max. Et là, AAAAAAAAAAAAAH !!! Doux Jésus, j'ai failli faire une crise cardiaque ! Ce ne sont que des effets de voix, mais alors quel choc ! Puis ce gros riff de guitare, aoutch ! Ca envoie en tout cas ! Avec ces nappes de claviers derrière, on sent encore mieux l'atmosphère torturée, et ce sera le cas pour tout le reste de la chanson. "Secret World" (la chanson mais pourquoi pas le live aussi) paraît bien loin... Entre ces couplets rageurs et ces passages plus doux, l'impression de fragilité reste la même, on s'y laisse facilement prendre, Dieu que c'est bon.

Ca fait trois fois depuis le début de cette chronique que je fais référence aux figures de la religion catholique, il me vient alors l'idée d'en faire un parallèle avec ce Up, de manière globale. Avec tous ces titres dont la longueur dépasse presque pour tous allègrement les cinq minutes, tous ces artifices dont Peter a le secret, toutes ces subtilités qui rendent cet album riche et pas forcément des plus faciles à écouter... Ca donne presque une impression de grande messe réservée à une certaine forme de public seulement ("The Barry Williams Show" ou un titre plus "dance" comme "Growing Up" ont leur part d'efficacité, mais vous conviendrez qu'on est loin de celle des tubes de So), employant pour seul prêche des mots forts sur une musique qui ne l'est pas moins, qui ne demande pour louange qu'une certaine attention, à défaut de compréhension et d'adoration. Le prophète (sans aucune prétention) s'appelle Peter, il joue aussi le rôle du prêtre au même titre que ses musiciens (les frères Tony LEVIN, David RHODES, Richard EVANS sont toujours présents), les mots qu'il emploie sont plus généralement représentatif d'une certaine lourdeur ("Signal to Noise", "Darkness", mais aussi "No Way Out" qui relate un accident de voiture), et la musique ne l'est pas moins (le paroxysme étant atteint sur "Signal to Noise", où les violons se font stressants, le crescendo troublant, et où on a même droit à des samples de voix du défunt grand Nusrat Fateh Ali KAHN), malgré quelques élans salvateurs (écoutez bien le sublime "I Grieve", tout n'y est pas si sombre que cela). Pour une communication encore plus forte avec les fidèles, il invite même le groupe vocal BLIND BOYS OF ALABAMA pour le final du magnifique "Sky Blue", qui est en réalité une variante chantée du dernier morceau de Long Walk Home. A l'inverse, il tente de se rapprocher du public dans un contexte plus épuré encore que le "Father, Son" d'Ovo, seul avec son piano Bosendorfer sur le dernier titre de l'album, "The Drop". Si tout ça ce n'est pas de la bonne parole...

Tout ou presque est à mes yeux irréprochable dans cet album. C'est même, malgré une accoutumance difficile (mais pour Ovo ça a été pareil) avec la plus grande béatitude (pour rester dans la religion) que j'envoie ce disque côtoyer les cimes de Security (le quatrième album de Peter) et Us. Certes, il est très différent de ce dernier mais l'émotion qu'il procure est au moins égale. Comment rester insensible à "Darkness", "Signal to Noise", "I Grieve" qui font définitivement partie des meilleures chansons du chanteur, mais aussi au libéré "More Than This", au plus confidentiel "No Way Out" ainsi qu'à l'intimiste "The Drop" ? On est il est vrai loin du Peter GABRIEL d'il y a vingt-cinq ans plus tôt, celui qui se cherchait en se raccrochant aux autres. Ici, tout semble infiniment plus maîtrisé, et ce sera à chacun de décider si c'est meilleur ou pas...

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Peter Gabriel (chant, piano, claviers, orgue, mellotron, harmonic)
- Manu Katché (batterie)
- Dave Power (batterie)
- Mahut Dominique (percussions)
- Ged Lynch (percussions, batterie)
- Richard Chappell (percussions, programmations)
- Tony Levin (basse)
- David Rhodes (guitares, choeurs)
- The London Session Orchestra
- Will Gregory (arrangement des cordes)
- Alex Swift (programmations)
- Ad Chivers (choeurs)
- Tchad Blake (scratches)
- Pete Davis (programmations)
- Daniel Lanois (percussions, guitares)
- Peter Green (guitares)
- David Sancious (orgue hammond)
- The Blind Boys Of Alabama (choeur)
- Melanie Gabriel (choeurs)
- Dominic Greensmith (batterie)
- Steve Gadd (batterie)
- Hossam Ramzy (tablas)
- Danny Thompson (contrebasse)
- Chris Hughes (programmation batterie)
- Richard Evans (flûtes à bec, guitares)
- Will White (percussions)
- Stephen Hague (percussions)
- Shankar (violons)
- Chuck Norman (programmations)
- Christian Le Chevretel (trompette)
- Sally Larkin (choeurs)
- Assane Thiam (percussions)
- The Black Dyke Band (cuivres)
- Ed Shearmur (arrangement des cuivres)
- Bob Ezrin (arrangement des cuivres)
- John Brion (mandoline, chamberlain)
- The Dhol Foundation (batteries dhol)
- Nusrat Fateh Ali Kahn (voix samplée)


1. Darkness
2. Growing Up
3. Sky Blue
4. No Way Out
5. I Grieve
6. The Barry Williams Show
7. My Head Sounds Like That
8. More Than This
9. Signal To Noise
10. The Drop



             



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