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Joe DASSIN - Joe Dassin à New York (1966)
Par ERWIN le 18 Septembre 2017          Consultée 354 fois

La cuillère de platine dans la bouche, vous connaissez ? Alors pour tous ceux qui l'ignorent, voilà le background de notre Jojo national. Son papa est Jules Dassin, un des plus grands metteurs en scène du 7eme art, et sa maman Béatrice est une violoniste virtuose... Emigrés juifs russe et hongrois, ces éminents artistes élèvent leurs enfants au beau milieu d'un tourbillon musical éclectique et tolérant. Jules étant pro-communiste, suite aux événements du McCarthysme, la famille doit émigrer à nouveau en Europe en 1950, s'ensuit une vie de bohème et d'internat un peu partout pour le jeune Joe. Il repart aux US en 54 pour « venger » son père et y mène une vie faite d'expédients. Un peu routard, un peu artiste déjà, il intègre la fac du Michigan et décroche un master en Anthropologie. Il revient en Europe, fait des piges de journaliste et bosse pour son père sur ses tournages. Les connaissances de sa compagne Maryse lui permettent d'intégrer CBS. Un premier grand 45 tours sort dans l'indifférence générale. « Bip bip » sera sa première vente conséquente fin 65. Il décroche quelques passages à la télé, la scène est posée pour le début de sa carrière.

Inutile de vous faire languir, le premier grand succès de Joe DASSIN est ici, classique entre tous.Il s'intitule « Guantanamera », composé par le maître Pete SEEGER. A titre personnel, je dois fredonner cette chanson une bonne fois par jour, entre un WINDIR et un BOWIE. La ligne mélodique de cette composition est tellement gaie qu'on ne peut qu'en ressentir les bienfaits et avoir la banane. Une chanson de légende. Beaucoup vont suivre qui feront de cet américano-russe un des préférés de l'hexagone. Vous avez tous un admirateur de Joe dans votre entourage. Ses rencontres avec SEEGER et DYLAN ressortent comme autant d'influences majeures. Voyez donc sa superbe version de « Katy cruel ». Difficile de faire mieux, non ? Le KINGSTON TRIO lui-même n'aurait pu lui rendre meilleure justice, c'est le cas de le dire ! A nouveau en anglais, « Sometime lovin » est une jolie cavalcade dans le trip des grands espaces.

Nous trouvons ici plusieurs adaptations en français de standards ricains. A la base, je ne suis guère porté sur la question et préfère généralement les versions originales. Mais dans le cas de Joe DASSIN, sa double casquette de chanteur français et yankee lui donne une certaine légitimité. Ainsi, sa proposition pour la « Early morning rain » de Gordon LIGHTFOOT avec « Dans la brume du matin » reste fort agréable. Nous avons aussi « Je change un peu de vent », le « Freight train » indémodable de Elisabeth COTTEN sur laquelle la séduisante voix du chanteur fait des merveilles. L'harmonica et le ton désabusé humoritisque de « Comme la lune », succès de 65 de Lee HAZZLEWOOD « Four kinds of lonely », annonce le futur succès des « Dalton »

Le doowop de « Excuse me lady » introduit le disque avec un esprit tellement sixties que c'en est rigolo ! On ne connaît pas beaucoup l'artiste sous cet angle, mais il est un enfant du rock'n'roll, rien d'étonnant ! Très sympa et enjoué ! Ce titre sera d'ailleurs le deuxième single tiré de ce premier opus. « Vive moi » sera le troisième, plus moderne et annonciateur des seventies dans le trip variété française. Joe sera toujours un peu en avance face à ses rivaux. Il faut signaler qu'il est légèrement plus agé que ses collègues, nous sommes en 66 mais il a déjà 28 ans, alors que Johnny par exemple n'en a que 23. Les autres morceaux présents comme « Celle que j'oublie », « ça m'avance à quoi » ou « Petite Mama » sont tous de bonne facture et présentent chacun une nouvelle facette de l'artiste.

En fait, il n'y a dans ce premier album que des choses réussies. Le grand succès n'est évidemment pas encore là, mais la qualité est omniprésente. La forte personnalité du chanteur, ses sourires enjôleurs transparaissent à chaque ligne. Les adaptations signées Jean-Michel Rivat sont efficaces et il parvient incontestablement à donner à ses reprises une identité qui lui est propre. « Le plus Français des Américains » débute une carrière qui s'annonce prometteuse. Très conseillé pour débuter la disco de Joe DASSIN, « à New York » contient son lot de bonnes surprises et de classiques.

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   ERWIN

 
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1. Excuse Me Lady
2. Sometime Lovin'
3. Guantanamera
4. Je Change Un Peu De Vent
5. Celle Que J'oublie
6. Comme La Lune
7. Petite Mama
8. Joli Minou
9. Dans La Brume Du Matin
10. Vive Moi
11. Katy Cruel
12. Ca M'avance à Quoi



             



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