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UN PEU DE TOUT  |  COMPILATION

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2013 Cure Sq
2014 Sq Swing
2015 Last Sq
 

- Style + Membre : Nobuo Uematsu , Yasunori Mitsuda , Yoko Shimomura

SQ SERIES - Last Sq (2015)
Par CHIPSTOUILLE le 4 Mars 2016          Consultée 676 fois

Le décevant SQ Swing était rembourré de 4 titres non originaux. On peut dire que Square Enix nous avait bien chauffés à blanc. Son successeur Last SQ inverse les statistiques. C’est au tour des reprises originales de n’être plus qu’au nombre de 4. Peu importe finalement la qualité de ces maigres offrandes – 2 des quatre titres bloquent le compteur à 1 minute 39 - on sort les bazookas, les bâtons de dynamite et les banana bombs, Banzai ! Sauf que non. Certains pourront nous taxer ici d’avoir l’esprit de contradiction, mais last SQ mérite que l’on remette les choses dans leur contexte.

A quoi sert une compilation? Si à l’ère du disque elle était un tremplin à la découverte, le digital a rendu tout cela obsolète. Il y a pourtant quelques cas particuliers, comme cet Analord d’AFX, qui permettait de transformer une expérience élitiste d’11 EP produits uniquement sur vinyle, en un objet plus banal certes, mais plus accessible et pratique. Certains artistes « à single », comme c’est le cas de U2, trouvent l’état de grâce dans ce format. Pour ceux qui ne souhaitent pas tomber de Charybde en Scylla sur les albums studio, la compilation est généralement une valeur sûre.

L’exercice est déjà plus questionnable chez des artistes capables (ou tout du moins qui l’ont été à un moment de leur carrière) de tenir la dragée haute sur l’intégralité d’un album studio. Il peut même s’avérer carrément casse-gueule. Certains artistes en effet, comme PINK FLOYD ou PARADISE LOST, créent des ambiances marquées d’un album à l’autre. Comment alors donner de la cohérence à un produit purement marketing, ne s’inscrivant dans aucune démarche artistique particulière. L’exercice du live permet de redonner une cohérence à un tout hétérogène, la compilation, non.

TRI YANN, à force de s’essayer à l’exercice, a malgré tout démontré que cela était possible sur quelques itérations de leurs trop nombreuses compilations. On se doute que si les CHEMICAL BROTHERS se décidaient à compiler tous les titres où Beth Orton vient pousser des vocalises, le disque aurait une certaine légitimité. Les fans de DREAM THEATER ont probablement déjà tenté de se faire la « AA suite » d’une traite. Mais bien souvent, il s’agit d’exceptions.

On en revient donc à notre série SQ. A chaque album, ou presque, un genre différent. Sur chaque album, ou presque, autant d’interprètes que de titres. Enfin, à la source une panoplie de compositeurs aux affinités variées, bien qu’on ne puisse dénier des influences réciproques, mais véritablement transfigurés dans cette série d’albums. Mettez-vous deux secondes à la place de la personne qui a dû s’atteler à la tâche de compiler l’ensemble, c’était mission impossible.

Si Impossible n’est pas français, il semblerait que le dicton ait également cours au Japon. Car derrière le produit marketing, Last SQ réalise la prouesse d’être un disque tellement hétérogène qu’une ligne conductrice finit par en ressurgir. Le passage du traditionnel au Jazz se fait naturellement. Le classique fornique avec l’Electro comme si les deux avaient toujours cohabité. Entendre une chanteuse pop ou un guitar-hero débarquer après plus de deux heures de titres instrumentaux se fait le plus naturellement du monde.

En analysant un peu le contenu, on découvre que le support double réalise une dichotomie des genres. Le premier disque donne la part belle aux instruments acoustiques avec en tête d’affiche la musique folklorique, le Jazz et la musique de chambre. Le second en revanche, se pare d’un beat presque constant de part et d’autre, créant un liant et un socle à tous les délires électro qui jalonnent cette seconde partie. Bien entendu, pour apprécier pleinement l’ensemble, il faut faire preuve d’une foutue ouverture musicale, ne cracher ni sur la guitare saturée, ni sur l’accordéon, ni sur la techno ou les délires sous amphétamines propres à l’archipel japonais. La ligne directrice, c’est la mixité des genres, c’est la musique de jeux vidéo sous toutes ses formes, et la force nostalgique des mélodies d’origine systématiquement bousculées.

Restent les fameux quatre titres, qui introduisent et concluent les deux disques. Stratégiquement placés, on pourrait croire qu’ils sont là pour annoncer une couleur d’ensemble et gérer les transitions difficiles. Que nenni, ils en rajoutent une couche, comme s’ils étaient chacun sortis de quatre disques SQ, avec chacun leur genre, leur ambiance, leur couleur. C’est peut-être même avec eux que la prise de risque est la plus forte, et que les transitions semblent parfois moins réussies. Une impression surtout liée à des conclusions expéditives sur 3 d’entre eux.

Last SQ aurait put être la compilation la plus incohérente et indigeste jamais sortie. En lieu et place, elle nous offre une déclaration d’amour à la musique, essentiellement instrumentale, sous presque toutes ses formes. Si la série des SQ devait s’arrêter ici, on peut dire qu’elle nous offre avec ce double disque un magnifique baroud d’honneur. Certains regretteront le manque de nouveautés. Mais la plupart d’entre nous n’ont toujours pas digéré la pléthore d’albums sortis entre 2009 et 2012. Last SQ nous en propose une synthèse étonnamment réussie.

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