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MYRDHIN - Vol. 1 - Kan An Avel (1974)
Par MARCO STIVELL le 9 Février 2012          Consultée 1774 fois

Les débuts de MYRDHIN ont été très remarqués, surtout en Bretagne et dans d'autres pays du globe. Alors que la France ne reconnait que peu son potentiel, le Japon lui, saura l'acclamer comme il se doit. Le barde participe ainsi allègrement à l'expansion de la harpe et de la musique celtique à travers le monde.

Ce premier 33 tours, publié en 1974 chez Vélia avec qui MYRDHIN signe un contrat à longue durée, est la confirmation de ce talent sur support discographique. Il a été enregistré au château de Kernebat à Plouisy, près de Guingamp dans les Côtes-d'Armor. Par opposition au 45 tours Graal, MYRDHIN n'est plus le seul à être présent dans le spectre sonore, il a invité d'autres artistes et musiciens. On retrouve en particulier la comédienne Sabine Londault, la chanteuse Annig Fouchard, les frères Patrig et Dominig Molard, ainsi que le frère de MYRDHIN, Didier. Ce serait Dominig Molard qui, alors élève de MYRDHIN au lycée de St-Malo et venant d'enregistrer un disque avec ses frères, aurait donné au barde les coordonnées du label Vélia.

Le disque s'ouvre avec "Kan an Avel" (le chant du vent), un texte du poète historique/barde mythique Taliesin, dont l'existence, bien que décrite comme remontant au VIème siècle après JC, demeure un mystère justement par rapport à cette fonction de barde que l'on attribue aussi à Merlin/Myrddhin au Pays de Galles. Le texte a néanmoins été traduit par l'écrivain français Jean Markale, celte de coeur, et le présent arrangement musical est de MYRDHIN. Celui-ci emploie sur toute la longueur une série d'arpèges limpides et de résonances très éoliennes qui créent une forte ambiance digne du titre du poème. Pour obtenir ce son particulier, MYRDHIN a enregistré au cap Fréhel en mettant un micro dans la caisse de résonance de la harpe et c'est ensuite le vent qui faisait chanter les cordes, principe délicat car il faut de la continuité, sans saturation. Pour ce qui est de la voix, je suis un peu plus partagé. Le texte de Taliesin est lu de manière très théâtrale par le timbre grave et profond de Sabine Londault, qui alterne murmures, paroles douces et d'autres nettement plus affirmées. Et même si cela reste fidèle à l'esprit du vent en général, dont on apprend ici toutes les caractéristiques et attitudes de manière très poétique, il s'agit juste d'une question d'attirance par rapport aux "plus affirmées"... Il est néanmoins clair que MYRDHIN tient à nous faire rentrer dans l'univers de son premier album avec beaucoup d'enchantements !

Il nous propose ensuite deux suites gaéliques de sa composition, une sur chaque face du vinyle, en deuxième position. La première, "Tuatha" possède le concours d'un fiddle et d'un bodhran (violon et tambour irlandais) venant célébrer avec la harpe la victoire des Tuatha de Danan/Peuples Dieux de Danu qui vivaient sur la grande île avant que le pays d'Irlande ne soit fondé. Sur la seconde composition, ce sont des whistles (flûtes basses et aigües irlandaises) qui se joignent au bodhran et à la harpe, celle-ci restant l'instrument conducteur. Ces deux suites magnifiques tant dans la composition que l'arrangement alternent jigs et reels, conviant l'auditeur à danser. On retrouve aussi cet esprit sur le traditionnel breton "Ar Pilhaouer" (le chiffonnier), une gavotte au chant très entraînant, se terminant en fête grâce à la présence d'une bombarde et d'un biniou-kozh. L'arrangement, comme pour tous les autres morceaux traditionnels du disque, est de MYRDHIN. Parlons encore du très beau reel "The Boy in the Gap", venu d'Irlande et garni de harpe aux arpèges "roulants" sur l'introduction, de whistles et de percussions.

Parmi les chansons, on retrouve "Graal" du premier 45 T dans un nouvel enregistrement. Le chant n'est pas trop modifié, on note comme différences principalement une production moins ample ainsi que le sifflement, entrant en fade-in (fondu ouvert) et étant un peu rallongé sur le final, ce dernier détail restant le principal atout de cette nouvelle version. "Merzhin Barzh" (Merlin le barde), extraite du Barzaz Breiz, le premier recueil de chansons bretonnes, est encore une splendide danse, un bal-plinn où la voix de MYRDHIN nous émerveille une nouvelle fois. "Houlenn" est une autre musique de MYRDHIN sur un poème, cette fois de Lywarc'h Hen ("Gnawd Gwent"), un druide-barde opposé au christianisme tout comme Gwenc'hlan et Taliesin. MYRDHIN a modifié le texte pour l'adapter, toujours en poésie, au principal souci de la nation bretonne, son existence notamment face à l'oppression française, comparée à cet "ordinaire" qu'il faut "tuer". Nous avons connu cet engagement de MYRDHIN avec la "Diougan Marv Paris" sur le 45 T Graal. Encore plus sombre, "Houlenn" exprime son déchirement par un chant très "habité", plutôt cynique, ce qui peut paraître assez surprenant, voire déroutant pour l'auditeur, mais pas moins essentiel.

Les deux plus belles chansons du disque demeurent "Distro Isold" (le retour d'Yseult) et "A Hed-An Noz". Sur les deux, MYRDHIN est accompagné par la voix sublime de Annig Fouchard. "Distro Isold", sur un mode mélodique mixolydien (de sol) typiquement celtique, nous conte le désarroi d'Yseult lorsqu'elle apprend la mort de son bien-aimé Tristan. La harpe et les voix sont soutenues par l'orgue de Didier Chauvet, dont le solo central marque la première forme d'idée expérimentale dans la musique de MYRDHIN. "A Hed-An Noz" enfin, est un très joli air gallois chanté par les familles à Noël.

Ce premier album nous offre un bel aperçu des capacités de MYRDHIN en terme de composition, d'arrangment et d'interprétation. Le contenu y est divers et le propos toujours poétique. La présence des autres musicien(ne)s est indispensable aussi bien pour affirmer la force traditionnelle des morceaux que toutes ces mélodies que l'on n'oubliera point.

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   MARCO STIVELL

 
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- Myrdhin (harpe celtique, chant)
- Sabine Londault (récit)
- Annig Fouchard (chant)
- Patrig Molard (flûtes, tin whistle, bombarde)
- Dominig Molard (bodhran, percussions)
- Patrig Sicard (fiddle, flûtes, tin whistle, bombarde, biniou-kozh)
- Didier Chauvet (orgue)


1. Kan An Avel
2. Tuatha
3. Graal
4. The Boy In The Gap
5. Distro Isold
6. Merzhin Barzh
7. Suite Gaélique De Myrdhin
8. Ar Pilhaouer
9. A Hed-an Noz
10. Houlenn



             



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