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HIGELINESQUE  |  LIVE

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Jacques HIGELIN - Le Rex (1992)
Par RAMON PEREZ le 14 Février 2021          Consultée 215 fois

C’est pour célébrer la naissance de sa fille et l’album qu’elle lui a inspiré qu’HIGELIN investit le Grand Rex en 92. Quitte à aller dans cette salle si particulière, autant voir les choses en grand ; notre artiste ne se fait pas prier. Décor massif, lumières de compète, gros son, danseurs, choristes. Bien au-delà du tour du chant, un spectacle scénarisé et chorégraphié : Jacquot fait péter le show comme à Broadway. Ca devait vraiment être quelque chose à voir !

Qu’en reste-t-il sur disque ? Il me semble que quelque chose ne va pas tout à fait avec ce second enregistrement public des 90’s. Une explication simple pourrait être de dire que le seul format audio est trop réduit pour véritablement capter ce spectacle qui était, ainsi que je l’ai déjà dit, très physique et visuel. Mais il y a aussi des directions musicales qui ne marchent pas complètement. Des choses aériennes trop lourdes, des passages durs trop légers. Pourtant, le groupe tient vraiment bien la route. Il faut dire qu’il commence à bien connaître son HIGELIN. De la tournée précédente, seuls le bassiste et le percussionniste (qui n’est toujours pas Mahut) ont été remplacés. L’orchestre s’est élargi avec la présence de deux saxophonistes et d’un groupe de choristes.

Quand je parle d’un groupe, je veux dire que c’est un vrai groupe qui joue ici les choristes de luxe. ZAP MAMA, collectif de chanteuses d’inspiration africaine composé alors de cinq dames. Jacques HIGELIN les a rencontrées pendant ses vacances à Calvi juste avant. Tout à fait séduit par leur style et leur énergie, le maître de cérémonie les a invitées à venir partager sa scène. Elles s’y taillent une place immanquable. Le spectacle le veut, elles en font parfois des tonnes (surtout au début), ce qui va bien deux minutes lorsque l’on écoute ça dans son salon. Mais quelle classe quand elles la jouent plus fines ! Elles rehaussent sans conteste quelques chansons avec leur style afro, qu’elles savent parfaitement dépasser (par exemple avec la partie soliste et aérienne de "L’homme oiseau").

Un autre musicien qui illumine le disque par ses interventions aussi modestes qu’inspirées, c’est le japonais Chikara Tsuzuki dont l’harmonica rempile pour un deuxième tour auprès du grand Jacques. Les deux affichent une belle complicité, on entend ici à quel point ils se comprennent. De façon générale, les musiciens sont quand même sacrément solides ; on sait que c’est nécessaire pour accompagner HIGELIN. Il y a un son de costauds et chacun a ses moments de bravoure. Mais, s’il y en a un qui se détache, c’est bien le nouveau bassiste : le belge Nicolas Filzman. Un rapide coup d’œil à son pedigree démontre le niveau du bonhomme, même pas trente ans à l’époque. Une écoute attentive de ce live au Rex est une preuve encore plus tangible de sa qualité tant sa performance est grandiose. Omniprésente, énorme, son jeu visite un nombre de registres qui laisse songeur, dans son rôle rythmique habituel mais aussi, très souvent, avec une approche plus soliste de l’instrument. HIGELIN a connu de sacrés bassistes (on se souvient de ses années avec Eric SERRA un peu avant), celui-ci est dans le haut du panier.

La troupe nous embarque dans un voyage qui fait la part belle à l’imaginaire, à la rêverie. L’introduction nous fait embarquer sur un navire qui met directement les voiles vers des ailleurs pleins de funk, de reggae, de rock. Le public met un peu de temps à trouver ses repères sur ce bateau. On ne l’entend pas participer avant le premier grand moment de partage, sur le récent "Ce qui est dit doit être fait". Cette chanson pleine de vie fait mouche, de même que les autres morceaux d’Illicite. Ils tiennent très bien la route sur cette scène gigantesque alors que l’album les avait voulues plus humbles. Toujours cette capacité d’HIGELIN à remodeler ses morceaux, qui fait aussi merveille sur des classiques dont il nous livre des versions mémorables ("Champagne", "Paris-New York, New York-Paris"). Le chanteur pioche un peu partout dans son œuvre pour remettre à jour quelques morceaux moins joués, comme "Encore une journée d’foutue" qu’il est très plaisant de recroiser, ainsi que plusieurs titres saignants issus de son disque fondateur BBH, le plus représenté ici après son dernier en date.

Si ce live n’est qu’un simple, il faut toutefois souligner que cela ne nuit pas à sa générosité. 1h20 de musique et surtout plusieurs pistes où HIGELIN prend son temps, ainsi qu’on l’a toujours aimé. Quatre morceaux approchent ou dépassent allègrement les dix minutes, ce qui permet de développer les choses et de singulariser les versions offertes. Si on le replace dans sa discographie, cette visite au Rex constitue une sorte de suite à Follow the live. On y retrouve une direction musicale comparable puisque l’orchestre est pratiquement le même. En outre, aucun titre ne se retrouve sur les deux publications. Alors que les deux albums studios sont très différents, l’écoute de ces deux live laisse mieux apparaître quel artiste HIGELIN était alors. Un faiseur de rêves plein de démesure. Une charge qui finira par le lasser. Les années suivantes le verront se faire beaucoup plus discret et revenir scéniquement à des choses plus modestes. Ce spectacle au Rex clôt ainsi une période aussi faste qu’usante à laquelle succèdera une quinzaine d’années de doutes.

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   RAMON PEREZ

 
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- Nicolas Fiszman (basse)
- David Salkin (batterie)
- Zap Mama (choeurs)
- Pierre Chérèze (guitares)
- Chikara Tsuzuki (harminoca, flûtes)
- Sébastien Cortella (claviers)
- Edmundo Carneiro (percussions)
- Allen Hoist (saxophone, violoncelle)
- Marie Garcia (saxophone, clarinette)
- Jacques Higelin (chant, piano, guitare)


1. Jack In The Box
2. Œsophage Boogie, Cardiac’blues
3. Encore Une Journée D’foutue
4. Rock In Chair
5. Ce Qui Est Dit Doit être Fait
6. Paris-new York, N.y. Paris
7. L’homme Oiseau
8. Champagne
9. Illicite
10. Il N’y A Pas De Nom (pour Le Repos De Son âme)
11. Est-ce Que Ma Guitare Est Un Fusil ?



             



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