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- Style : Led Zeppelin, Whitesnake
- Membre : Scorpions, Kottak

KINGDOM COME - Rendered Waters (2011)
Par GEGERS le 25 Avril 2011          Consultée 1587 fois

Il était décidément temps d'aborder le cas KINGDOM COME. Non pas que le groupe de Lenny Wolf soit un indispensable du hard rock, bien qu'il ait accouché de quelques albums chaudements recommandables dans le courant des années 80 et 90, mais il y a matière à dire sur ce combo d'origine allemande. Rarement un groupe fut autant honni et adoré durant son début de carrière. Adoré, parce que le groupe d'origine allemande a signé quelques titres ayant contribué à la popularité du hard rock dans les années 80 (dont les fameux tubes "Do you like it" et "What love can be"), sans oublier qu'il permit au jeune batteur James Kottak de travailler ses peaux de bête avant d'intégrer Scorpions en 1996. Honni, car nombre de personnes accusaient alors le groupe de plagier éhontément Led Zeppelin, tant et si bien qu'il fut baptisé un temps Kingdom Clone, et fut descendu par Jimmy Page en personne. Il est vrai que la voix à la fois frêle et puissante de Lenny Wolf laissait entendre une filiation naturelle avec Robert Plant, et que le hard rock à la fois flamboyant et déstructuré du groupe n'était pas sans évoquer le dirigeable... Reste que, bon an mal an, KINGDOM COME (ou plutôt Lenny Wolf et ses line-up successifs) a réussi à se construire une carrière honorable, agrémentée de réussites (les albums In Your Face, Twilight Cruiser) et de déconfitures (l'ignoble Independant). En faisant évoluer son hard rock US vers une sorte de rock mordant et bariolé parsemé de touches indus', le groupe peut se targuer aujourd'hui d'être un des rares survivants du style encore en activité.

Pour fêter ça, Lenny Wolf a décidé de nous proposer, deux ans après le réussi Magnified, un réenregistrement de quelques titres issus du répertoire du groupe, ainsi que trois nouvelles compositions. Penchons-nous tout d'abord sur ces dernières. Dans un style modern-rock, "Blue trees", "Is it fair enough" et "Don't remember" se présentent comme des petits morceaux sans prétention, donnant l'impression d'être des titres laissés de côté pour l'album Magnified. On apprécie, on se laisse même hypnotiser par ces loops de guitare qui composent la structure des morceaux et par la voix toujours affûtée de Lenny Wolf, et dont les intonations empreintes d'une insondable tristesse provoque une immédiate empathie. Entre sens inné de la mélodie et lourdeur des riffs, L KINGDOM COME ne présente néanmoins rien de plus que quelques biscuits apéritifs dans l'attente d'un nouveau plat de résistance.

Le gros de l'album est donc constitué de réenregistrements de morceaux issus des trois premiers albums du groupe, sortis entre 1987 et 1991. On retrouve même un titre originellement paru sur un album de Stone Fury, premier groupe de Lenny Wolf. Ce titre ("Break down the wall"), énergique et délicieusement entraînant, bien aidé par un refrain imparable, s'impose d'ailleurs comme la seule véritable réussite de l'album, par ailleurs noyé sous un déluge de ratages désespérants. La démarche était, selon les dires de Lenny, de réenregistrer ces titres pour montrer à quoi ressemble KINGDOM COME en 2011. Offrir à ces morceaux une nouvelle jeunesse, sans pour autant les dénaturer et les priver de leur essence originelle... Eh bien dans ce cas, KINGDOM COME version 2011 n'a rien de bien attrayant. Bien sûr, on apprécie le fait que l'artiste ait pris le soin de ne pas simplement réenregistrer les tubes du groupe et se soit frotté à des morceaux plus obscurs et moins évidents, mais comment ne pas éprouver de la tristesse face au résultat ? Les morceaux se voient ici affublés d'un son de batterie en carton-pâte (eh oui, pas d'autre choix que de recourir à une boîte à rythmes lorsque l'on veut tout faire soit même), agrémentés de murs de guitares nivelant l'ensemble par le bas, et marqués par un ralentissement général des tempi. "Should I", un des meilleurs moments de l'album Hands of Time (1991) se voit ainsi doté d'un riff pachydermique, lourd comme un cassoulet, alors que "I've been trying", superbe ballade originellement agrémentée d'une flûte à la Jethro Tull dans sa version originale, est ici présentée dans une version heavy/indus', totalement imbitable.

On passe l'éponge sur certains morceaux, peu ou prou retouchés et parvenant à s'en sortir honorablement, comme le très bon "Living out of touch" ou "The wind", déjà lourd dans sa structure de base. Reste qu'en transformant des titres hard rock sympathiques en cassoulet version restau routier, Lenny Wolf ne fait en aucun cas honneur à la carrière de KINGDOM COME...

L'exercice du réenregistrement de ses propres morceaux peut être périlleux. KINGDOM COME le prouve avec ce Rendered Waters qui ne rend absolument pas justice à la carrière pourtant enviable du groupe allemand. Reste un album que les amateurs se procureront, pour apprécier les trois nouveaux titres, sympathiques et prometteurs, mais qu'il ne fait pas bon glisser dans des mains non averties...

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- Lenny Wolf (chant, guitare, basse, batterie, synthétiseurs, ar)
- Eric Foerster (guitare lead)


1. Can’t Deny
2. The Wind
3. Blue Trees
4. Should I
5. I’ve Been Trying
6. Pushing Hard
7. Seventeen
8. Is It Fair Enough
9. Living Out Of Touch
10. Don’t Remember
11. Break Down The Wall



             



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