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OINGO BOINGO - Dead Man's Party (1985)
Par BAKER le 10 Octobre 2018          Consultée 97 fois

1985 est l'année charnière pour Oingo Boingo. Tout explose. A commencer par le line-up : exit le bassiste Kerry HATCH (qui restera ami avec le groupe) et le claviériste Richard GIBBS (qui restera moins ami et deviendra scorer synthétique). Exit aussi le contrat avec A&M Records, qui avait conduit à la sortie acrimonieuse de "So-Lo" sous le nom de ELFMAN seul. Exit enfin le style entre ska et pop progressive pour quelque chose de plus FM-isé, de plus construit et consensuel. Cause à effet ? Toujours est-il que BOINGO doit retrouver deux remplaçants en mode urgence. Si la partie claviers sera attribuée à un certain Mike Bacich, qui n'a rien fait d'autre après mais, pour être franc, fait bien le job (suffit d'écouter l'intro du disque), il en sera tout autre pour la basse : welcome John Avila, le Pete TREWAVAS de BOINGO : petite taille, cheveux frisés, choeurs pleins d'entrain et basse insolente de précision.

Et il n'est pas le seul élément d'air frais dans le groupe. Rien qu'à la pochette, on sait qu'on tient entre ses mains quelque chose de grand. Regardez-moi cette oeuvre d'art, iconique ! ("Coco" de Pixar n'ayant évidemment rien inventé). Et la chanson-titre qui s'y rapporte deviendra vite l'hymne officiel du groupe, plus encore que "Only a Lad" ou "Little Girls", pourtant déjà bien ancrées dans le paysage musical américain. Du reste, le titre d'ouverture met les pendules à l'heure : BOINGO s'est poppifié, un tout petit peu aseptisé au niveau de l'écriture, mais certainement pas assagi.

Rythme lourd et entraînant, parfaite utilisation des guitares électriques, basse revigorante, chant mélodique très accessible, "Just Another Day" est une petite merveille dans son genre. Il y a écrit "classique" en gros sur son front. Les fans de la première heure peuvent se sentir quelque peu trahis, mais ce que le groupe a perdu en identité, il le gagne, ou du moins ne le perd pas, en charisme, car "Just" n'est pas un cas isolé, très loin de là : "Dead Man", "Stay", "Help Me" (bien que pas encore parfaite), "Fool's Paradise" sont des singles, sortis ou wanna-be, absolument imparables tant tout converge vers une forme de pop-rock joyeuse, décomplexée.

La qualité de l'album reste très haute, pourvu que vous acceptiez leur (plus ou moins) nouveau son. Seule "Same Man" fait office de filler sans grand génie, le reste possède toujours un riff, une mélodie, une idée accrocheurs. Malins, les BOINGO finissent chaque face avec une chanson à part. Pour la face A, ce sera "No one Lives Forever", un chef-d'oeuvre incroyable, entre ska et... hem, black metal disco r&b ? Une rythmique hypnotique et sans pitié, une ambiance hyper malsaine, un côté grand-guignol complètement assumé, une chanson folle. Pour la B, ce sera... le plus grand succès du groupe, un "Weird Science" que je n'ai jamais totalement adopté mais qui possède un sacré bon riff, étiré à satiété pour atteindre les six minutes dont deux de final où le plaisir de jouer et la folie rock sont nettement palpables.

Truffé à craquer de titres incontournables, d'une accessibilité indéniable, "Dead Man's Party" bénéficiera entre autres du réseau de MCA, la nouvelle maison de disques. ELFMAN et sa bande commencent à tisser de solides liens avec le cinéma : Danny se met à composer quelques musiques de film dont celle de Back To School (A fond la fac), petite comédie familiale inconnue par ici mais gros succès aux USA ; le groupe y interprète "Dead Man" et apparaît dans le film, multipliant sa visibilité.

Weird Science a été spécialement composée pour le film "Une créature de rêve" de John Hughes, délire potache qui lui aussi sera un énorme succès et donnera naissance à la série Code Lisa (qui reprend la chanson). Enfin, last but not least, la folie macabre de "No one" sera immortalisée un an plus tard dans la séquence d'introduction, inoubliable, hilarante et terrifiante, de "Massacre à la Tronçonneuse 2". De groupe culte solide, BOINGO passe dans la cour des grands avec cet album qui, pas à 100% parfait, n'en reste pas moins un des moments clefs de la musique populaire des années 80.

Note finale : 4,5/5

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- Danny Elfman (chant, guitare)
- Steve Bartek (guitare, choeurs)
- John Avila (basse, choeurs)
- Johnny 'vatos' Hernandez (batterie, percussions)
- Mike Bacich (claviers)
- Leon Schneiderman (saxophone)
- Sam Phipps (saxophone)
- Dale Turner (trompette, trombone)


1. Just Another Day
2. Dead Man's Party
3. Heard Somebody Cry
4. No One Lives Forever
5. Stay
6. Fool's Paradise
7. Help Me
8. Same Man I Was Before
9. Weird Science



             



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