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ROCK  |  STUDIO

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- Style : Bob Dylan , Neil Young , The Band , Tom Petty & The Heartbreakers
- Membre : Crosby, Stills, Nash & Young, David Crosby , Manassas, Gene Clark

The BYRDS - Farther Along (1971)
Par BAAZBAAZ le 25 Juin 2014          Consultée 1826 fois

Alors les BYRDS, fin 1971, ça ressemble à quoi ? Un groupe de semi-losers barbus qui ont perdu toute crédibilité en studio mais qui attirent en concert suffisamment de trentenaires nostalgiques pour être rentables. Comme tous les survivants des 60s, ils font déjà figure de dinosaures que les moins de vingt ans – happés par le hard, le prog ou le glam – snobent avec dédain. Les BYRDS sont devenus une attraction, une curiosité de plus en plus en décalage avec son temps et menée par un Roger McGuinn vieilli et bouffi qui navigue à vue. Le rythme est implacable : les tournées sans fin succèdent aux albums sans âme et les restes de notoriété hérités du passé s’estompent petit à petit. Les années passent, et le cœur n’y est plus.

Mais commençons par le seul point positif : cet onzième album a le grand mérite de réhabiliter indirectement le producteur Terry Melcher, rendu responsable de l’échec de Byrdmaniax et viré sans ménagement par le groupe. Or même sans lui, Farther Along est tout aussi mauvais. Ce qui prouve bien que, contrairement à un mythe tenace répandu chez de nombreux artistes, fans et critiques rock, les choix de production sont assez secondaires par rapport aux compositions. Ainsi les BYRDS, persuadés que Melcher a gâché leurs chansons, se voilant la face quant à leur propre inanité artistique, s’enferment-ils en studio à Londres pendant cinq jours en juillet 1971 avec la ferme ambition de faire mieux que lui. Ils en sont incapables.

En fait, Byrdmaniax et Farther Along souffrent du même mal. Les chansons qu’ils contiennent sont mornes, routinières et banales. Dès lors, peu importe l’enrobage. A la production léchée et pompière de Melcher, les BYRDS répondent par un son volontairement rugueux, rêche, proche du live. Mais le résultat est autant ennuyeux : c’est à la fois balourd (« Tiffany Queen », « B.B. Class Road »), indolent (« Bugler », « Lazy Waters ») et besogneux (« Farther Along »). Rien n’affleure à la surface, si ce n’est peut-être le temps d’une « Antique Sandy » dont la mélodicité est une légère bouffée d’air. Le retour aux sources – illusion classique d’un groupe à bout de souffle – est un fiasco. La musique a beau être plus directe, plus coriace, elle est tout aussi déshonorante que sur l’album précédent.

A peine sorti de studio, le groupe sait déjà qu’il s’est encore fourvoyé. Les ventes sont misérables et l’ambiance devient lourde. Pendant quelques mois, le cycle infernal semble pourtant continuer : les tournées continuent et des nouvelles chansons sont enregistrées. Mais en fait, le grand jeu de massacre a commencé. McGuinn, leader par défaut, sans carrure, vire les uns après les autres les membres du groupe. Gene Parsons est remercié en juillet 1972, puis c’est le tour de Skip Battin début 1973. Il s’agit de faire place nette afin de réaliser un projet visant à reformer les BYRDS originels. Sans annonce fracassante, sans gloire et sans délicatesse, le line-up poussif qui s’était assemblé un peu au hasard à la fin des années 60 se disloque enfin. Il était temps. L’univers tout entier pousse un discret soupir de soulagement.

Le dernier à être poussé vers la sorti est Clarence White en février 1973. Peut-être alors faut-il malgré tout rendre hommage à ce grand guitariste. Sous-utilisé, alors même que les disques sur lesquels son empreinte est la plus forte (Dr. Byrds & Mr. Hyde et Untitled) sont les meilleurs de ces années honteuses, il s’est sans doute trop obstiné sur des chemins country au détriment de son splendide feeling rock. Mieux entouré, flanqué d’un songwriter à sa mesure, il aurait pu donner bien plus. Sa mort en juillet 1973 – il est tué par un chauffard ivre – en fait l’une des innombrables étoiles filantes de cette époque. Il reste de lui de précieux extraits de concerts où il affiche toujours le même air renfrogné et la même technique irréprochable. Au sein des tristes BYRDS à la sauce McGuinn, ce musicien était la seule vraie consolation.

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- Roger Mcguinn (chant, guitare)
- Clarence White (guitare, mandoline, chant)
- Skip Battin (basse, chant)
- Gene Parsons (batterie, harmonica, banjo, chant)


1. Tiffany Queen
2. Get Down Your Line
3. Farther Along
4. B.b. Class Road
5. Bugler
6. America's Great National Pastime
7. Antique Sandy
8. Precious Kate
9. So Fine
10. Lazy Waters
11. Bristol Steam Convention Blues



             



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