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1971 Rory Gallagher
  Deuce
 

- Style : Led Zeppelin, Jared James Nichols
- Style + Membre : Nine Below Zero

Rory GALLAGHER - Rory Gallagher (1971)
Par TEEMO le 20 Février 2014          Consultée 1798 fois

La carrière solo de l'irlandais débute en 1971 à Londres, après la dissolution, de « Taste », groupe ayant déjà rencontré un certain succès. Et en 1971 on avait déjà écopé des quatre premiers Led Zeppelin, et pas des moindres. On s'était déjà goinfré de riffs ravageurs, bâfré des soli d'un Jimmy Page au sommet de son art, écœuré par sa capacité à revisiter ses morceaux à l'infini lors des concerts... Pourtant, c'est lors de cette même année que Rory Gallagher sort son premier album solo, le début d'une carrière bien fournie en émotions.

Comme pour beaucoup de rockers de l'époque, une des influences majeures du guitariste de Cork est le blues. Il s’imprègne de la musique des bluesmen tels que Otis Rush ou Muddy Waters. Le blues est omniprésent dans les compositions de Gallagher. « Wave Myself Goodbye » et son intro et outro à la Big Bill Brounzy est un des morceaux qui le démontre, malgré son aspect un peu plat et langoureux. Notons également « Gypsy Woman » et « It Takes Time », deux titres bonus qui sont des reprises plutôt réussies dans la plus pure lignée du blues. Elles contrastent assez avec le reste de l'album mais « It Takes Time » repris à la sauce Texas Blues à la manière de Stevie Ray Vaughan ne peut que nous convaincre.

Le versant folko-acoustique de la musique de Rory rappelle parfois celle de Bert Jansch, guitariste et chanteur écossais adulé par Page - « Down by Blackwaterside », morceau TRÈS inspiré de « Blackwater Side » - mais ayant aussi été une influence pour Neil Young (« The Needle and the Damage Done »). Il faut savoir que Rory est très attaché au folklore irlandais, chose qui va se ressentir tout au long de sa carrière et qui contribuera largement, tout comme pour Jimmy Page, à enrichir son style. On le comprend dès l'arrivée du très bon titre « Just The Smile », où Rory est accordé de façon atypique, apportant cette sonorité grandement inspirée du groupe Pentangle, crée par Bert Jansch et John Renbourn. La présence de quelques percussions orientales ne fait que renforcer le rapport avec la musique folklorique. Côté acoustique on a aussi « It's you », une gentille chansonnette, pas dénuée d'intérêt mais dont le mélange mandoline et slide guitare devient agaçant à la longue. Le duo piano/guitare « Im not Surprise », quant à lui s'écoute plutôt bien.

Enfin, le genre de prédilection de l'irlandais : le rock. Quand on connait l'« Irish Tour » ce premier album semble un cran en dessous en termes d'énergie déployée. Bien sûr, nous comparons là un live et un studio, mais les compos rock de l'album éponyme sont nettement plus soft que ce que Rory nous servira plus tard. « Landraumat » est justement le titre qui donne le meilleur aperçu du style que Rory se forgera peu à peu en nous servant une musique puissante et directe. Les fans de soli interminables et inspirés se doivent d'écouter « Hands up ». En revanche, « Sinner Boy » qui fait la part belle aux impros jouées à la slide, nous convainc moyennement, la faute à cette slide qui en fait vraiment trop et qui devient presque fatigante (notamment le passage où il la double avec sa voix). On notera tout de même une finale terrible.
La langoureuse ballade « For the Last Time » est l'occasion d'un solo mémorable qui s'étire sur près de 3 minutes. Mais s'il fallait choisir une composition rock, il faudrait se pencher sur le mid tempo « I Fall Apart » . D'abord porté par des accords au son clair et une voix douce presque timide, ce superbe morceau joue habilement avec les contrastes d'ambiance. Après un solo de folie plein de feeling on retombe sur une atmosphère tamisée et reposante, ponctuée de passages plus relevés et pour enfin déboucher vers un pont instrumental sorti de nulle part qui conclut le morceau avec brio.
Le titre « Can't Believe It's True » est une curiosité puisqu'on y entend Rory jouer du saxophone et nous gâter d'un solo à la fin du morceau. Cet intéressant hommage à deux géants du jazz Eric Dolphy et John Coltrane témoigne que Gallagher était très ouvert d'esprit. Et c'est loin d'être la première fois qu'un bluesman invite le jazz à la fête. Citons Stevie Ray Vaughan, dont le style est portant très ancré dans le blues électrique du Texas, qui compose des morceaux comme « Stang's Swang » ou « Riviera Paradise », sous l'influence certaine de Kenny Burrell et de Wes Montgomery.

Ce qui fait la force de Rory Gallagher c'est sa polyvalence, sa capacité à savoir manier aussi bien l'acoustique que l'électrique et d'y adjoindre une touche de slide souvent très appréciable. Ce premier album contient son lot de titres rock mais l'ensemble est plutôt sage par rapport à ce qu'il produira plus tard. La balance penche du côté soft mais il ne s'agit pas moins d'un album prometteur qui illustre à merveille les capacités du bonhomme.

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- Rory Gallagher (voix, guitare, alto, mandoline, harmonica)
- Gerry Mcavoy (basse)
- Wilgar Campbell (batterie, percussions)
- Vincent Crane (piano)


1. Landromat
2. Just A Smile
3. I Fall Apart
4. Wave Myself Goodbye
5. Hands Up
6. Sinner Boy
7. For The Last Time
8. It's You
9. I'm Not Surprised
10. Can't Believe It's True
11. Gypsy Woman (bonus)
12. It Takes Time (bonus)



             



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