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Al STEWART - Last Days Of The Century (1988)
Par JESTERS TEAR le 28 Novembre 2018          Consultée 279 fois

Russians and Americans avait vu le son Al STEWART très largement modifié, au profit d’une production 80’s souvent basée sur des ambiances pesantes, bien que certains titres aient conservé le folk cher au chanteur. Si le résultat était déroutant, surtout aux premières écoutes, l’album était loin d’être ridicule, sans être une véritable réussite non plus.

Last Days Of The Century passe hélas du côté obscur des années 80. Non pas que les compositions soient mauvaises, mais une trop grande partie de l’album est enrobée dans des arrangements synthétiques tellement cheap qu’il est difficile d’imaginer une époque où ils étaient encore modernes. Si le ridicule pouvait tuer, certains sons sur cette galette pourraient être considérés comme des armes de destructions massives. Le « Prelude » qui ouvre l’album ne nous prépare pas au choc puisqu’il est composé de nappes de claviers soutenant un solo de guitare acoustique plutôt agréable. Il y a bien quelques petits sons douteux, mais ils sont discrets, à la fourbe. Après coup, on se rend compte qu’ils essayaient de nous prévenir, mais c’est déjà trop tard.

Quand le titre éponyme démarre, un clavier qui vomit des paillettes plaque deux accords, un beat synthétique aussi envahissant que crade débarque, et la plupart des fans de Year Of The Cat seront tombés dans le coma avant même que le morceau ne commence vraiment. C’est dommage parce que tout n’est pas à jeter dans ce titre. Si on arrive à faire abstraction de sa production risible, on se rend compte que le chant de STEWART est toujours agréable, que le refrain est plutôt réussi, avec des chœurs féminins pertinents, qu’on a droit à un beau solo de guitare, puis de sax, et même un de basse. Seulement voilà, il est compliqué de faire abstraction, et si j’ai réussi à le faire pour apprécier les qualités, ce ne sera pas à la portée de tout le monde (oui j’ai un complexe de supériorité, et alors ?).

« King Of Portugal » possède des sons encore plus ridicules, que même la jolie guitare acoustique ne parvient pas à sauver, malheureusement. Sérieusement, on nage dans le surréalisme avec les sonorités, mais heureusement, cela inspire plus le rire que les larmes. Même constat pour « Bad Reputation » et « Licence To Steal ». Bon il y aussi « Red Toupee », mais cette fois-ci la tonalité amusante générale est enthousiasmante et va bien avec les claviers cheap, les chœurs sur le refrain en rajoutant une couche, et j’avoue que ce titre est un de mes plaisirs coupables. J'veux dire, une chanson sur une perruque rouge, c’est hilarant ! (Non ?).

Alors voilà, si tout cela fait que l’album a du mal à être pris au sérieux (un peu comme un débat politique), n’allez pas croire qu’il n’y a aucun bon morceau dessus ! Tout d’abord, l’esprit jazzy de « Real And Unreal » est plaisant et assez réussi, même si le refrain ne me plaît pas trop. On s’imagine bien dans un vieux bar jazz ou dans un générique de film « noir », détective en imper et bombasse mystérieuse à la robe rouge au menu. Ensuite, « Where Are They Now ? », bien qu’étant elle aussi totalement 80’s, utilise des sons plus sérieux et joue sur une ambiance sombre et mélancolique très réussie qui soutient la voix de conteur d’Al à son meilleur niveau. La guitare acoustique y est également sublime, que ce soit dans son accompagnement global ou dans son solo.

J’ai moins d’affection pour « Josephine Baker », sans doute le refrain qui me déplaît, malgré un son bien moins 80’s que le reste de l’album. STEWART est cependant à l’aise dans une chanson qui rend hommage à une danseuse et chanteuse de cabaret considérée comme une des premières célébrités noires des années 20 en France.

La dernière partie de la livraison est la meilleure. « Fields Of France » est une superbe chanson où règnent une flûte champêtre et de très bons arrangements : piano, guitares électriques et acoustiques, sans sons synthétiques. Ces derniers reviennent un peu dans « Antarctica », plus rock et énergique, avec cette fois-ci une flûte virevoltante, mais le titre est tout de même très enthousiasmant en ce qui me concerne (il faut juste ne pas être rigide avec les synthés). Les solos enchaînés de flûte et de guitare sont bien sympas en tout cas. « Ghostly Horses Of The Plain » est un instrumental à la guitare acoustique, plus doux que le Nounours Cajoline, très sympathique. Enfin, « Helen And Cassandra » est une fresque où Al nous conte la guerre de Troie avec brio, et des arrangements respectables, voire même classieux. Une des belles réussites de cet album.

Last Days Of The Century sonne souvent comme une blague. Il est donc difficile de le prendre aux sérieux à cause des sons cheap qui envahissent une bonne moitié des morceaux. Et pourtant, ceux qui arriveront à passer outre découvriront un album attachant que je réécoute souvent avec un certain plaisir, qu’il soit mesquin ou enthousiaste. Mais soyons sérieux, ça ne vaut pas mieux qu’un 2 si on veut être objectif.

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   JESTERS TEAR

 
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1. Last Days Of The Century
2. Real And Unreal
3. King Of Portugal
4. Red Toupée
5. Where Are They Now
6. Bad Reputation
7. Josephine Baker
8. License To Steal
9. Fields Of France
10. Antartica
11. Ghostly Horses On The Plain
12. Helen And Cassandra



             



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