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1971 Rory Gallagher
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Rory GALLAGHER - Jinx (1982)
Par LONG JOHN SILVER le 18 Février 2020          Consultée 1264 fois

Dernier album de Rory GALLAGHER publié par la firme Chysalis, Jinx a été enregistré, comme ses deux prédécesseurs en studio, près de Cologne, chez Dieter Dierks. On sait que l’Irlandais n’aimait pas s’éterniser en studio pour la confection de ses disques, en général cela ne lui prenait pas plus de deux semaines. L’homme préférait mille fois la scène au studio, son bonheur, il le trouvait sur la route, confronté à son public, d’ailleurs son planning de dates était démentiel. Néanmoins, il a désormais ses repères dans cet endroit devenu familier, d’ailleurs il se passe de coproducteur contrairement à ses trois albums studio précédents et assume de nouveau seul la charge de produire. De fait, point de vue du son, il réalise avec Jinx, un excellent boulot, le disque n’a pris aucune ride, il aurait pu être enregistré hier.

Sur cet opus Rory laisse toutefois de côté le Hard Rock qui faisait le liant de Photo Finish et Top Priority, tout en ne l’abandonnant pas totalement. A priori Jinx paraît être moins aventureux que les disques suscités, revenant à une base Blues Rock plus conforme à l’opinion qu’on se fait du style du guitariste. Certains pourraient y voir une forme de retour à la conformité, il semble plus pertinent de penser que l’homme ne souhaitait pas se voir enfermé dans un style, lequel à l’époque menaçait de virer dans une forme de conformisme si l’on se réfère à l’influence portée par l’arrivée des machines sur la musique pop en général. De même la formule power trio se voit complétée avec les interventions de musiciens extérieurs, deux au saxophone (dont un certain Dick Parry, connu pour ses collaborations avec PINK FLOYD) et un claviériste. Enfin Brendan O’Neil succède à Ted McKenna derrière les fûts.

L’album possède quelques temps forts, des morceaux qu’on entendra (plus ou moins) souvent sur scène et est globalement bien équilibré, rien n’est à jeter dans le GALLAGHER. Pourtant il débute avec « Signals », un titre relativement enjoué où l’on reconnaît d’emblée le riffing propre au guitariste; or celui-ci aussi sympa soit-il ne figure pas parmi les plus remarquables de son créateur, aussi on peut se demander pourquoi il est placé en ouverture de l’album. Quelques années plus tard, en 1988, à l’occasion de sa première réédition en CD, c’est l’incisif « Big Guns », LE morceau Hard Rock du disque, qui se verra attribuer cette première place. Idem pour la réédition remastérisée de Jinx publiée en 2000. C’est d ‘ailleurs tout l’ordre du track-listing qui se verra chamboulé sur ces deux rééditions, chacune de ces sorties contenant des titres bonus différents*. Mais revenons à l’édition originale publiée en 1982, qui fait l’objet de cette chronique. Sur les planches c’est « Double Vision », mid tempo orné de guitare slide à la mélodie simple et efficace, qui gagnera les faveurs de l’Irlandais, véritablement un excellent morceau.

L’entraînant « The Devil made Me Do It », un boogie de bon aloi, fait également belle figure. Toujours sur un mode up tempo, on déniche « Bourbon » baigné de Rock’n’Roll old school, l’influence de Chuck Berry y est palpable la plupart du temps, l’effet réjouissant, on tape (forcément) du pied. L’album contient une reprise qu’on doit à un trio d’auteurs chevronnés du music business US (Henry Glover/Morris Levy/Teddy Reig), il s’agit de « Ride On Red, Ride On » au shuffle accrocheur, un titre figurant au répertoire du bluesman afro-américain Louisiana Red dès 1963. Retour au mid tempo empreint de Soul avec « Loose Talk » pour finir le disque, Rory y est toujours aussi chaleureux même si cette honnête chanson ne saurait prétendre au rang de réussite majeure. Deux morceaux plus lents complètent la liste, le slow Blues « Easy Come, Easy Go » à la très belle mélodie, on imagine ce qu’aurait pu donner pareil titre dans les paluches d’un producteur aux dents acérées alors qu’elle reste dans un apparat simplissime ici. L’autre morceau lent est « Jinxed » au balancement hypnotique, au potentiel tubesque absolu pour peu qu’on y adjoigne tout un tas d’effets sophistiqués auxquels l’Irlandais aurait opposé une fin de non recevoir non négociable pour peu qu’on le lui ait proposé pareille option.

Rory Gallagher se moquait éperdument de faire un hit, a toujours défendu son indépendance : si Jinx ne constitue pas un sommet dans sa carrière, il n’en demeure pas moins parfaitement intègre et donc digne d’intérêt autant que de respect. On perçoit que si l’Irlandais s’était laissé tenté par les sirènes (ou canons) de son époque on aurait pu obtenir un résultat sonnant soit comme DIRE STRAITS ou Chris REA dans esprit soft/cool, ou alors, s’il avait choisi de conserver l’option Hard Blues, comme ce que ne tarderait pas à faire ZZ TOP. Franchement on préfère la voie choisie, maintenue même, par notre barde préféré, débordante de sincérité, aux sentiers vaporeux noyés par l’abus du couple infernal reverb/noise gate, bordés de cuivres synthétiques et autres fariboles proprettes compressées de sinistre mémoire. Chez Rory, aucun robot derrière la batterie, ce n’est pas un séquenceur qui prend la place du bassiste, d’authentiques saxophones jouent, il y a des aspérités. Cela s’appelle l’authenticité. Et oui, on préfère qu’il en soit ainsi.

* « Hellcat »en 1988 ; « Nothin’ But The Devil » et « Lonely Mile » en 2000

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Rory Gallagher (guitare, chant, harmonica)
- Gerry Mcavoy (basse)
- Brendan O'neil (batterie)
- +
- Ray Beavis (sax)
- Dick Parry (sax)
- Bob Andrews (claviers)


1. Signals
2. The Devil Made Me Do It
3. Double Vision
4. Easy Come, Easy Go
5. Big Guns
6. Jinxed
7. Bourbon
8. Ride On Red, Ride On
9. Loose Talk



             



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