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INDOCHINE - Black City Concerts (blu-ray) (2014)
Par BAKER le 13 Février 2018          Consultée 553 fois

Le premier blu-ray tourné au Stade de France était un rêve de gosse, un pari, un fantasme. Le second sera une prise de pouvoir. Bien que la qualité des albums diminue à vue d’œil (et la réalité a cruellement rattrapé cet alors tout nouveau "Black City Parade"), INDOCHINE reste faute de mieux le plus gros groupe de rock français en matière de rapport spectacle / énergie / popularité. Nos U2 à nous : loin d’être parfaits, mais emblématiques de deux générations, celle de leurs débuts et celle de leur consécration. Et si leur “Putain de Stade” était un rêve éveillé, ces concerts de la Cité Noire se vivent plus comme la domination sans partage d’un groupe au sommet de ses moyens et de ses ambitions. Aussi vaut-il mieux mettre immédiatement les points sur les I : ce blu-ray est, exactement à l’instar de MADONNA avec "Confessions Tour", un cas de conscience personnelle. Si dans un blu-ray MUSICAL, ce que vous attendez c’est de la MUSIQUE, descendez la note à 2,5 et encore en ratissant large.

Par contre, si vous êtes venu pour le spectacle, gardez les 4 étoiles sous le coude.

Dès la première chanson, et tout au long des deux heures et demie, INDO et ses machinistes vont vous en mettre plein la gueule. Le maître mot, c’est gros : gros refrains, grosses lumières, grosse mise en scène, gros séquenceurs, grosses guitares, grosse tête. Chaque titre est prétexte à un tableau chaque fois plus imposant : buildings qui s’écroulent, lasers aveuglants, confettis, baudruches géantes, stade transformé en boîte de nuit, vous en aurez pour votre argent. Le public est constamment sollicité, Nicola fait ce qu’il peut pour tenir la distance (Mr Shoes aussi, à la batterie vigoureuse et métronomique), et si la setlist est un peu discutable, il reste donc ce spectacle grandiose, putassier certes mais il existe un palier au-delà duquel on ne cherche qu’à faire plus beau, plus grand, plus fort. Vous ne serez pas déçu : jusqu’à la toute fin, le décor sera mis en pièces, reconstruit, explosant, changeant de couleur et de formes.

Et la musique dans tout ça ? Ca pêche un peu, avec les habituels défauts des spectacles d’INDO : chansons qui se ressemblent parfois, public borderline énervant, et quelques loupés purement musicaux : l’intermède unplugged-au-centre-de-la-scène-comme-MYLENE est un peu chiant (comme-MYLENE) bien qu’ayant l’avantage d’être court, et l’énorme medley techno est non seulement trop bourrin et ennuyeux sur la durée, mais en prime bordélique et pas assez fédérateur. Vous avez aussi les soucis purement humains, hein, vous les connaissez déjà : d’abord, putain de public, putain de stade, vous êtes tous putain de géniaux ! Douze fois en 150 minutes, c’est un poil trop, coco. Ensuite, ce n’est qu’un détail mais la bonne conscience politique qu’est ce groupe continue de lui jouer des tours : faire huer, siffler et insulter Christine Boutin par tout un stade, ce n’est pas forcément la chose la plus maligne et adulte à faire. Même si elle a tort, et dieu (ah ah) sait qu’elle a tort sur toute la ligne à propos de presque tout, il faut rappeler au public que “tolérance”, ça rime avec “deux sens”.

Sinon, que dire ? C’est un concert d’INDOCHINE post-"Paradize" : un peu techno mais pas trop (ça manque parfois de technometal pur, domaine dans lequel je suis sûr qu’ils se démerderaient), avec quelques titres nouveaux et moins connus, deux-trois “temps forts” cette fois un peu trop usités (“Trois Nuits Par Semaine” se veut U2-like mais n’a pas la force émotionnelle du stade précédent), et des musiciens archi-carrés. Pas un atome de fausse note, de mise en place hasardeuse, et ils réussissent même à rattraper plusieurs fois les conneries d’un public typiquement français (qui ne sait pas compter jusqu’à deux). Le concert est trop long, vraiment trop long, mais on a du mal à leur en vouloir, à pêcher par excès de générosité. Et dans les bonus, Nicola de se demander s’ils referont mieux un jour : sincèrement, je ne pense pas. Surtout avec l’affligeante médiocrité de l’album "13", mais c’est un autre débat.

Tout comme le MADONNA, bis repetita mais c’est important, le côté spectacle grandiloquent gagne notre sympathie grâce à une technique ébouriffante. L’image est d’une qualité qui va entre très bonne et splendide, avec des couleurs chatoyantes, une définition presque jamais prise en défaut. Bien mieux : le spectacle est capté avec un évident savoir-faire, et on a l’impression, fausse mais réelle, de ne rien louper, de ne pas être frustré par notre absence ce soir-là. Le montage est rapide, très rapide, mais pas TROP rapide : alléluia, il y a encore des professionnels capables de trouver le frein et stopper le train quand il faut ! C’est limite, mais jamais franchie, et on s’en prend plein la face pendant 155 minutes. C’est beau. On aime ou pas, mais dans son genre, c’est beau. Enfoncé JOHNNY, détrônée MYLENE, les idées fusent et je n’ose imaginer le budget. En prime, petit détail qui force l’admiration, le réalisateur a eu l’intelligence et l’honnêteté de mettre un petit synthé chaque fois que l’on passe d’une date à l’autre, puisque le tournage s’est effectué sur deux jours. Ca n’a que des qualités : ça permet à ceux qui y étaient de bien mieux revivre “leur” soirée, et à ceux qui n’y étaient pas de ne pas se sentir pris pour des cons (et là je ne vise personne. Mais je pourrais). Côté son, vous vous doutez que ce n’est pas du raffiné : la stéréo gueule tout du long, avec de belles infrabasses côté séquenceurs, et le 5.1 met à l’honneur le public (avec quelques fluctuations de volume qui ne sont pas vraiment dérangeantes) et spatialise même quelques séquences et nappes : c’est de la double stéréo, hein, mais elle est très efficace. Là aussi, les gens n’habitant pas en pavillon risquent de se faire tout plein de chouettes copains, dont certains avec des képis.

Le gigantisme du spectacle proposé laisse donc un goût amer concernant les bonus, assez ternes et surtout très bordéliques et, eux, montés à la waneugain, limite abrutissants (à noter que, curieusement, ces bonus sont eux aussi mixés dans un 5.1 très spectaculaire !). On voit bien le cheminement de pensée, les essais techniques, la discussion sur le budget, l’entrée en scène, patin couffin, mais c’est trop disparate et trop axé Nico pour réellement passionner. D’autant que sur 26 minutes de making-of, à * AUCUN * moment on ne parle musique. J’appelle ça un aveu : ce concert est un happening géant où les notes jouées étaient secondaires, et il a été de A à Z conçu comme tel. On rajoute un bonus caché d’une minute qui met mal à l’aise, pas vraiment par son sujet qui n’est qu’effleuré, mais par son côté pas fini, inutile, croquis d’idée, et ce blu-ray grandiloquent à souhait se montre au grand jour tel qu’il est : un feu d’artifice. Ca pète trop et ça bouge trop pour les mélomanes, mais de temps en temps pour épater les copains un 14 juillet, ça fait très joli.


Note finale : donc si vous avez tout bien suivi, je récapépète depuis le bédut : 2,5 si vous aimez la musique, 4 si vous aimez le bal des pompiers.

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Fiche technique

Editeur : Sony Music
Edition : BD-50
Date : 27 & 28 juin 2014, Stade de France, Saint-Denis
Image : 1.77 1080p
Son : PCM 2.0 + DTS-HD 5.0
Durée totale : 198 minutes (et donc pas les 210 annoncées, mais on s'approche)
Bonus :
- Pochette lenticulaire
- Livret 24 pages
- Making-of (HD 26 min 5.1)
- “Surprise” (1 min HD)

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- Nicolas Sirkis (chant, guitare)
- Oli De Sat (guitare, claviers, chant)
- Mr Boris (guitare, choeurs)
- Mr Eliard (baasse, choeurs)
- Mr Shoes (batterie)
- Mr Matu (claviers, prog)


1. Ouverture
2. Trashmen I
3. Trashmen Ii
4. Electrastar
5. Traffic Girl
6. Belfast
7. Mao Boy
8. Kissing My Song
9. Atomic Sky
10. Memoria
11. Stef Ii
12. Miss Paramount
13. Le Grand Secret
14. Un Jour Dans Notre Vie
15. J’ai Demandé à La Lune
16. Tes Yeux Noirs
17. College Boy
18. Black City Parade
19. Le Fond De L’air Est Rouge
20. Black City Club
21. Wuppertal
22. Marilyn
23. Trois Nuits Par Semaine
24. Dunkerque
25. A L’assaut
26. L’aventurier
- bonus
27. Alice & June
28. Mao Boy (acoustique)



             



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