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Pat BENATAR - Gravity's Rainbow (1993)
Par LONG JOHN SILVER le 21 Novembre 2016          Consultée 1158 fois

Récemment, un de mes jeunes cousins, connaissant mon intérêt (déviant) pour la carrière de Pat BENATAR, me demandait de lui conseiller un ou deux albums à posséder dans la disco de la dame. Quel brave homme ! Mais fournir réponse sage à pareille attente est ardu. Quand on vient d’aussi loin que moi, on sait que Crimes Of Passion est incontournable mais que si on veut écouter le disque où elle impressionne le plus, il faut passer Seven The Hard Way. Si on veut mettre en avant son esprit (de contradiction) rock’n’roll, on citera Wide Awake In Dreamland, mais si on veut (presque) tous les classiques, c’est 35th Anniversary Tour qui est le mieux placé. On évitera en revanche d’évoquer aucune des (dizaines de) compilations publiées, ou non, selon les marchés concernés. Sauf que la version ultime de « Heartbreaker » reste celle gravée sur In The Heat Of The Night, le tout premier album qui a conservé son aura de document historique. Évidemment, on ne cite jamais les albums post 80’s, ceux qui n’obtiennent plus de certifications. Ils ont échappé à beaucoup, cela pour différentes raisons autres que celles liées à l’usure des sentiments : ceux que le public éprouve envers les artistes qui ont passé l’heure de gloire. Pourtant, - avec le recul -, il apparaît regrettable de se priver de Gravity’s Rainbow.

Dès avant 1993, Neil et Pat ont bâti leur propre studio à la maison, détiennent les clés de leur production, imposent leur propre calendrier pour continuer de bosser avec Chrysalis. Alors que le Label est repris par EMI. Ayant obtenu des scores honorables en 1991, en plus des bonnes critiques, via un album de blues, le couple décide de revenir aux fondamentaux. L’enregistrement se déroule avec un nombre limité d’intervenants. On récupère Myron Grombacher à la batterie sur tout le disque, auquel vient s’adjoindre Frank Linx à la basse pour faire resurgir la configuration du groupe. Or, ce line-up (éphémère) se révèle être le plus cohérent ayant jusqu’alors figuré sur un disque de la chanteuse. On regrette même qu’un saxophoniste vienne s’intercaler entre les musiciens sur un titre (« Crazy ») alors qu’un violoniste ainsi qu’un violoncelliste restent très discrets sur un autre (« Somebody’s Baby »). L’album ne contient en outre aucune reprise, tous les titres sont signés par Giraldo, (presque) tous cosignés par Pat ou Myron Grombacher, voire les deux, même Frank Linx est mis à contribution. De fait, il s’en dégage une forme de compacité qui tranche avec les enregistrements d’interprètes en solo, souvent accompagnés par des requins renifleurs de cachetons.

Ce qui frappe aussitôt à l’écoute de Gravity’s Rainbow, c’est son mimétisme avec Wide Awake In Dreamland. Passée une intro mélo au piano, les deux premières chansons sont quasiment des copiés/collés (dans l’esprit) des deux premiers titres de l’opus 1988. Plus loin, « You And I » est la petite sœur de « Too Long A Soldier », au final on obtient un album avec de nouveau un agencement où alternent ballades et rocks qui percutent dans ta face. Pareil qu’en 88. À peine plus long que ses prédécesseurs, Gravity’s Rainbow n’est pas dénué de quelques longueurs : « Crazy », un jump blues énergique (en lien avec True Love pour le coup), part très bien mais s’étiole quelque peu, perd de son efficacité ; idem pour « Rise (Part 2) », un blues (quasi) acoustique un poil trop propre ou encore concernant la bien sympathique quoique conventionnelle « Kingdom Key ». « Every Time I Fall back » est une ballade habilement cousue. On reconnaît la formule, sans doute trop. Mais il y a à côté de cela des passages bien plus électrisants comme les fillers que sont en apparence « Ties That Bind » ou le final « « Tradin’ Down », qui s’avèrent être en vrai de sacrées baffes. Des comme on aimerait en recevoir plus souvent. Ailleurs, « Sanctuary » défouraille des frappes chirurgicales tout en donnant envie d’éructer le refrain pour accompagner une Pat qui envoie ce qu’elle a dans tes tripes. Ce qui est délicieux de sa part. Quel tempérament !

Mais ce n’est pas tout : presqu’au centre du disque, se situe la doublette (ballade/rock pêchu) « You And I »/ « Disonnected », idéalement placée juste après un début quasi parfait. « You And I », la ballade kitu, fait vite comprendre à ceux qui ne seraient toujours pas au jus que Pat BENATAR est la meilleure chanteuse de classic rock ever. Pas d’effet à la con dans sa voix, juste le sentiment qu’elle est là, qu’elle chante pour toi, « You And I » est tout simplement une des plus belles chansons de Pat BENATAR. Puis « Disconnected » aux guitares Hendrixiennes envoie son comptant de foudre, Neil Giraldo s’y octroie la vedette à égalité avec l’interprétation pleine d’autoritarisme de sa douce. Encore un moment d’une amplitude jouissive. D’ailleurs c’est ainsi que l’album avait commencé, avec « Everybody Lay Down », un hymne puissant qui tutoie « All Fired Up » sur son terrain et qui donne envie lui aussi d’envoyer les « hey/no/wait/go » en même temps que Pat. Auquel s’ensuit (comme il se doit) une ballade : « Somebody’s Baby », calquée sur « One Love » mais nettement plus attrayante. On aurait difficilement pu faire mieux pour en imposer d’entrée. Ce disque met la niaque d’emblée et on n’en démord quasiment pas.

Gravity’s Rainbow ne contient (commercialement s’entend) qu’un demi-classique sur sa track-list (« Everybody Lay Down », son premier single) mais compte au moins quatre autres chansons qui soutiennent mieux que la comparaison avec les titres les plus encourus sur les best of qui ont fait flores aussitôt qu’EMI s’est adjugé le catalogue Chrysalis. À la relecture, rien de vraiment médiocre ne figure sur ce disque, c’est simple il est aussi excellent qu’il est méconnu. L’affaire partait bien, « Everybody Lay Down » commençait à faire effet sur les ondes, mais un événement inattendu – le même s’était (pourtant) déjà produit pendant la finalisation de l’album Tropico – va stopper net la tournée et la promo de Gravity’s Rainbow : Pat attend son second enfant. Ce qui aura pour conséquence rapide la rupture définitive de son association avec son label historique. Mais aussi que tout ce qu’elle fera sera conditionné par des priorités d’ordre familial. Dommage pour Gravity’s Rainbow qui n’en reste pas moins un album de fort belle tenue dans la disco de Pat. Un de ses meilleurs, sinon son meilleur disque. Cousin, si tu nous écoutes.

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Pat Benatar (chant)
- Neil Giraldo (guitare, claviers)
- Myron Grombacher (batterie)
- Frank Linx (basse)
- +
- Greg Piccolo (saxophone sur 7)
- Richard Dodd (violoncelle sur 2)
- Donte Scher (violon sur 2)


1. Pictures Of A Gone World
2. Everybody Lay Down
3. Somebody's Baby
4. Ties That Bind
5. You And I
6. Disconnected
7. Crazy
8. Every Timei Fall Back
9. Sanctuary
10. Rise (part 2)
11. Kingdom Key
12. Tradin' Down



             



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