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HIGELINESQUE  |  STUDIO

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Jacques HIGELIN - Aï (1985)
Par RAMON PEREZ le 26 Août 2018          Consultée 356 fois

[Conversation entendue à une certaine heure où les vapeurs en tous genres ont décidé des survivants.]

- Vérité !
- On n’avait pas dit qu’on arrêtait avec ce jeu débile ? Non ? Bon. Vas-y, pose-moi ta question.
- Un truc que t’aimes vraiment pas.
- Evidence : les années 80. Quelle époque à la con !
- Attends, y a quand même eu de supers trucs dans les années 80, faut pas être aussi absolu !
- Bien sûr, à commencer par moi, j’suis de 86. Non, mais je te parle de l’air du temps, de l’ambiance générale. De la sorcière et de son proxénète qui ont instillé le poison dont on crève, de cette manie de foutre du PVC partout et de trouver ça génial, de la gueule de Sarah Connor tiens, de tous ces punks qui avaient tellement su ce que voulait dire être jeunes qu’ils se sont complètement fourvoyés sur ce que pouvait signifier vieillir en tournant new-wave les uns derrière les autres, des horribles Dépêche Maude qui auraient mieux fait de réussir une poussière plutôt que de nous emm… Tiens tu vois, ça me chauffe direct de parler de ça !

[Là ça parle d’autre chose quelques minutes, le jeu continue, et puis plus tard, quelqu’un balance le nom d’HIGELIN, il est mort tout ça…]

Tiens HIGELIN, excellent exemple de ce que je disais des 80’s ! Prends son album de 85. A cette époque, c’était pas n’importe qui HIGELIN. On peut même dire que c’est le sommet de sa carrière, du point de vue commercial, cette période qui va de Champagne à Tête en l’air (79-88). Sérieux, il marchait mieux que Johnny, ou pas loin. C’est d’ailleurs avec Aï qu’il s’est permis de réserver plusieurs semaines Bercy, chose qui n’a jamais été refaite depuis (ça coûte trop cher). Un spectacle à la pointe que, parait-il, un des STONES a trouvé révolutionnaire.

Et aujourd’hui, parle avec n’importe qui connaissant un minimum HIGELIN, il te dira que sa grande époque, c’est celle de B.B.H. à Champagne (74-79). Et cet album de 85, oublié ! J’ai lu récemment la critique de Rock’n'Folk sur ce disque et, sans le savoir, elle explique déjà pourquoi : il y est dit que le premier disque est immense, terriblement new-wave, dans l’air du temps quoi. Et que le second, moins surprenant, se laissera apprécier avec les ans, quand on se sera décollé des synthés quoi.

Je te le dis de suite, c’est pas franchement le cas. S’il y a quelque chose à noter avec ces deux disques, c’est juste qu’il ait réussi à la troisième tentative à faire un double-album, après le Champagne/Caviar et le LP/Maxi de 1982. Mais de différence fondamentale entre les deux, point. C’est très bien produit, avec des oreilles eighties j’entends. Bref c’est dur à écouter sans grimace aujourd'hui. Claviers kitsch, guitares itou. Heureusement que c’est Éric SERRA à la basse, ça a de la gueule mélodiquement à défaut d’en avoir au niveau du son.

Et c’est bien dommage car il y a de très belles choses. HIGELIN est toujours généreux, dans ses textes et interprétations. Touche à tout musicalement. Ça va de l’afro beat de « Jack in the box » à l’espagnolade de « Serre-moi », en passant par du rock bien speedé sur « Cult Movie » ou encore de la chanson façon TRENET (« Excès de Zèle »). Plein de bonnes idées, de la virevoltante « Adios » (la seule à figurer au menu de son dernier concert) à la progressive « Victoria ». Tout ça, ça aurait fait un très bon disque à un autre moment.

Mais il faut dire qu’il y a aussi son lot de titres dispensables. De l’expérimental t’en veux – t’en as. Certes, ça a toujours fait partie du charme d’HIGELIN, à condition de ne pas charger trop la barque, comme c’est le cas ici. Cependant, je te conseille de l’écouter, tu y découvriras de très bons morceaux.
Et puis, vu qu’on a le même âge, tu y croqueras peut-être une grosse madeleine. En tous cas, moi j’ai connu cet album comme ça, en cherchant « La croisade des enfants ». Parce que, quand on était parents dans les années 1980 et qu’on partageait les valeurs humanistes d’HIGELIN, on faisait écouter cette chanson à ses bambins. Et si ce n'étaient pas les parents, c’était l’école, les colos qui la leur apprenaient. Et quand, 20 ans plus tard, le mec réapparaît avec Amor Doloroso, tes parents te rappellent que c’est lui qui chantait ça. Alors la nostalgie pique ta curiosité, tu écoutes le reste et vas le voir sur scène. Ça te plaît… C’est peut-être comme ça qu’il a vu une nouvelle génération le suivre et avoir forcément un petit pincement au cœur au moment de sa disparition.

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   RAMON PEREZ

 
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Non disponible


- disque 1
1. Jack In The Box
2. Slim Black Boogie
3. Fiche Anthropométrique
4. Cult Movie
5. Cap'tain Dodécaphonique Dada
6. Excès De Zèle
7. Coup De Lune
8. Broadway

- disque 2
1. Mamy
2. Adios
3. La Croisade Des Enfants
4. Je Ne Sais
5. Aï
6. Laura Lorelei
7. Serre-moi
8. Victoria



             



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