Recherche avancée       Liste groupes



      
POP-ROCK-WORLD  |  STUDIO

Commentaires (1)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Membre : Genesis, Malicorne, Manu Katché , Steve Gadd Band, The Purple Helmets

Peter GABRIEL - Ovo (2000)
Par MARCO STIVELL le 5 Avril 2010          Consultée 3510 fois

Ovo est un projet dont l'initiative remonte à cette fin de XXème siècle, lorsque l'organisateur de spectacles Mark FISHER propose à Peter GABRIEL de l'aider à monter une pièce sonore et visuelle pour célébrer le passage au nouveau millénaire. Qui de mieux que notre cher Peter pouvait s'en charger, étant l'un de ces plus célèbres artistes "à part" de notre époque, capable de mélanger musiques traditionnelles et modernes de la manière la plus naturelle qui soit ? Lui le créateur du Festival WOMAD (World of Music, Art & Dance) et du label Real World rassemblant des artistes venus de tous les horizons ne seraient-ce que géographiques... La première année a servi à jeter différentes idées sur le papier, la suivante aux enregistrements. Notre Peter se fait de plus en plus perfectionniste depuis son dernier album Us en 1992, mais cette fois il était tenu de respecter une date, donc même si le processus était long, on pouvait être sûrs qu'il tiendrait ses engagements sans faute.

L'histoire (car il s'agit bien d'un concept) relate celle d'une famille à travers les âges, en trois actes pour être exact, et différents milieux. Le disque est divisé ainsi, à chaque acte correspond un membre de la famille : le père (Theo), la mère (Beth), le fils (Ion) et la fille (Sofia). Le premier évolue dans un milieu agricole ("The Man Who Loved the Earth") alors que la vie du fils est marquée par la révolution industrielle ("The Tower That Ate People"). Les femmes, elles, imaginent (la mère) ou construisent (la fille) l'avenir ("The Time of the Turning" / "The Weavers Reel", "Make Tomorrow"). Ovo parle aussi d'amour et quelques chansons soulignent fortement ce lien familial (notamment "Father, Son").

Ovo est aussi uni par ses textes que ses chansons sont différentes. Il s'agit d'un travail colossal, d'un alliage de genres très riche, avec une pléïade de musiciens... Beaucoup ont d'ailleurs estimé que Peter a visé trop haut, au point d'être complètement dépassé d'un point de vue artistique et surtout personnel. Forcément, si on s'arrête au fait qu'il ne chante véritablement qu'une chanson ("Father, Son"), ou bien que le disque commence par un rap... M'enfin quoi, Neneh CHERRY, Richie HAVENS (le même qui a mis le feu à Woodstock millésimé 69), Paul BUCHANAN (de The BLUE NILE), Elizabeth FRASER (des COCTEAU TWINS), sans parler de tous les arrangeurs et intervenants, ils ne sont vraiment pas là pour dénaturer l'oeuvre. De plus Peter, ainsi que ses musiciens habituels (Manu KATCHE, David RHODES, Tony LEVIN, Richard EVANS, SHANKAR) ne sont jamais bien loin, surtout le Maître qui s'occupe de tout ce qui est touches noires et blanches, de même que les bidouillages sonores (bon là par contre il est pas mal aidé). C'est juste un album de plus avec beaucoup de participations, le genre auquel Peter nous a habitué depuis So en 1986, et le fait de ne pas l'entendre souvent au micro ne doit pas constituer un handicap, surtout s'il ne pouvait pas s'adapter à certains registres. Le premier exemple tout bête est celui du rap pour "The Story of Ovo" : entendre Peter s'y mettre aurait certes été original, mais on aurait entendu certains râler en disant qu'il n'aurait jamais dû faire ça (déjà qu'ils râlent parce qu'il en a écrit un, de rap)... Et les vocalistes ont été choisis avec soin, autant Richie HAVENS pour le côté grave et profond que Elizabeth FRASER pour le plus aigu et les... frissons (c'était pour la rime). Ils chantent même ensemble sur le très médiéval "The Time of the Turning" (repris deux morceaux plus loin dans un reel - danse nordique - flamboyant !)... On notera également la présence de Iarla O LIONAIRD (que les amateurs de AFRO CELT SOUND SYSTEM connaissent bien) sur "Low Light", de nouveau Liz FRASER avec Paul BUCHANAN cette fois sur le très optimiste "Downside-Up" (sans conteste le tube de l'album). Côté musiciens, on rencontre, outre les plus connus de Peter, d'autres qui ont joué sur ses disques à partir de Passion (BO du film La Dernière Tentation du Christ de Martin SCORCESE en 1989) comme Hossam RAMZY ou Kudsi ERGUNER. Moins facilement remarquable, la présence de Nigel EATON, vielliste fidèle de Loreena McKENNITT (curieux d'ailleurs que Peter lui ait pas trouvé une place sur ce disque à elle...).

Côté musique, beaucoup de différences donc, entre le rap poisseux de "The Story of Ovo" (repris en instrumental sur "The Man Who Loved the Earth") et les titres les plus mélodiques comme "Make Tomorrow" ou "Downside-Up" qui résonnent comme des hymnes, entre les plages douces new-age, quasi-ambient ("Low Light", "The Nest that Sailed the Sky") et les guitares et percussions rageuses de la suite "The Tower that Ate People" / "Revenge" avec aussi la voix bidouillée de Peter. Voix que l'on retrouve par contre à son plus naturel (tout comme le côté épuré de la musique), sa plus forte expression sur le magnifique "Father, Son" où il s'accompagne juste de son piano et d'un velouté de cuivres. Pas étonnant que ce titre soit le préféré de ceux qui suivent Peter plus depuis "Solsbury Hill" et "Humdrum" que depuis "Intruder", "The Rhythm of the Heat" ou "A Different Drum", mais ce n'est vraiment pas une raison pour laisser passer les nombreuses autres perles d'Ovo. Et à propos de "Drum", ce dernier opus fait encore mieux ressortir le travail de son créateur concernant sa recherche perpétuelle de nouveaux rythmes, ainsi que son talent à mélanger tradition et modernité, avec ici en plus l'atout (et non l'inconvénient) des différences entre les genres.

Ovo est en tout cela le "nouvel album ambigu" de Peter, avec sa démarche de mettre au même niveau que lui d'autres artistes sur un album plus que sur une simple chanson-duo (comme "This is the Picture", "Don't Give Up") et en même temps de garder la mainmise sur le fond et la forme d'une certaine manière. Ambigu plutôt que "faux nouvel album", ambigu plutôt que "mais néanmoins très personnel", excellent (une fois de plus) dans tous les cas.

A lire aussi en VARIETE INTERNATIONALE par MARCO STIVELL :


Katie MELUA
Pictures (2007)
Un peu plus orienté pop-rock




Peter GABRIEL
Secret World Live (1994)
Un live des plus chaleureux


Marquez et partagez





 
   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Peter Gabriel (chant, piano, claviers, percussions, programmation)
- Neneh Cherry, Rasco (rap)
- Richard Evans (synthétiseurs, guitares, dulcimer, mandola...)
- Ganga Giri (didgeridoo)
- The Dhol Foundation (batteries)
- Johnny Kalsi (batterie, tablas)
- Jim Barr (basse, contrebasse, guitare 12 cordes)
- Richard Chappell (programmations)
- Hossam Ramzy (percussions)
- James Mcnally (bodhran)
- Iarla O Lionaird (chant)
- Shankar (chant, violon)
- Kudsi Erguner (ney flute)
- Electra Strings (cordes)
- Richie Havens (chant)
- Elizabeth Fraser (chant)
- Ged Lynch (batterie, percussions)
- David Rhodes (guitares)
- Nigel Eaton (vielle à roue)
- Stuart Gordon (violons)
- Jim Couza (dulcimer)
- The Black Dyke Band (cuivres)
- Simon Emmerson (percussions, programmations)
- Tony Levin (basse)
- Manu Katché (batterie)
- Steve Gadd (batterie)
- Paul Buchanan (chant)
- ...


1. The Story Of Ovo
2. Low Light
3. The Time Of The Turning
4. The Man Who Loved The Earth / The Hand That Sold S
5. The Time Of The Turning (reprise) / The Weavers Re
6. Father, Son
7. The Tower That Ate People
8. Revenge
9. White Ashes
10. Downside-up
11. The Nest That Sailed The Sky
12. Make Tomorrow



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod