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Pat BENATAR - Seven The Hard Way (1985)
Par LONG JOHN SILVER le 22 Novembre 2015          Consultée 1596 fois

Début 1985, Pat Benatar devient maman, chose inenvisageable pour son label qui lui interdit toute communication publique sur le sujet. Le big boss de Chrysalis s’apprête à mettre les bouts après avoir ramassé le pactole, mais comme le disait la chanson : « meet the new boss, same as is old boss »… en pire, car si l’ancien connaissait le monde de la musique, celui qui prend sa place est surtout doué en comptabilité. On réclame un single, Holly Knight finalement pas fâchée du traitement jadis réservé à « Love Is A Battelfield » propose à Pat d’enregistrer « Invincible » pour les besoins de la B.O du film The Legend Of (tiens,tiens) Billie Jean. Le film est un naufrage commercial* mais le single, soutenu par MTV, marche très très bien. Cela aiguise l’appétit du label qui exige le respect strict du contrat « un album par an ». Pat et Neil Giraldo n’ont rien écrit mais ils entrent en studio sous la contrainte, avec leur bébé sous les bras.

Paru au beau mileu des 80’s, Seven The Hard Way** est l’album de Pat Benatar qui porte le plus en lui les stigmates de production de cette décennie sournoise au travers d’un son réverbéré à tous les étages ou encore l’utilisation décomplexée des synthés et autres boîtes à rythmes. Pourtant Seven The Hard Way qui est aussi son 7e disque***, en dépit des conditions stressantes de sa réalisation qui font de celui-ci un souvenir douloureux pour ses auteurs, de l’implacable logique commerciale qui l’a engendré, est un court album de rock assez pêchu, carré, efficace, celui où la chanteuse fait peut-être le plus étalage de son talent.

Comme on est pris de court, les compositeurs extérieurs reviennent en force, le duo Kelly/Steinberg n’est jamais bien loin, il offre d’emblée « Sex As A Weapon », un single redoutable avec des guitares claires au grain épais comme du maïs de compétition, Pat revient à un chant engagé très rentre dedans, la chose manquait sur Tropico. Le message féministe pouvant – par ailleurs - tout aussi bien s’adresser à Chrysalis. J’ai déjà évoqué « Invincible », parue en single plusieurs mois avant, cette chanson produite par Mike Chapman – encore une vieille connaissance - est incorporée à l’album, faute de matériel suffisant et c’est tant mieux car passée son intro martiale elle ne tarde pas à délivrer sa mesure, les grattes envoient du bois alors Pat y est impériale, notamment sur son final héroïque. Troisième et dernier single, « Le Bel Age » est également une compo de commande, sympathique, ouvertement pop, elle est néanmoins moins marquante.
Alors pour remplir l’espace Pat et Neil sont allés chercher « 7 Rooms Of Glooms » chez les FOUR TOPS****, et le moins qu’on puisse dire c’est que cette reprise dépote carrément, c’est du rock joué par un groupe de new wave sous amphétamines, Pat t’arrache les yeux comme au bon vieux temps, on entend même un solo de bravoure de Neil sous les couches de réverbérations.

Au deuxième rang se trouvent alors relégués les titres maison, mais là encore on va trouver de plus que plaisants moments. J’en veux pour preuve « Big Life » très rock, presque garage dans l’esprit avec son beat proto-indus enchaînée à « Red Vision », plus lourd, qui possède les mêmes caractéristiques, y’a d’l’idée…
Auparavant « Walking In The Underground », une ballade rock qui aurait pu figurer en bonne place sur Tropico résonne des percus de Lenny Castro, elle permet à Neil Giraldo d’enquiller un remarquable solo, puis les ooh ooh de Pat accompagnent la coda comme il se doit. En deuxième partie l’apaisant « Run Between The Raindrops » vient à point nommé après l’ouragan « 7 Rooms… », le solo de Neil Giraldo s'en vient briser la glace... et toujours ces ooh ooh, incontournables et délicieux…

« The Art Of Letting Go » se dépose comme un clin d’œil en fin de parcours, la chanteuse y accomplit des prouesses, le solo de guitare est aussi court qu’ingénieux, la simplicité et la légèreté de la chanson apportant une conclusion rafraîchissante à un ensemble le plus souvent sous tension. Sous tensions, même, parce que ce disque accompli dans l’urgence a quelque part fait revenir le naturel rock’n’roll au galop. Tropico, enregistré dans des conditions idylliques, restait suave d’un bout à l’autre, là on sent bien que Pat est agacée, du coup elle envoie ses coups de gueules légendaires or c’est beaucoup pour cela qu’on l’aime. Surtout que l'album résonne de guitares.

Seven The Hard Way est le disque de Pat Benatar qui aura coûté le plus cher; cependant il sera le premier à ne pas atteindre le million exemplaires vendus. L’album n’a, par ailleurs, pas plus connu que son prédécesseur de réédition en remaster et se trouve épuisé sur support CD. Le mieux c’est de l’écouter en vinyle de toute façon, surtout que le vilain petit canard, le mal aimé porteur de souvenirs pénibles, est peut-être bien un cygne en réalité. À (re)découvrir en tout cas.

* Et même artistique si on en croit Pat
** Titre que l’on pourrait traduire par « Le pari intenable »
**** Pat Benatar inclus Live From Earth dans le lot
**** Groupe vocal soul Afro américain Motown des 60's

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Pat Benatar (chant, voix)
- Neil Giraldo (guitare)
- Myron Grombacher (batterie)
- Charly Giordano (claviers)
- Donnie Nossov (basse)
- +
- Lenny Castro (percussions)
- Upton Horns (cuivres)


1. Sex As A Weapon
2. Le Bel Age
3. Walking In The Underground
4. Big Life
5. Red Vision
6. 7 Rooms Of Gloom
7. Run Between The Raindrops
8. Invincible
9. The Art Of Letting Go



             



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