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FOLK  |  STUDIO

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- Style : Bob Dylan , Neil Young , The Band , Tom Petty & The Heartbreakers
- Membre : Crosby, Stills, Nash & Young, David Crosby , Manassas, Gene Clark

The BYRDS - Fifth Dimension (1966)
Par BAAZBAAZ le 14 Avril 2014          Consultée 3219 fois

Lorsque sort Fifth Dimension en juillet 1966, un tremblement de terre a eu lieu : Gene Clark est parti. Lui, le principal compositeur du groupe, la star des concerts adoubée par les médias, le beau gosse chouchou du public féminin. Lui qui volait tant la vedette à McGuinn et Crosby, relégués au second plan et jalousant son inspiration, son talent et son charisme. Son départ marque la fin des premiers BYRDS, les siens. La fin d’une époque qu’il a dominée en écrivant la plupart des chansons originales qui illuminent les deux albums précédents. Isolé dans le groupe, victime de ses peurs et de ses phobies (il refuse de prendre l’avion), tenté par les excès liés à la célébrité, il s’en va pour une carrière solo d’où émergeront des disques ahurissants, mémorables, mais ignorés du grand public. Avant l’oubli, la déchéance, et finalement une mort précoce en mai 1991, un mois presque jour pour jour après celle de Steve Marriott…

Ayant quitté le groupe dès février 1966, Gene Clark ne participe pas à l’enregistrement du disque. Il lègue une dernière pépite : « Eight Miles High », l’une des chansons les plus emblématiques de son temps, annonciatrice du virage psychédélique de la culture américaine. Ces quelques minutes de délectable apesanteur sont le dernier vrai single à succès des BYRDS, sans toutefois susciter la même ferveur que « Mr. Tambourine Man » ou « Turn! Turn! Turn! ». Il faut dire que les références à peine masquées à la drogue provoquent son bannissement des ondes. De plus, et surtout, McGuinn opère avec sa guitare un formidable travail d’évolution artistique : influencé par JOHN COLTRANE et RAVI SHANKAR, il incorpore des intonations jazzy et raga qui rendent la chanson aussi intéressante qu’anti-commerciale. D’un seul coup, le groupe change de voie et rend sa musique plus cérébrale et moins accessible.

Forcé de réagir pour survivre au départ de son songwriter en chef, les BYRDS s’adaptent. Le vide créé par l’absence de Gene Clarke est comblé par la maturation accélérée de McGuinn et Crosby, qui prennent leurs responsabilités. Ce sont les deux grands artisans de ce troisième album qui rompt, au moins partiellement, avec les racines strictement folk du groupe. C’est d’ailleurs la meilleure partie de Fifth Dimension, la seule qui marque un effort de composition notable. Si « 5D Fifth Dimension » demeure assez classique (malgré la présence de VAN DYKES PARKS à l’orgue), « What’s Happening ?!?! » et « I See You » dévoilent un style différent, plus abstrait et plus exigeant. La production est moins brumeuse que par le passé mais les chansons sont plus complexes. Anticipant la mode imminente, les deux nouveaux leaders entrent résolument en territoire psychédélique.

Hélas, cela ne concerne que la moitié du disque, et encore. Pris dans la tourmente, le groupe n’a ni le temps ni les ressources pour aller jusqu’au bout de cette révolution et proposer ainsi le chef d’œuvre qui aurait pu en découler. Faute de mieux, les BYRDS font dans la facilité et reproduisent en pilotage automatique la vieille recette de leurs débuts : ils piochent quelques rengaines dans le répertoire folk traditionnel et enrobent le tout d’arrangements électriques destinés à donner du nerf à des complaintes sérieusement surannées. Ainsi, « Wild Mountain Thyme », « I Come and Stand at Every Door » et « John Riley » sont majestueuses, bien exécutées et chantées avec conviction. Mais elles sont un peu lisses et faciles et font pâle figure face à l’intense effort d’innovation que révèlent les compositions originales de l’album. Et les inutiles « Captain Soul » (un R&B sans âme) et « 2-4-2 Fox Trot » (laide à faire peur) confirment que Fifth Dimension est un disque bâtard et déséquilibré.

Mi-avant-gardistes, mi-bouseux, les BYRDS sont donc restés au milieu du guet. A la pertinence ébouriffante de leur soudaine excursion hors des sentiers battus répond la pesanteur d’un folk rock monotone à l’arôme déjà éculé. Sans compter que pendant cette période, la Byrdsmania s’estompe aussi vite qu’elle a commencé. Le public se trouve de nouvelles idoles éphémères et s'amorce une période de semi-obscurité (les singles et les albums continueront tout de même à se vendre honorablement). Mais peu importe : des horizons artistiques plus amples se sont ouverts. Moins exposé, moins scruté par les médias, délesté de son statut un peu encombrant de coqueluche des adolescents branchés, le groupe a fait sa mue, continue son cheminement et s’apprête à consolider sa place dans l’histoire du rock.

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   BAAZBAAZ

 
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- Roger Mcguinn (guitare, voix)
- David Crosby (guitare rythmique, voix)
- Chris Hillman (basse, voix)
- Michael Clarke (batterie)


1. 5d (fifth Dimension)
2. Wild Mountain Thyme
3. Mr. Spaceman
4. I See You
5. What's Happening?!?!
6. I Come And Stand At Every Door
7. Eight Miles High
8. Hey Joe (where You Gonna Go)
9. Captain Soul
10. John Riley
11. 2-4-2 Fox Trot (the Lear Jet Song)



             



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