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- Style : Bob Dylan , Neil Young , The Band , Tom Petty & The Heartbreakers
- Membre : Crosby, Stills, Nash & Young, David Crosby , Manassas, Gene Clark

The BYRDS - Ballad Of Easy Rider (1969)
Par BAAZBAAZ le 13 Mai 2014          Consultée 2132 fois

Après la mort des BYRDS en 1968, un faux groupe d’usurpateurs a continué à sortir des disques et à tourner. Aux commandes de cette supercherie, Roger McGuinn – seul survivant d’une époque dorée qu’il trahit à grand renfort de médiocrité artistique – est parvenu avec Dr. Byrds & Mr. Hyde à sortir un album un peu foutraque mais somme toute potable. Mais tous les signaux sont restés au rouge : manque d’inspiration, songwriting poussif, recours excessif à des reprises, et abus de country rock insipide (un pléonasme ?)… Alors que les années 60 s’apprêtent à rendre l’âme, les BYRDS qui en furent l’un des symboles les plus prodigieux semblent avoir suivi le même chemin. Après tout, la grandeur d’un groupe est aussi celle du contexte historique dans lequel il naît, et cela implique une date de péremption.

Coup de chance pour les imposteurs : pendant l’été 1969 sort un film mythique (du moins pour les chanceux qui ne l’ont pas vu) appelé Easy Rider. Tout aussi mythique – mais cette fois c’est justifié – sa bande originale comporte, aux côtés de STEPPENWOLF ou HENDRIX, une belle complainte mélancolique intitulée « Ballad of Easy Rider ». Composée par McGuinn à partir de bribes de poésie écrites par DYLAN, cet hymne à la liberté incarne l’esprit d’un film au succès foudroyant. L’occasion est trop belle : les BYRDS, qui sont déjà en studio pour préparer leur prochain album, décident de capitaliser sur cet engouement. La chanson est réenregistrée avec des arrangements plus opulents, moins secs et moins folk (les deux versions sont intéressantes) et le titre du disque, après quelques hésitations, prend le même nom.

Ballad of Easy Rider, huitième album des BYRDS, sort en novembre 1969. La photo de motard qui orne la pochette, bien qu’elle n’ait rien à voir avec le film, joue l’ambigüité. Cela fonctionne dans une certaine mesure, puisque le disque – sans être toutefois un grand succès – se vend un peu mieux aux Etats-Unis que les trois précédents. En fait, il y a tromperie sur la marchandise car il n’y a aucune relation entre les autres chansons et Easy Rider. Mais peu importe. La seule vraie question est : que vaut l’album ? Et la réponse est : pas grand-chose. Car le problème n’est pas tant dans la démarche (profiter d’un petit regain de popularité) que dans le contenu. Et celui-ci, sans être déshonorant, est d’une platitude assez préoccupante.

Derrière la chanson titre – aux qualités évidentes – s’étend une longue route monotone parsemée de reprises et de réarrangements de morceaux folk traditionnels… Autant dire qu’on ne s’est pas trop foulé en studio, surtout lorsqu’il s’agit de cuisiner à sa sauce le répertoire chrétien (« Oil in My Lamp ») ou un chant de marin (« Jack Tarr and the Sailor »). Personne ne prétend que tout cela salit les oreilles. Mais quel intérêt ? Ici, les BYRDS ne sortent que ponctuellement de leur train-train : « Fido » et la putassière « Jesus is Just Allright » (dont les DOOBIE BROTHERS, plus malins, sauront faire un hit) remplissent le cahier des charges rock, alors que « It’s All Over Now, Baby Blue » (merci DYLAN…) est une ballade exquise. Mais la fin de l’album n’en est pas moins un long tunnel aride hanté par des geignardises country et ponctué par 1’40 minutes de nullité musicale pure (« Armstrong, Aldrin and Collins »).

Cul-bénis et cul-terreux, les BYRDS font vaguement pitié. L’album a pourtant des qualités. Il installe une ambiance sereine, ample et chaude, typiquement américaine. Et grâce à Terry Melcher, le producteur qui avait accompagné le groupe à ses débuts, il a un son superbe. De plus, l’arôme de rock sudiste qu’il dégage par moments laisse imaginer la voie qui aurait pu être ici empruntée. Mais pour qu’une ligne artistique puisse être choisie et suivie, il faut de l’inspiration, il faut composer… Et pour qu’elle mène quelque part il faut surprendre, innover, briller… Hélas, Ballad of Easy Rider demeure une ébauche, une esquisse un peu confuse à laquelle il manque les grandes chansons et une personnalité propre. La cause du mal est évidente et profonde : sans songwriter, avec pour seule tête pensante un McGuinn dont le talent d’écriture est limité, ces faux BYRDS sont une coquille vide écrasée par l’ombre d’un passé prestigieux.

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- Roger Mcguinn ( guitare, chant)
- Clarence White (guitare, chant)
- John York (basse, chant)
- Gene Parsons ( batterie, banjo, chant)


1. Ballad Of Easy Rider
2. Fido
3. Oil In My Lamp
4. Tulsa County
5. Jack Tarr The Sailor
6. Jesus Is Just Alright
7. It's All Over Now, Baby Blue
8. There Must Be Someone
9. Gunga Din (parsons)
10. Deportee (plane Wreck At Los Gatos)
11. Armstrong, Aldrin And Collins



             



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