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- Style : Dr Feelgood, Nine Below Zero

The INMATES - First Offence (1979)
Par LE KINGBEE le 14 Mars 2016          Consultée 1091 fois

Avec cette pochette caractéristique des sixties lorgnant sur certains disques des Stones, The Inmates s’inscriront durablement dans le répertoire du Pub Rock et du British Garage dès 1979.

La formation voit le jour suite à une petite annonce rédigée par le chanteur Bill HURLEY parue dans la revue anglaise Melody Maker en novembre 1977. Suite à cette annonce pour le moins étonnante, mais rien n’étonne au pays de la Perfide Albion, Hurley est rejoint par les guitaristes Peter Staines (alias Peter Gunn) et Tony Oliver et le bassiste Ben Donnely. Ces trois-là se connaissent bien. Ce sont des transfuges des Cannibals. Après divers balbutiements, les quatre rockers choisissent le batteur Paul Turner. Mais les baguettes seront souvent sujettes à discordes dans le groupe.

Admiratif du film « Jailhouse Rock » (Le Rock Du Bagne »), Hurley et ses nouveaux copains prennent le nom des INMATES (Les Taulards) et commencent à se produire dans les pubs du pays. La rumeur prétendait que le groupe avait choisi ce nom à la suite d’un premier concert dans un pénitencier. Si le groupe s’est illustré lors de concerts donnés dans de nombreuses prisons anglaises, cela n’a rien à voir avec leur nom de scène. Et pourtant, on ne peut s’empêcher de voir un rapprochement avec l’univers du mitard. Bill Hurley avait chanté au sein de Ronnie & The Biggs, un groupe obscur qui faisait toutefois référence à Ronnie Biggs, l’un des auteurs de l’attaque du train Glasgow/Londres.

Le succès du single « Dirty Water » édité par Soho Records incite une autre firme à s’intéresser au groupe. Radar rachète les droits du single et décide de passer à la vitesse supérieure. La formation est confiée à Vic Maile. Producteur, ingénieur du son, Maile a le vent en poupe, il a enregistré et produit de belles pièces : « Down By The Jetty », « Malpractice » (Dr. Feelgood), « Teenage Depression » (Eddie & The Hot Rods) ou bien encore « V2 » des Vibrators.
Les Inmates, épaulés par le batteur Eddie Edwards issus des Vibrators, retournent en studio avec quelques titres dans leurs valises. « First Offence » (« Premier Délit », encore une histoire de taulard) apparaît dans les bacs en octobre 79. La France, souvent à la traîne, ne découvre l’album que quelques mois plus tard. Chez nous, LIO passe en boucle à la radio avec son Banana Split, tandis que FRANCE GALL s’époumone sur un gars qui joue du piano debout.

Evidemment, en rapport aux titres précités (il y en a eu certainement de bien pires. A noter que je n’ai rien de particulier contre les chanteuses citées, ce ne sont que des exemples), « First Offence » se situe à des années lumières. Gros Rock aux confins du Pub Rock, du Garage et de la Soul, Les Inmates allaient marquer toute une génération.

The Inmates ouvrent la porte de leur cellule avec « Dirty Water », hit des Standells gravé fin 1965 pour Tower Records. HURLEY, en bon Cockney, change quelques mots, transformant la River Charles en Tamise et Boston en London. Le chant poussé sans effort et le riff de guitare monstrueux de la Gibson de Peter Gunn installent le titre en bonne place dans les classements de l’époque. Seconde reprise avec « Love Got Me », tiré d’une ballade Soul de Lee Roberts (antérieurement Arthur Conley) & The Sweaters. Autant dire que là, le groupe nous entraîne dans une autre dimension, la ballade devient un rock mid tempo imparable, les petits riffs de Gunn nous font rentrer insidieusement dans la transe avec l’apport des Rumors, la section cuivre attitrée du groupe. Preuve donc que nos taulards s’intéressent à la Soul. Troisième reprise avec « The Walk » un vieux titre de Jimmy McCraklin et l’un de ses rares succès pour l’écurie Checker en 1958. Enfin, quand on parlait de reprise, il faudrait plutôt dire réappropriation. La version originale était certes bien sympathique avec son sax flonflon et une guitare assez primaire. Bobby Charles en avait donné une version plus fun quelques années plus tard, mais les Inmates nous emmènent avec ce titre sur une autre planète. Riffs simples mais impayables, basse bien ronde et le chanteur qui donne ses consignes pour les pas de danse. Une chose est sûre, la danse a bien changé depuis 58. Le groupe se réapproprie vraiment le morceau avec élégance.
Quatrième reprise avec « Midnight To Six Man » titre issu du second disque des PRETTY THINGS. La rythmique est bien en place, Gunn s’autorise des effets de larsen, le tempo plus saccadé est modernisé et prouve que les rockers sont dans leur élément dans le British Beat. Cinquième reprise avec un titre légendaire de Cochran qui n’aura en son temps connu curieusement qu’un petit succès, « Jeanie, Jeanie, Jeanie » auquel HURLEY a soustrait un N. Un vrai morceau de Rock n Roll agrémenté par l’harmonica du gallois Laurie Garman. Sixième reprise avec « Three Time Loser », compo de Don Covay popularisée par Wilson Pickett en 1966. Le titre a été repris dans des versions peu heureuses (Bonnie Raitt, Geno Washington) et plus près de nous par Robert Gordon et Chris Spedding. Nous ne voudrions pas paraître trop partisans, mais en dehors de la reprise en Louisiana Soul de Clifford Curry, c’est encore celle de nos Taulards qui paraît la plus intense. Le chant simple de Bill HURLEY permet de retirer les effets dramatiques de la version originale. Idem, les Rumors remplacent avantageusement les cuivres bourratifs et brouillons et le piano du single Atlantic. La guitare rythmique d’Oliver met en valeur les riffs de Gunn. Un morceau dépouillé de tout superflu.

Beaucoup de reprises, me direz-vous ! Vous en reprendrez bien encore une dernière pour la route. Oh … Allez juste une dernière. « You’re The One That Done it », une petite pépite de rockab mise en boite par Thomas Wayne (le frangin de Luther Perkins, guitariste de JOHNNY CASH) pour Fernwood, un petit label de Memphis. Gunn extirpe les effets exotiques de l’original, tandis que Bill HURLEY change légèrement le texte en incluant des « Rock Pete ! » incitant son guitariste à envoyer. On vous laissera méditer sur la richesse du refrain: « I’m looking at the moon, countin’ all the stars – I got a burnin’ fever and I know my heart on fire- and you’re the one that done it- Oohw-Ooh…».

Rassurez-vous, le groupe ne se contente pas de délivrer que des covers. Peter Staines, le pourvoyeur du groupe, place de remarquables compositions s’insérant à l’ensemble : le dynamique « Mr. Unreliable », le Rockin’ « I Can’t Sleep », « Jealousy » qui pourrait figurer dans n’importe quel disque des Stones période Brian Jones, « Back In History » un Rock early sixties, « I Can’t Stop » et une petite pièce de choix « If Time Could Turn Backwards » une véritable broken heart song.

En pleine période Punk, Post Punk et New Wave, The Inmates arrivaient à contre-courant, faisant fi des étiquettes. Entre Garage et Pub Rock, le chaînon manquant entre CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL, Dr. FEELGOOD et DUCKS DELUXE.

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DUCKS DELUXE
Ducks Deluxe (1974)
Un album référence du pub rock mid 70's.




The STANDELLS
Dirty Water (1966)
Une référence du garage US sixties.


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   LE KINGBEE

 
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- Bill Hurley (chant)
- Peter Gunn (guitare)
- Tony Oliver (guitare rythmique)
- Ben Donnely (basse)
- Eddie Edwards (batterie)
- John Earle (saxophone)
- Ray Beavis (saxophone)
- Dick Hanson (trompette)
- Laurie Garman (harmonica)


1. Dirty Water.
2. Love Got Me.
3. Mr. Unreliable.
4. The Walk.
5. I Can't Sleep.
6. Jealousy.
7. Three Time Loser.
8. You're The One That Done It.
9. Midnight To Six Man.
10. Jeanie, Jeanie, Jeanie.
11. If Time Could Turn Backwards.
12. Back In History.
13. I Can't Stop.



             



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